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Avec Sarkozy 2 : on ne recule plus !

Juriste
 

Pour Nicolas Sarkozy, candidat tout frais tout neuf à l’élection présidentielle de 2017, « la République a trop reculé ».

C’est net, c’est clair et c’est surtout pas de son fait.

Celui qui avait juré qu’on ne l’y reprendrait plus en politique si le peuple le sortait par les urnes revient par la fenêtre toute honte bue, et cela lui permet de se racheter une virginité électorale.

Car si la République recule, on n’imagine pas bien comment Sarkozy, dix ans de pouvoir au compteur depuis Jacques Chirac, l’aurait aidée à avancer.

La suppression de 12.000 postes de policiers et de gendarmes sous son quinquennat révèle que le candidat Sarkozy n’est pas le Sarkozy au pouvoir. Piller les effectifs de la police et de nos forces de l’ordre, au moment où le pays connaît des problèmes d’insécurité qui ne datent pas d’hier et sont le terreau du terrorisme à venir, Marianne n’en ressort pas grandie.

Sarkozy candidat, cela commence toujours par des hurlements d’amour pour notre belle France. Sortez vos « Marseillaise », le créateur du Conseil français du culte musulman en aurait des trémolos dans la voix. Et pourtant, le CFCM, censé donner une place aux musulmans de France, n’a, semble-t-il, pas fait reculer la demande communautariste depuis sa création en 2003. C’est peu de l’écrire.

Et la République française rétro-pédale chaque jour, plaçant au centre de l’activité estivale le port autorisé ou pas d’une bâche sur le corps des femmes avant la baignade.

Morceaux choisis de reculades quotidiennes pour une avancée des préceptes de l’islam sur nos terres. « La Marseillaise » dans les meetings, c’est bien ; revendiquer les racines chrétiennes de la France, c’est pas encore pour demain.

Au mieux, le candidat Sarkozy souhaite-t-il interdire « tout signe religieux ostentatoire à l’école, l’université, l’administration ou l’entreprise ». C’est noyer la croix et la kippa sous le burkini. Baratin propre à endormir nos vigilances par une apparence de fermeté.

D’ailleurs, Nicolas Sarkozy propose au besoin d’interroger le peuple sur la question ! Épisode grandiloquent pour une République sarkozienne, quand un NON massif des Français à la Constitution européenne en 2005 se transforme en adoption violée via le Congrès en 2008.

Oui, la République a reculé.

Alors Nicolas Sarkozy s’attaque au regroupement familial, qu’il souhaite « suspendre ». Courageux mais pas téméraire : le supprimer aurait été une réelle avancée. Suspendre, donc, jusqu’à ce qu’il y ait en Europe « une authentique et réelle politique migratoire des frontières européennes protégées ». Vœu pieux et gratis quand, sous l’ère Sarkozy, 200.000 clandestins par an passaient nos frontières passoires sans que jamais ne soit remise en cause la politique migratoire.

Jean-François Copé accuse Nicolas Sarkozy de lui avoir piqué sa formule pour la primaire : « On ne recule pas. » Sur Twitter, il remercie son ami Sarkozy de promouvoir son slogan et ajoute : « Dommage qu’il n’ait pas été appliqué de 2007 à 2012. » Avec de tels amis, pas besoin d’ennemis.

Oui, la République française recule, elle se noie de repentances, de compromis et de soumission depuis des décennies. Mais au pouvoir pendant des années et assoiffé de goûter à nouveau de ses ors, Sarkozy en a été un fossoyeur redoutable, prêt à la récidive.

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