Henri Temple réagit à la tribune du général (2s) Roland Dubois publiée hier sur Boulevard Voltaire.

Mon Général,

Ne cédons pas à la compréhensible et légitime amertume que tous les Français éprouvent dans l’affaire malienne, et plus généralement africaine. Pas seulement celle d’un général mais celle de toutes les familles, époux, enfants, parents, fratries, petits-enfants, de soldats français qui ont accompli leur glorieux ou tragique devoir. Même si c’est difficile, ignorons les propos et comportements irresponsables ou misérables de Pétronin à la famille Traoré, des frustrés de l’assimilation ratée aux rappeurs entre deux prisons, des gauchistes en mal d’électeurs. Et même ceux du général Lecointre ou d’.

Au demeurant, n’eût été son dérapage courtisan, le général Lecointre a, en grande partie, raison sur le fond. Oui, c’est notre sécurité qui est en jeu, et notre action au est nécessaire pour endiguer la submersion migratoire qui menace de noyer l’identité de notre nation et son immense culture. Mais ce général politique pèche par deux oublis. D’abord, il oublie les familles africaines de combattants pour la France, petits-enfants, enfants, parents, fratries de soldats qui ont participé aux combats pour notre patrie. Et, au-delà, il oublie la majorité silencieuse des populations africaines qui est atterrée par le drame qu’elle subit, qui respecte la France et regrette avec tristesse qu’elle ne se respecte pas elle-même et abandonne les idéaux qui en firent une nation unique. Ce général se trompe aussi en fixant un horizon de trente ans de combats. Car la durée, qui aurait dû être bien plus courte, sera bien plus longue par la faute de nos gouvernants. La guerre est consubstantielle de l’islam initial depuis l’an 624 (). L’ la prolonge alors qu’il existe, désormais, un islam paisible (on dit parfois « des Lumières »). Il faut le défendre face aux salafistes assassins et génocidaires. Alors que, pendant plusieurs siècles, le christianisme natif a progressé pacifiquement, et même malgré les persécutions. Voilà, Général, pour tenter de répondre aux légitimes questions que vous posez : « le sens du sacrifice [de nos soldats] n’est plus discernable […] que fait-on encore, là-bas ? […] [quel est] le but de guerre ? »

Quant à votre conclusion (« Il faut rameuter les troupes »), même si elle est tentante, permettez-moi d’en contester le bien-fondé dialectique. Vous incriminez, à juste titre, l’inconsistance intellectuelle et morale des pouvoirs politiques successifs de la France, depuis des décennies. Mais il ne suffira pas de faire revenir dans l’Hexagone quelques milliers de soldats pour régler ce problème de décomposition par la tête. C’est la tête qu’il faut trépaner… Toute la perversion vient de là. Le trépan devra viser les tumeurs qui s’opposent à la volonté populaire : le régime électoral parlementaire injuste et le refus de soumettre les options essentielles à référendum (le dernier a été violé). Ce mépris du peuple et du droit est devenu une anti-culture politique chez nous. Si la loi était appliquée par le pouvoir et par les juges, sous contrôle de la nation, chacun serait à sa place, y compris les délinquants et criminels, en prison ou hors de nos frontières.

Ultimes précisions : l’armée tchadienne est considérée comme valeureuse et efficace dans la lutte contre les criminels islamistes ; c’est donc que c’est possible : aidons les États voisins à en faire autant. De plus, après la victoire de nos armes (opération Serval en 2013), sauvant Bamako, et toute la région, des islamistes, Hollande et Fabius, au lieu d’imposer une conférence de réconciliation nationale nord/sud dans un pays aussi immense et divers, ont délégué les négociations aux Algériens et aux USA et se sont défaussés en précipitant une élection présidentielle qui a aggravé et pérennisé les tensions communautaires qui pouvaient alors encore être réglées.

4 janvier 2021

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