, leader de la CGT, fait l’humoriste : il estime que le patronat est un patronat « assisté » par le gouvernement Hollande (fine allusion au refrain ultra-droitier des pauvres et chômeurs qui vivent de l’assistanat au lieu de travailler, ces feignants).

Puis Lepaon fait le malin : il exprime la « crainte » que la « déception » des salariés « ne se transforme en un vote pour les candidats du Front national ». Lepaon est désolé, navré, triste du vote populaire éventuel en faveur du Front national. Mais enfin, tout se passe comme si la CGT qu’il dirige comprenait ce vote. Cela s’appelle jouer avec le feu, cela s’appelle la politique du pire.

À l’extrême gauche politique et syndicale, la complaisance hypocrite vis-à-vis de l’extrême droite a des précédents. Dans l’histoire du mouvement communiste et syndical, cela s’appelle la tactique « classe contre classe », quelles qu’en soient les conséquences politiques. Les communistes allemands (et bien d’autres après eux) ont payé très cher, dans les années trente, leur feu roulant contre les réformistes. En France à la même époque, cette attitude suicidaire mais « pure » a été enrayée à temps par les pactes, anti-fasciste puis du Front populaire, en 1934 et 1936.

Une partie de ce qui reste de l’appareil communiste en France (dont à l’évidence Thierry Lepaon est une éloquente expression) joue-t-elle la carte d’un tel pourrissement, d’une telle dégradation de la situation politique en France qu’elle passerait à court terme par une déroute de la gauche ? C’est déjà arrivé. Il se trouve sans doute quelques néo-bolcheviques pour penser que le PC pourrait se « refaire la cerise » avec une droite customisée par le FN.

Les ratés de la politique gouvernementale et de sa communication, son réformisme jusqu’au bout peu expliqué, peu assumé par le PS lui-même, contribuent aussi à ces confusions misérables et à ces perspectives peu engageantes, du moins à mes yeux.

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