Serge Federbusch : « Un camp de migrants soi-disant fermé, dix de retrouvés »

Jeudi matin, un camp de migrants a été évacué à Paris, à grand renfort de police et de médias. Serge Federbusch, candidat aux élections municipales à Paris, réagit au micro de Boulevard Voltaire sur cette évacuation ainsi que sur l’investiture de Rachida Dati comme candidate des LR à la mairie de Paris.


Un camp de migrants a été démantelé porte de la Chapelle. Les routes ont été fermées et les bus déviés. De grands moyens ont été déployés pour évacuer ce camp de migrants qui était au cœur de l’actualité de la vie parisienne.
Saluez-vous cette décision ?

Pas du tout. Un camp de migrants soi-disant fermé, dix de retrouvés. Ils vont être mis dans différents gymnases. À aucun moment, on ne nous dit que des mesures fermes vont être mises en place pour réexpédier ces gens qui, pour la plupart, sont de faux réfugiés politiques. Pour la plupart d’entre eux, ils viennent de pays aucunement menacés. Ce sont des « réfugiés » économiques. Cela va diffuser le problème. Le mécanisme de la pompe aspirante va à nouveau jouer. Ils ont gagné. Ils vont quitter les gymnases en question et vont revenir à d’autres endroits. Peut-être porte d’Aubervilliers dans le parc de la Villette sur les bords du canal de l’Ourcq. Cela recommencera. Aucune réponse n’est donnée.
Autrefois, monsieur Hollande avait inscrit une trentaine de fois cela sous le nom de mise à l’abri.
Macron, lui, capitule sur ce dossier comme sur d’autres et Anne Hidalgo a peur de la presse bobo. C’est reculer pour mieux sauter. C’est faire disparaître des camps pour en faire très bientôt réapparaître d’autres. Cela n’a donc aucun intérêt !


Selon vous, est-ce de la communication politique ou de l’impuissance ?

C’est de la peur face à l’arsenal de propagande de la mairie, relayée par des médias complaisants sur le thème de la misère. Hidalgo les fait venir avec des campagnes sur le thème « réfugiés, bienvenus ». Elle appelle cela « refugees welcome ». Les publicités sont en arabe ou en anglais pour vous donner une idée du niveau de la politique municipale. Hidalgo les aide en subventionnant les associations et en faisant des distributions de nourriture par des bus ciblés.
Tout cela a un effet de pompe aspirante, de pot de miel et d’attraction.
Ensuite, elle pleure auprès de l’État pour s’en débarrasser. Pendant un certain temps, Macron n’a pas donné suite à ses jérémiades. Maintenant, il a peur de la situation, donc il capitule.
C’est un univers de capitulation politique. Ce n’est pas du tout une réponse courageuse ni au niveau de la ville ni au niveau de l’État.


La commission nationale d’investiture des Républicains a investi Rachida Dati à la course à la mairie de Paris.
Vous affronterez Rachida Dati pendant ces élections.
Avez-vous étudié son projet ? Comment accueillez-vous cette nouvelle candidature ?

Je suis assez serein. Les LR ne savent plus où ils habitent. La moitié demandent une double investiture, voire pas d’investiture, voire uniquement l’investiture macronienne. Je ne sais pas comment Rachida Dati va se débrouiller. Visiblement, les gens de LR n’ont pas l’intention de lui laisser les coudées franches. Je pense que cette candidature sera assez largement circonscrite au 7e arrondissement, son propre arrondissement. J’attends de voir son projet, mais j’ai vu quelques extraits sur des thèmes écolos. Son projet va s’ajouter à d’autres projets écolos.
Aimer Paris est la seule vraie liste d’union des droites et d’opposition résolue à la politique d’Hidalgo et à celle que les macronistes sous toute leur forme entendraient mener à Paris. Je suis donc tout à fait serein face à cette opposition qui ne sera pas plus crédible dans une élection qu’elle ne l’a été depuis des années au conseil de Paris. Ils ne se sont jamais vraiment opposés aux décisions d’Hidalgo.

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