Floutage au JT de France 2 : un détail qui alimente les soupçons sur l’audiovisuel public

La chaine s'est excusée. Pour Aymeric Durox, la commission d’enquête a favorisé la remise en question du service public.
Capture d'écran.
Capture d'écran.

Il n’a pas fallu longtemps pour que des téléspectateurs du JT de 20 heures sur France 2 rappellent à l’ordre la chaîne après la diffusion d’un reportage qui en a interpellé plus d’un. Mardi 19 mai, à l’occasion d’un sujet sur l’inflation normative, le constitutionnaliste Benjamin Morel était interviewé dans le jardin de Weiden, à Issy-les-Moulineaux. En fond, une statue de marbre blanc difficilement identifiable. Et pour cause, l’œuvre d’art a été entièrement floutée pendant ses 13 secondes d’apparition à l’écran.

Un floutage qui suscite l'indignation

La statue en question, c’est le « Baiser » du sculpteur Louis Demaille. Elle représente un homme et une femme, dévêtus et s’enlaçant, prêts à se donner un baiser, comme l’indique son nom. La rédaction de France Télévisions encourrait-elle un risque juridique à diffuser l’image de cette œuvre d’art ?

Créée en 1894, la statue est pourtant une propriété publique. Il n’y avait donc pas de raison de craindre des retombées juridiques pour la maison de télévision, qui ne s’empresse pas d’ailleurs habituellement de flouter tous les objets d’art apparaissant dans ses reportages.

Sans explication pendant près de 24 heures, les téléspectateurs n’ont pas manqué de se faire leur propre avis. Sur X, où l’incident a été particulièrement remarqué, beaucoup y ont d’abord vu une forme de censure face à la nudité des protagonistes de marbre. Un reportage « charia compatible » en somme, et la victoire des islamistes sur nos représentations culturelles dans l’audiovisuel public, ont aussi dénoncé certains élus de droite.

La chaîne assume une « erreur »

Face aux inquiétudes de ces nombreux Français, France Télévisions a fini par rectifier le tir, ce mercredi en fin de journée, en présentant ses excuses aux téléspectateurs pour cette « erreur » commise à l’occasion d’une « initiative individuelle » qui « n’avait pas lieu d’être ».

Si la réponse, que l’on croit honnête, rassure, il n’en reste pas moins que cette crainte exprimée par beaucoup révèle un vif manque de confiance de la population à l’égard de la chaîne publique.

Il faut comprendre ceux qui déploraient que, sur cette dernière, le présentateur du jeu télévisé « Chacun son tour », Bruno Guillon, ironisait sur l’expression « chemin de croix », en la déclinant aux religions israélite et musulmane, dans un esprit d’inclusion, probablement.

Le sénateur RN de Seine-et-Marne, Aymeric Durox, qui avait déclaré son intention de saisir l’Arcom pour lever le voile, confie à Boulevard Voltaire ne pas s’étonner « que les gens, chauffés à blanc à cause de l’islamisme, puissent penser ça ».

De fait, rappelle le président du groupe RN au conseil régional d’Île-de-France, « on voit de plus en plus sur les réseaux sociaux de community managers de sensibilité islamiste prendre des initiatives au détriment de l’image de marque de leur entreprise », au nom d’une décence, ou de règles morales qui leur sont très personnelles. Pour le parlementaire, « ce n’était donc pas impossible » que dans la chaîne du reportage, un individu juge immorale la représentation de la statue.

Une remise en cause des pratiques internes

Mais le doute a été balayé lorsque le sénateur a été contacté par une haute responsable de France Télévisions, lui indiquant vouloir opérer un changement dans la transparence et la communication sur ce genre de sujets. Le but serait qu’une véritable évolution se mette en place, plus à l’écoute des téléspectateurs.

Preuve, relève le parlementaire, de l’efficacité de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, qui permet cette remise en question des méthodes jusque-là utilisées par le service public, et qui aurait permis ici qu’un tel floutage soit réalisé au montage sans avis préalable de la direction, pour des raisons d’ordre visuel, comme l’affirme cette responsable.

Preuve aussi, ajoute Aymeric Durox, qu’« une démocratie peut fonctionner de manière sereine et apaisée » quand les parlementaires alertent, et que le service public rend des comptes.

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