Pour Lucie Castet, maire du XIIe, les fast-foods, c’est comme les luthiers…
Chez ces gens-là, comme disait Brel, on n’est pas à une contradiction près. Sortie de l’anonymat par la grâce du Nouveau Front populaire qui, en 2024, espérait en faire le Premier ministre de la France, Mme Lucie Castet, ex-calamiteuse directrice des finances de la mairie de Paris, est aujourd’hui maire du XIIe arrondissement. C’est à ce titre qu’elle s’est illustrée au dernier Conseil de Paris, vendredi dernier. À ses collègues qui s’inquiétaient de la prolifération, dans certains quartiers, des commerces de malbouffe, kebabs, barber shops et autres Master Poulet (bien souvent halal), elle a répondu qu’il y avait là « une forme d’indignation à géométrie variable, puisque je ne vous entends jamais vous indigner sur d’autres types de commerces, y compris d’autres types de restauration rapide, ou encore quand toute une rue abrite des magasins d’instruments de musique ou des artisans ».
Lucie Castet ou le casting parfait
Persuadée que le destin et la gauche coalisée du NFP allaient la propulser à Matignon, Lucie Castet a quitté la mairie de Paris en 2024. Sans doute une bonne chose pour les Parisiens, vu l’état des finances dont elle avait la charge. Comme ils ne sont pas rancuniers, ils l’ont élue maire du XIIe, ayant remplacé au pied levé le maire sortant, l’écologiste Emmanuelle Pierre-Marie, accusée de « management toxique ». Mme Castet a profité de cet intermède pour devenir mère. « Loin de la course à Matignon, elle a retrouvé le sourire ! », titrait alors Gala, rappelant que cette femme, jusque-là discrète, avait fait son coming out dans Paris Match, quelques mois plus tôt. À l’heure où elle pensait arriver à Matignon, elle confiait : « Je souhaite trouver un équilibre entre protéger ma famille, ma femme et notre enfant, et dire qui je suis. Ça me semble encore important, aujourd’hui. »
Il était important pour la gauche, en effet, de prouver combien le casting était parfait, car si Lucie Castet n’a pas obtenu la charge qu’elle convoitait à la tête de l’État, elle occupe aujourd’hui un fauteuil de maire auquel elle n’avait même pas songé : elle a été propulsée tête de liste un mois seulement avant le scrutin.
Le XIIe est un grand arrondissement de Paris qui va du bois de Vincennes à la Bastille et de Bercy au viaduc des Arts et à la place Daumesnil. On y fait les boutiques rue de Charonne, on prend le brunch à Bercy Village, on flâne le long du canal Saint-Martin puis l’on descend regarder les bateaux au port de l’Arsenal avant, peut-être, une soirée à l’Opéra… C’est le Paris des bobos à vélo qui remontent depuis le bois de Vincennes vers la rue de Rivoli, le Louvre, la Concorde et la Défense.
Les artisans du Vieux Paris et les Master Poulet de la nouvelle France
Alors, à qui et à quoi songe-t-elle, Mme Castet, lorsqu’elle évoque une rue où se succèdent les artisans ? À la rue du faubourg Saint-Antoine, sans doute, car c’est l’un des axes majeurs de ce XIIe arrondissement, allant de la Nation à la Bastille. C’est le vieux Paris des artisans du meuble, là où l’on trouve encore des ateliers dans les fonds de cour et les passages fleuris. Menuisiers, tapissiers et ébénistes d’art y voisinent avec les boutiques où l’on vend la popote pour décaper, la cire pour restaurer, les colles à bois, les outils, les ferrures et les dorures… Des artisans, c’est-à-dire des ouvriers d’art, seuls encore à perpétuer des traditions et des savoirs propres à maintenir en l’état notre magnifique patrimoine.
Quant à trouver « une rue qui abrite des magasins d’instruments de musique », il faut remonter la rue de Rome, le long de la gare Saint-Lazare. C’est le quartier du Conservatoire, le CNR aujourd’hui, hier le CNSM avant qu’il ne déménage à la Villette. Les luthiers, les marchands de pianos ou d’instruments à vent y sont à touche-touche, c’est vrai. Et pas un musicien qui ne connaisse La Flûte de Pan et Arioso, où l’on va s’acheter de la musique comme d’autres achètent des pâtisseries, avec la même gourmandise.
