Penelopegate

Affaire Fillon : la vengeance d’une brune ?

Satiriste polémiste
 

Concernant le Penelopegate, il y a l’affaire elle-même et il y a l’affaire dans l’affaire – à savoir la question de l’identité de l’informateur du Canard enchaîné. Dès lundi, interrogé sur RTL, Éric Woerth, conseiller politique du candidat Fillon, demandait au Canard de « jouer carte sur table » et de révéler le nom de sa source. On peut faire confiance au Canard pour garder le secret, mais il est néanmoins possible d’envisager quelques hypothèses.

Pour François Fillon et ses proches, l’informateur viendrait forcément de « la gauche » et ce serait là une manœuvre orchestrée dans le cadre de la campagne de la présidentielle. Or, dans les faits, il apparaît que l’ensemble de la classe politique, gauche et FN compris, a été fort discrète au moment du lancement du scandale ; il suffit de lire l’ouvrage de Philippe Pascot — Pilleurs d’État — pour comprendre pourquoi très peu d’hommes politiques ont intérêt à ce que l’opinion publique et la justice se penchent sur l’usage qu’ils font des deniers publics dans le cadre de leurs mandats. Personne n’a intérêt à ce que cette question des emplois légaux mais fictifs ou cette question de la rémunération des politiciens et de leurs proches deviennent le principal thème de campagne.

Pour lancer ce que certains appellent « la boule puante », il faudrait donc être déjà hors course politiquement et en ruminer quelques rancunes. François Hollande aurait, dans ce cas, le profil adéquat, d’autant plus que son penchant pour les confidences aux journalistes est avéré depuis des décennies ; il lui a même coûté sa candidature après la publication d’Un Président ne devrait pas dire ça…

Nicolas Sarkozy, qui a été évincé de la primaire par ce « collaborateur » qu’il méprisait ouvertement, pourrait aussi tenir lieu de suspect, d’autant plus que Fillon s’était fendu de leçons de morale à son endroit en lançant le fameux « Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ? » Il y aurait, là, comme la réponse du berger à la bergère, mais compte tenu de la hauteur de vue, de la noblesse de caractère et du sens des responsabilités des deux derniers présidents de la République française, ces hypothèses ne sont pas des plus probables !

Reste, alors, la piste de la vengeance personnelle d’un membre des Républicains malmené par François Fillon. Plusieurs noms de personnalités ayant des motifs de haine à son endroit ont circulé, mais le plus convaincant reste l’hypothèse Dati, même si elle a démenti être le corbeau.

On se souvient, en effet, que Rachida Dati a vu la 2e circonscription sur laquelle elle lorgnait dans le VIIe arrondissement de Paris être « donnée » à sa rivale de toujours, NKM, à la demande expresse de François Fillon. L’ex-garde des Sceaux avait alors menacé, le 18 janvier, de « se répandre dans la presse » ; une menace que les réseaux sociaux et, dans leur foulée, une partie de la presse mettent en lien avec deux autres indices. Le premier est une petite remarque de François Hollande au détour d’une de ses conversations avec les auteurs d’Un Président ne devrait pas dire ça… : « Il y en a une qui est prête à beaucoup parler, c’est Dati », assurait-il. Le deuxième indice est un tweet coupe-feu émis par Dati en 2014 alors qu’elle cherchait à s’extraire d’un scandale de factures téléphoniques pharaoniques. « L’habit ne fait pas le moine. Que François Fillon soit transparent sur ses frais [et] ses collaborateurs », lançait-elle, énigmatique.

Alors, le Penelopegate est-il la vengeance d’une brune ? Si cela était avéré, le parachutage de la blonde NKM à Paris aurait coûté très cher à François Fillon… Cela confirmerait, en outre, que l’égérie de la fausse droite, Nathalie Kosciusco-Morizet, porte la poisse : en effet, c’est déjà en préférant NKM à Buisson que Sarkozy avait perdu ses dernières chances de réélection en 2012.

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