Morbihan : une rave-party évacuée après des affrontements avec les gendarmes

La commune d'Elven n'avait jamais connu ce type d’intrusion.
Brève 1

On apprend, ce dimanche, par l'AFP et Le Figaro, que les forces de l’ordre sont intervenues, samedi en début de soirée, sur ordre du préfet du Morbihan pour évacuer une rave-party illégale.

Dans la nuit du 22 au 23 mai, quelque 300 personnes avaient investi l’aire d’accueil des gens du voyage d’Elven, dans le Morbihan, pour y tenir une rave-party. Pensant profiter de ce week-end rallongé de la Pentecôte, les fêtards n’ont pas très bien reçu l’ordre d’évacuer le rassemblement, donné ce samedi 23 mai en début de soirée par le préfet du Morbihan. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, ce dernier indique condamner « fermement la tenue de ces rassemblements illicites », rappelant qu’un « arrêté préfectoral interdisant ces rassemblements » est en vigueur jusqu’au 1er juin prochain.

Dès l’entrée sur le site des forces de l’ordre, les teufeurs se seraient montrés « hostiles », suscitant des « affrontements ». Ils « s’étaient organisés sur les deux points d’entrée du site pour le défendre au moyen de mortiers d’artifice. Les forces de l’ordre ont répondu par des tirs de grenades lacrymogènes », détaille la préfecture. Ce n’est que deux heures après le début de l’opération d’évacuation que les militaires ont pu « maîtriser le site de la rave », permettant une « dispersion des teufeurs ». L’ensemble du matériel a ainsi été saisi.

La commune d'Elven n'avait jamais connu ce type d’intrusion. « C'est la première fois », a confié le maire Luc Le Trionnaire, à ICI Armorique, précisant n'avoir reçu aucune alerte préfectorale. L'aire, qui accueille chaque été des communautés évangéliques, était vide le reste de l'année avant de voir arriver cet événement.

Les premiers fêtards étaient arrivés aux alentours de 3 heures du matin en forçant l'entrée du site, normalement condamné par des plots en béton. Malgré de nombreux barrages, les participants avaient afflué en empruntant les chemins de traverse, certains finissant par rejoindre le lieu à pied.

L’affaire d’Elven s’inscrit dans un contexte législatif tendu. Le projet de loi Ripost porté par Laurent Nuñez, en cours d’examen au Sénat, prévoit de faire de l’organisation d’une rave-party non déclarée un délit passible de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Un délit de simple participation à ces événements serait en outre créé.

Il y a moins d'un mois, le gouvernement avait été critiqué pour n'avoir pas su anticiper une rave-party géante sur un terrain militaire du Cher. La semaine dernière, c'est la neige qui avait mis fin à un rassemblement en Lozère.

Vos commentaires

41 commentaires

  1. Si je comprend bien, les autres rave party qui n’ont pas été évacuées, c’est parce que la loi ne le permettait pas, cette fois on va créer une loi, mais sans attendre son application, les teufers violents ont été évacués. A mon avis cette nouvelle loi une fois voter va passer devant le Conseil Constitutionnel qui va la rejeter et obliger l’état à rendre le materiel saisi et allez savoir, peut être l’état condamné à une amende et les excuses aux organisateurs. J’en rajoute probablement, mais comme tous fonctionne à l’envers dans ce pays, tout devient possible.

  2. Deux précisions: 1) depuis des lustres, Erdeven, c’est la plage des nudistes, aussi célèbre que dans « Le gendarme de St Tropez »; attrapez-les, tout le monde à poil; 2) le camp des gens du voyage, ce sont des chrétiens (catholicisme, évangélisme, pentecôtisme); en cas de voie de fait, ils sont aussi efficaces que les corses: les squatteurs l’ont appris à leurs dépens.

  3. Ah ? c’est bien de le rappeler. Le dire plus exactement. Avec la force de l’habitude, des répétions de faits, bien des choses se banalisent. Les gens  » s’ habituent » t-ils ? / si certains veulent « teufer  » ils doivent en faire la demande ( Préfecture ) et obtenir un lieu particulier ( hors inconvénients )…

  4. Saisir le matériel, c’est bien. Mais après ? Ils vont pleurnicher, et un juge va dire qu’il faut le leur rendre…
    Ce qu’il faudrait, c’est le revendre aux enchères (en s’assurant que l’acheteur soit solvable…) et que l’argent serve en priorité à indemniser les propriétaires des terrains, et à abonder le budget de la commune, s’il en reste.

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