C’est moins gras que les fast-foods, assurément meilleur pour la santé... Cette boutade ne vise qu’à montrer combien la remarque de Mme Castet est dénuée de sens. Plus que cela, elle est malhonnête. Comme le lui a fait remarquer son collègue, le député Renaissance Sylvain Maillard, lui lançant : « Mais enfin, ça n’a rien à voir ! » Ce qui lui a valu une réprimande du nouveau maire, Emmanuel Grégoire : « N’importez pas, Monsieur Maillard, au conseil de Paris, les très mauvaises méthodes de l’Assemblée nationale… » Qui sont d’ailleurs celles de ses amis de la gauche extrême…
Et puis quoi, Emmanuel Grégoire l’a dit, il ne veut pas « stigmatiser ces enseignes ». Il aime bien ces commerces exotiques. Ses enfants adorent, ils y vont en famille. Et puis, quoi, si l’on en croit Lucie Castet, maintenir tous ces commerces bas de gamme est une nécessaire mesure de justice sociale : « Les personnes qui côtoient ce genre d’établissements ne font pas partie des classes sociales les plus aisées. Je disais donc en conseil d’arrondissement qu’il me semblait fondamental qu’il existe des offres pour tous les budgets, y compris pour les classes populaires. »
Et quand il ne reste plus que cela comme commerces de centre-ville, c’est quoi, au juste ? Le triomphe de la nouvelle France par une mesure d’injustice sociale contre les « tout blancs tout moches » ?
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45 commentaires
C’est plus facile de manger de la m… à paris que de la gastronomie! Qu’ils laissent les bons restaurants, l’art de vivre et les menus équilibrés à nous les vilains provinciaux bouseux pendant qu’eux ce gaveront de junk food. Moi ça me va et je continuerai à fuir paris comme je peux le faire avec Téhéran!
L’éternelle première ministre virtuelle réapparaît,plus évaporée que jamais.
Mais il faut reconnaître que sur le côté gauche de l’échiquier politique,la concurrence est féroce dans ce domaine.
N’est-ce point cette dame qui a laissé une « ardoise » à la mairie de Paris sous le règne Hidalgo ?
Je disais donc dans une précédente tentative de réflexion que cette dame ne doit pas souvent faire pitance aux services hallal et encore moins au « master poulet » aux hormones , mais de bons repas dans les quartiers bobos de la capitale . Sa remarque sur les magasins de musique prouve qu’elle n’est point mélomane ou une ouïe défectueuse , seulement envoutée par les instruments de musique exotiques.
Le label “Enarque” ne vaut guère mieux que le baccalauréat 2026, si ce n’est qu’il est le marqueur de soumission d’une certaine ploutocratie française au prêt à penser à la mode, vecteur de régression de l’intelligence et du sens commun. Nous avons du mal à suivre le raisonnement de Mme Lucie Castets, un vrai casse-tête dont le labyrinthe sémantique et obscurantiste confirme les doutes que nous pouvions avoir lorsqu’elle brigua le poste de 1er ministre, après un passage désastreux en matière de finance pour la ville de Paris, dont nous n’entendons plus parler, la poussière sulfureuse de la gestion socialiste glisse parfaitement sous les tapis…
MERCI Bill A Bong !
Comme quoi ! Celui qui écrit ici même, est lauréat d’un niveau d’études Bac – 6 ( j’ai dû travailler jeune ). Mme Castets est Haute Fonctionnaire, Enarque… Comment peut-on se laisser aller à dire de telles sottises aussi déplacées ( ça promettrait des « politiques » comme ça _ quoi que… ? ce ne serait pas la seule ). Elle se serait grandie à dire directement, au premier degré, ce qu’elle pense réellement plutôt que de faire des analogies ( qui ne sont pas des ressemblances ) tout à fait anachroniques. NB : je me souviens de propos d’une grand-mère _ non lettrée disons : « Il y en a beaucoup qui sont intelligents d’un côté, et bêtes de l’autre… » .._ Certes. On s’en aperçoit même tous les jours !
Mme Castet a dit qu’il y a une indignation a géométrie variable. Et elle a raison, il y a une indignation car ces commerces sont orientaux ( halal) et les même commerces non halal ne suscitent pas la même opposition.
Une fois de plus, elle n’a vraiment rien compris. La concentration de luthiers dans un quartier, artisans maîtrisant un avoir-faire unique, n’a aucune comparaison avec la concentration de fast-foods de poulet bas de gamme, halal, qui n’a aucun rapport avec la gastronomie française et génère de nombreuses nuisances : queues, bruit et odeur de friture. Quand on n’a rien d’intelligent à dire, se taire c’est bien !
Revoilà l’inutile, experte en sottises. Comme l’a dit Audiard ….
Merci »Bruno » : même vécu dans le 93, depuis, + de 30 ans dans l’Aude, beaucoup moins envahie, et enfin, Carcassonne réaborde les drapeaux français….
.. »Des artisans, c’est-à-dire des ouvriers d’art, seuls encore à perpétuer des traditions et des savoirs propres à maintenir en l’état notre magnifique patrimoine. »
Donc toute la détestation de cette gauche qui envoie ses gosses à l’Ecole Alsacienne…
Je ne savais pas que dans toutes les villes il y a une rue « instruments de musique ». Je n’ai pas dû bien voir dans ma ville, je vais faire un tour. Merci Lucie.
Les « bobos » parisiens restez entre vous et mangez votre poulet halal et fichez nous la paix ,nous de la campagne avec notre « Canon Français » et notre cochon grillé !!
Pour remettre son sort à « celle-là » il faut vraiment avoir le ciboulot à l’envers. Cela sent la chute des grands empires pour ceux qui s’intéressent un peu à l’histoire.