Ambitieux Gabriel Attal : les habits neufs du vieux système

Le secrétaire général de Renaissance évoque ses « chantiers capitaux » : l'école, les salaires, l'IA et même... les frontières !
BARDELLA ATTAL BOMPARD

Le système hésite. Gabriel Philippe ou Édouard Attal ? Gérald Retailleau ou Bruno Darmanin ? Il y a débat. Tous ont efficacement accompagné de leur soutien une Macronie dépressive qui a aggravé l’ensauvagement du pays et la ruine de nos finances publiques. Tous sont apparemment convaincus que ce constat irréfutable leur donne une légitimité pour prolonger le massacre aux frais du contribuable. Alors, les Français assistent malgré eux au match des prétendants à la présidentielle, façon Dupond et Dupont, et à la résistible poussée du benjamin premier de la classe macroniste, Gabriel Attal.

La première manche revient sans conteste à Édouard Philippe, qui s’est depuis longtemps installé dans la posture du candidat du système, avec sa part de critique jésuitique contre la Macronie dont il est le pur produit. Dans les sondages d’intentions de vote à la présidentielle, il domine d’un cheveu le reste du peloton des clones : 32 % d’intentions de vote, selon une étude réalisée par Elabe pour Les Échos, publiée mercredi 6 mai. Gageons que nos clones liront attentivement la prochaine livraison, début juin. En attendant, Édouard Philippe suscite l'intérêt du parquet national financier pour « soupçons de détournement de fonds publics », ce qui tombe bien pour Attal... Il se sent pousser des ailes, avec 28 % des intentions de vote, devant Darmanin (26 %) et Retailleau (24 %).

Offensive médiatique tous azimuts

Et profite des faiblesses de l'adversaire pour intensifier sa campagne, avec l'esprit de corps qui caractérise la Macronie. Les électeurs centristes se détournent de Darmanin et Philippe (respectivement victimes d'une chute de 15 points et 13 points dans le même sondage)… Les mouches sont-elles en train de changer d’âne ? En toute amitié pour Philippe, cela va de soi, Attal croit au « momentum ». Alors que son concurrent est blessé par l'enquête du PNF, l’ancien porte-parole du gouvernement macroniste joue la carte des médias : il connaît les journalistes, il connaît les rédactions, il manie les mots, les concepts. Il est jeune, il présente bien : c’est parfait pour la télévision, le Web et les unes des magazines.

Il le sait mieux que personne : l’atout âge a joué à plein pour Macron. Il fait la même campagne avec les mêmes idées, les mêmes ancrages européistes et les mêmes armes, en prenant garde, simplement, que cela ne se voie pas trop. Résultat : des interviews partout, sur le Web, jusqu’au média Brut, sur toutes les chaînes, toutes les radios, dans de nombreux journaux ; une offensive tous azimuts pour saturer l’espace et prendre, enfin, la tête du peloton fourni de ceux qui revendiquent l’honneur d’affronter Bardella ou Le Pen, lors du deuxième tour des présidentielles. Ils sont sûrs de l’emporter, car l’opposant à Le Pen, trois fois de suite, l’a emporté : grand bien leur fasse ! Les cimetières de l'Histoire sont pleins de gens qui pensaient que les événements se répèteraient.

Un chantier capital... les frontières !

Pour alimenter sa remontada, Gabriel Attal ne nous épargne rien : ni l’appel de 500 maires et élus locaux qui n’en peuvent plus d’attendre cet homme tombé du Ciel, ni son enfance, ni le divorce de ses parents, ni sa maison de vacances en Corse, ni son homosexualité et ses relations tourmentées avec Séjourné, ni la mise en scène de la candidature de ce bobo parisien archétypal dans l’Aveyron ! Vous saurez tout. À se demander comment il relancera la machine à sondages s’il parvient à décrocher le leadership des macronistes. Son programme ?

Il faut s’arrêter sur les « chantiers capitaux » de Gabriel Attal : l'école, les salaires, les frontières et l'IA. Les frontières, donc. L’héritier de Macron, champion toutes catégories de l’immigration en France depuis Clovis, place parmi ses priorités le soin de nos frontières. C'est curieux : on n'a pas le souvenir que ledit Attal, ancien ministre et ancien Premier ministre, ait mis sa carrière en danger pour enrayer la submersion migratoire... Ce seul « chantier » devrait le disqualifier à tout jamais, mais il faut compter avec le pouvoir des amis, ceux-là mêmes qui ont fait le succès d’Emmanuel Macron, candidat désigné du système en 2017 : journaux fauchés mais enamourés, banquiers serviables, hauts fonctionnaires volant au secours du succès, fidèles recasés - tous les représentants de cette France des fromages. Après le règne tragique d’Emmanuel Macron, Attal est bien le dauphin du syndicat de la ruine nationale. Il se contente de retourner le même uniforme en misant sur l'effet de sidération des électeurs, ce qui montre l'estime dans laquelle il les tient.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

88 commentaires

  1. Ce que je ne comprends pas c’est cet enthousiasme des français_ peut-être seulement organisé par la presse_ pour Attal, émanation de Macron. Malgré toutes les promesses de son programme, vous pouvez être sûr et certain qu’il fera la même politique de remplissage de migrants de la France que Macron. Alors, à quoi cela servira-t-il de l’avoir élu président ? A enfoncer le pays un peu plus dans la mouise et le conduire à une islamisation complète ? Si c’est cela que les Français veulent, alors très peu pour moi. Je n’ai pas un caractère d’esclave.

