Meurtre d’Henry Nowak outre-Manche : non, un poignard ne peut être purement « spirituel »
Alors que le procès de Vickrum Digwa, principal suspect du meurtre d’Henry Nowak, se déroule au Royaume-Uni, la communauté sikhe a publié un communiqué. Presque six mois après les faits. Il était temps.
Un « incident », vraiment ?
Rappelons que Henry Nowak, étudiant de 18 ans à Southampton, a croisé la route de Vikrum Digwa le soir du 3 décembre 2025. Digwa l’a poignardé avec son kirpan, poignard religieux traditionnel chez les Sikhs. Quand la police est arrivée sur les lieux, Digwa a crié au racisme. La police, le croyant sur parole, a menotté Henry comme un vulgaire agresseur. Henry est mort dans les minutes qui ont suivi.
Les communautés et organisations sikhes britanniques adressent leurs « plus sincères condoléances » à la famille Nowak. Ce qu’elles qualifient d’« incident » – un terme léger, au regard des cinq coups de poignard donnés à Henry par Digwa – est contraire « à la foi sikhe, à la communauté sikhe ou aux principes qu’elle défend ». Les Sikhs, est-il rappelé, promeuvent la compassion, la justice, l’humilité, la responsabilité et « le service à l’humanité ».
Le poignard « pacifique »
Il y a 525.000 Sikhs au Royaume-Uni, soit moins de 1 % de la population britannique. Une minorité, au sens propre. Problème : le kirpan. Si chaque homme, enfant ou adulte, porte ce poignard, cela fait un certain nombre d’armes blanches en circulation. Sur le papier, il n’y a aucun risque pour personne. Un site d’articles sikhs précise que « le kirpan n'est pas une arme mais un objet sacré », que « sa fonction est spirituelle et non violente ». L'usage qu'en a fait Vickrum Digwa prouve qu'il peut aussi être le contraire.
Plus que sur la non-violence, le site insiste sur « le droit » de le porter, qui fait partie « des droits » des Sikhs au Royaume-Uni (les mots reviennent onze fois). En effet, le droit des Sikhs à porter le kirpan est gravé, comme nous l'expliquions ici le 15 mai, dans le marbre de la loi britannique. Le vulgum pecus, lui, s'il porte une arme, est punissable de quatre ans d’emprisonnement et d’une amende. Après la mort d’Henry Nowak, et alors que les armes blanches sont une plaie au Royaume-Uni, le Parlement devrait s’interroger sur l’opportunité de laisser les Sikhs se balader avec une arme — y compris les enfants : le site susdit précise qu’une lame de 7 à 15 cm est recommandée « pour les écoles et les lieux de travail ».
Pas de stigmatisation !
Mais il n’y aura pas de débat. Dans leur communiqué, les organisations sikhes appellent à ne pas faire d’amalgame. Air connu. « Nous exhortons chacun à s'abstenir de tirer des conclusions hâtives ou de porter des jugements généraux sur les pratiques religieuses sikhes en se basant sur un cas individuel. » Il faut « rejeter toute forme de division ou de négativité ». Évidemment, tous les Sikhs ne sont pas des Vickrum Digwa. Mais tous ont un kirpan.
Cet appel à ne pas faire de stigmatisation s’appuie sur un vaste mouvement « antiraciste » qui, depuis des années, dénonce les « crimes haineux » dont seraient victimes les Sikhs au Royaume-Uni. Parmi les facteurs déclencheurs de discrimination, le turban… et le kirpan, expliquait le document d’une commission parlementaire (2018). Le rapport 2025 sur les Sikhs britanniques, outre qu’il développe cet arrière-plan « raciste », mentionne le kirpan parmi les « préoccupations liées au maintien de l'identité sikhe » (p. 13). Un site spécialisé dans l’aide aux Sikhs victimes de crimes haineux appelle les gens à témoigner si le kirpan qu’ils portent a été source de problème à l’école.
L’antiracisme comme arme
Cette victimisation systématique n’est pas étrangère au dossier qui nous occupe. Digwa s’est victimisé sur le thème d’un crime haineux qu’aurait commis Henry Nowak. Loin d’enquêter, la police britannique a préféré menotter le jeune Blanc, lui conférant d’emblée le statut d’agresseur et de suspect… lui qui était blessé à mort. Dans cette affaire pas encore jugée, l’antiracisme et le racisme anti-Blanc semblent ne faire qu’un.
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26 commentaires
Ça manque d’article sur l’Europe chez vous et c’est bien dommage. le Brésil devient premier fournisseur de l’Italie devant la Pologne et la France par exemple. L’accord avec le Mexique….
Il n y a pas que l’assistante sociale qui a dénoncé les viols de jeunes filles britannique, Tommy Robinson a aussi dénoncé ces viols collectifs, une de ses nieces était aussi concernée, à Tommy cela lui a valu quelques mois de prison pour diffusion de haine envers une communauté.
Encore cette fois, on marche sur la tête ! Au vu de ce crime odieux, la mesure adéquate, urgente et indispensable serait d’interdire le port de ce poignard « sacré ». Nous, non sikhs, on se fait condamner pour un canif, quand eux se trimbalent une lame de plus de 20 cm ! Hallucinant !
Les sikhs,si ils veulent vivre comme des sikhs,qu’ils restent en Inde.Si ils veulent vivre en Angleterre,qu’ils adoptent les règles de vie britanniques.Pas de dérogation à cette règle.
Ah ! ben si les Sikhs ont dit qu’il fallait porter ce couteau , alors !! c’est vrai que c’est l’étranger qui dicte sa loi !!
Ce malheureux jeune homme a non seulement été poignardé par un étranger mais comble de l’horreur et de l’ignominie il a été menotté par la police alors qu’il agonisait ! C’est un véritable cauchemar. Les réactions d’indignation me semblent rares, par contre, si c’était le Sikh qui avait été poignardé on imagine aisément les réactions !
Mais c’est en Angleterre ! nous sommes en France bien parti aussi ! N’oublions pas qu’en Angleterre l’étranger est protégé ; rappelez vous les gangs pakistanais où des jeunes filles de l’aide sociale étaient « enrôlées « , la police était au courant ainsi que l’administration : mais il ne fallait surtout pas le dévoiler ! c’est une assistante sociale qui a dénoncé, j’ai vu ce film/documentaire sur une chaine de télévision , ARTE ? , qui a été déterminant ! les gangs ont été judiciarisés ! l’Angleterre faisait partie de l’UE à ce moment là, d’où ma honte ; mais combien de victimes ?? alors tant qu’on ne bougera pas, que ce soit en France ou ailleurs, cela ne changera pas ! trop d’immobilisme !
Etonnant, sont admises dans le catalogue des phobies : la germanophobie, la sinophobie, la gallophobie et la xénophobie. Mais, aucune autre ?
Pas d’islamophobie, d’indianophobie, surtout pas de sikhphobie, bref tout le Monde, il est bon, il est gentil ! Exception faite pour les repris aux catalogue !