« J’avais 15 ans, et mon père m’avait promise à un garçon de 18 ans. Toutes les filles qui m’entouraient avaient été mariées plus encore […] Quand j’ai dit “non”, un cousin a menacé de me frapper, et j’ai fait prendre le risque à ma mère d’être répudiée, puisque notre communauté accuse les mères d’être responsables des “travers” de leurs filles. » Le mariage forcé, cette « norme », cette coutume locale est appliquée… à Meaux, dans la cité de Bossuet ! Nous sommes dans les années 90, le phénomène n’est donc pas nouveau. Saly Diop, excisée à l’âge de trois mois, raconte au Figaro les pressions qu’elle a dû subir. Les nombreux témoignages relayés par le quotidien sont aussi glaçants qu’édifiants. Au passage, ils aggravent la ridicule sortie d’Éric Coquerel cette semaine.

Pratique interdite depuis 1803, force est de constater que le mariage forcé est une tradition bien ancrée et qui concernerait 200.000 jeunes filles par an. « Selon la communauté à laquelle vous appartenez, vous pouvez non seulement vous passer d’établissements publics, mais également d’édifices religieux. Ce qui fait que les lois en vigueur, qui interdisent notamment les mariages civils avant 18 ans, n’ont aucun impact », explique Isabelle Gillette-Faye, directrice du Groupe pour l’abolition des mutilations sexuelles (GAMS), au Figaro.

Les motifs invoqués sont assez évocateurs : enjeu identitaire pour refuser le métissage, préserver la virginité des femmes et contrôler leur sexualité, protection financière de la jeune épousée… L’autre revers de la médaille, ce sont les viols, les dépressions, tentatives de suicide, sans oublier des retours à l’école compliqués : « Les responsables d’établissement demandent où tu étais passée, tu as honte de raconter, puis tu as les copines qui te disent “bah, il est où, ton mari ?” Il y a une sorte de harcèlement. Tu sais que tu vis une situation qui n’est pas normale », ajoute Saly Diop, devenue adjointe à la jeunesse à Meaux. Née dans une famille sénégalaise polygame et arrivée en France à l’âge de cinq ans, elle raconte, dans un livre autobiographique, qu’elle a finalement réussi à échapper à ce mariage forcé : « Je m’en suis sortie, et je veux montrer qu’il est possible de choisir sa vie. » Elle alerte : « On voit apparaître une nouvelle génération qui souhaite des mariages arrangés. La priorité de ces jeunes, qui sont dans l’entre-soi, qui se sentent rejetés par la française, c’est de reproduire le modèle familial. »

Notre société déchristianisée a oublié le sens du voile de la mariée et cette liberté vécue entre les deux époux comme pilier de ce mariage, au point de sortir les pires inepties et ne plus savoir assimiler les immigrés. Un travail de pédagogie s’impose tant chez les jeunes que chez nos députés…

7 février 2021

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