  2.  » ses « chantiers capitaux » »
    bref, ce qu’il a pas fait quand il avait le manche en main…
    à éliminer.

  3. A Apitchi… Voilà pourquoi on risque de perdre…des inconscients voteront encore pour ceux qui ont participé au massacre de la France. INDÉCROTTABLE.

  4. Attal = « The right man in the wrong place ». Et il n’est pas le seul dans ce cas. Les sondages et les éditos plus ou moins orientés, ma foi, faut bien que chacun vive… Perso je voterez au 1° tour selon mon choix et au 2° pour qui me semblera le moins pire. Ce qui n’exclut aucunement qu’il soit le meilleur.

    • et bien moi au 2ème tour dans cette configuration je voterai blanc hors de question de voter pour un ex ministre de macron qui plus est socialiste

  5. « Le système hésite. Gabriel Philippe ou Édouard Attal ? Gérald Retailleau ou Bruno Darmanin : « Je suis sceptique quant aux sondages, ou alors celles et ceux qui y ont répondu n’étaient pas sur terre ou encore plongés dans un coma artificiel depuis ces dix dernières années. » Si tel n’est pas le cas, alors ils auront ce qu’ils méritent et notre pays est bel et bien perdu et il sera temps d’en partir pour de bon.

    •  » Gabriel Philippe ou Édouard Attal ? Gérald Retailleau ou Bruno Darmanin  »
      aucun de ceux là n’a la carure du job
      aucun de ceux là ne fera plus de 10-12% au premier tour…
      cherchez ailleurs…

  6. Attal fait partie de ces gens qui ont la prétention de vous apprendre la vie alors qu’ils seraient incapables de prendre le métro tout seul. Il semble perdu dans des postes trop grands pour lui, c’est visiblement pas ça qui va sauver la France …

  7. macron c’était le  » nouveau monde  » on en voit encore le sort trgique de ce nouveau monde, maintenant c’est attal le  » nouveau nouveau monde  » si si 2 fois mieux que l’ancien nouveau, lui qui n’était rien est toujours transparent, du vent rien que du vent, diplomé de la macronie.

  8. Leur devise pourrait être  » Nous avons tout raté mais votez pour nous, nous allons continuer « .
    La politique est le seul domaine où, après avoir tout raté, vous pouvez revenir la bouche en cœur et continuer votre œuvre de destruction, tout en vous faisant applaudir par une bande de niais.

  9. Attal est ineffable: « Qui est d’un ridicule ou d’une extravagance qui dépasse les mots : Un ineffable personnage ».

  10. Excellente analyse de monsieur Baudriller. Que dire de plus…Il est temps d’arrêter le massacre. Les tristes évènements de 2022 peuvent se répéter. N’oublions jamais que les  » boomers » ont voté à 41% pour Macron. Ils peuvent récidiver…avec un Philippe, un Attal, un Darmanin, un Retailleau. A croire que nos « vieux » souhaitent voir leur pays sombrer et avec les lui leurs petits enfants… A ne plus rien comprendre.

    • boomer … et grand père.
      j’en suis, et je n’ai pas soutenu Mac , ni au 1er ni au 2nd tour, ni en 2017 ni en 2022…

  11. La présence de Mélenchon devient de plus en plus probable avec la multiplication des candidatures du microbloc central d’extrême centre.
    Mais attention, il s’agît des fameux trois « moustiquaires » qui étaient quatre en fait: « Philippos, Attalos Darmanis, et l’ineffable Retaillan… »
    Ajoutons les candidatures de la gauche bobo de Cazeneuve, Hollande, Glucksman, Braun pivet, Vallaud etc…et La Farce Islamique aura un boulevard pour sa propagande et ses mensonges.

    • Erratum dans l’ordre du roman: « Attalos, Philippos et Darmanis….et l’ineffable Retaillan », sont les moustiquaires du Roi du Touquet et de France télévision.

    • Marrant – enfin, si l’on veut, cette constante anti- Retailleau. Pénalise t’on un pompier qui rentre dans un immeuble en feu puis doit en sortir car il est seul et sans équipement ?

      • Oui absolument ,surtout
        Quand il a mis le feu lui meme avec des potes depuis des années,et que sa lance est bouchée..

      • 30 ans de pratique du RPR à LR en passant par l’UMP, alors si vous trouvez un dirigeant de LR qui ne pense pas à autre chose que sa carrière, faites moi signe Apitchi, mais j’ai profondément testé pour vous.
        Ceux qui pensent à la France sont déjà partis, le reste veut une place, un poste, une fonction, un honneur…..même au prix du déshonneur. Ils l’ont mainte fois prouvé.

  12. Sa devise pour sa campagne: Sauvé des bottes de foin, il fut ministre avant de sortir de l’école ( ce qui est vrai, demandez à Sciences Po qui a téléphoné pour qu’il rejoigne son grand ami de l’époque Emmanuel avant de finir ses études).

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