Clips de campagne : la remise des prix


Auteur pour la télévision.

 

Pour la réalisation du clip de campagne, deux écoles s’affrontent : d’un côté les adeptes de la sobriété absolue. Aucune musique, pas d’images illustratives, juste un « face caméra » du candidat qui explique la politique qu’il se voit appliquer s’il est élu.

Seuls trois candidats ont choisi ce mode « brut de décoffrage » : Marine Le Pen, François Asselineau et Jean Lassalle. Avec un léger bémol pour le second, qui bénéficie toutefois d’un plan serré et d’un autre plus large, ainsi que de quelques annotations qui viennent s’inscrire à l’image pour illustrer son propos. L’encadré dans lequel apparaît Lassalle ne lui permet pas de figurer en tête du classement des dépouillés. La médaille d’or de la version « pas chère » se doit donc d’être décernée sans hésiter à la présidente du Front national. Le low cost du clip. Aucun enfumage de réalisation, zéro fioriture…

Mention spéciale à Jacques Cheminade, qui a réussi à faire les bons réglages sur son caméscope. Aucune musique, malgré la proposition de son beau-frère de jouer de la flûte à bec pour égayer l’ensemble.

Nathalie Arthaud se voit placée hors compétition pour cause d’endormissement du jury dès les premières secondes de la vidéo.

Sur l’autre versant, il y a le gros de la troupe avec son bazar de musiques délicieuses, d’images censément galvanisantes, de militants en délire et tout un attirail digne des grandes heures de Claude Lelouch. Largement en tête de cette catégorie, nous trouvons le trio Mélenchon-Macron-Hamon. Les Marx Brothers du clip présidentiel. Pianos sirupeux, débauche d’images illustratives, discours romantico-bidon, lendemains qui chantent, paradis pour tous… Un spectateur non averti pourrait croire qu’ils vendent de la drogue. Mais non… Excepté Benoît Hamon, qui propose de légaliser, les autres semblent à jeun. « Palme de l’amour » à Mélenchon, qui promet une société bienveillante, douce et pacifique tout en cautionnant le phénomène « migrants », par ailleurs responsable de multiples agressions, attentats et autres incendies… Allez, Jean-Luc, on y croit ! On s’amuse, on rigole…

Dans la roue des trois « m’as-tu-vu-dans-mon-beau-clip » arrive François Fillon et son numéro de clown triste. Tout y est. Musique larmoyante, mine fatiguée, ambiance « au bout du rouleau »… Les âmes sensibles éviteront de visionner la séquence jusqu’au bout.

Bon dernier de la série sophistiquée : Nicolas Dupont-Aignan, avec une musique discrète et un « face caméra » très sobre. Quelques images illustratives pour faire bonne mesure… Pas une seule danseuse… Pourquoi ?

Enfin, grand prix de l’humour à Philippe Poutou avec sa parodie plutôt réussie d’« On n’est pas couché » dans laquelle il ne réussit pas à placer un mot… Seule pertinence de sa campagne.

Épuisé par le visionnage, le jury se demande en fin de soirée si les effets de manche visuels de certains candidats ne seraient pas là pour pallier une absence de contenu… La fatigue fait dire n’importe quoi.

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