Je sais, c’est l’honneur de la . Et son talon d’Achille, aussi. La France ne laisse pas tomber ses otages, et va les chercher… quoi qu’il en coûte. En mai 2019, au Burkina Faso, sans même évoquer les transactions financières probables, il en a coûté la vie de deux militaires. Cette fois, pour , ce sont plus de 100 djihadistes qui ont, à titre de contrepartie, été libérés… officiellement par le Mali. Et là encore, indirectement, le prix à payer se compte en soldats français : combien étaient tombés pour les arrêter, combien tomberont encore, dans cet infernal jeu de l’oie diplomatique où le militaire, pion que l’on déplace, est renvoyé si vite à la case départ, pour les empêcher de nuire à nouveau ? Forcément, pour les terroristes, le Français est un otage « premium », une cible privilégiée et recherchée car très rentable, quand l’Anglais ne vaut pas un clou. Le Royaume-Uni refusant de céder au chantage et de passer à la caisse, les ravisseurs fichent aux sujets de Sa Majesté une paix… royale.

Je sais, c’est facile à dire. Car pour désamorcer ce délétère cercle vicieux et prendre exemple outre-Manche, il faudrait faire le choix de sacrifier des otages. Jusqu’à ce que les terroristes comprennent qu’enlever des Français est devenu inutile. Combien faudra-t-il en abandonner froidement avant que la rumeur ne se propage et que la réputation française s’inverse ? Quel gouvernant aurait le cœur de tenir, renvoyant dans leurs pénates les familles éplorées sans autre forme de procès ?

Je sais, si l’un de mes proches était concerné, je remercierais le Ciel de nous avoir fait naître – lui et moi – Français.

Oui, je sais tout cela. Mais je sais aussi que si la France fait son devoir, l’otage aussi doit faire le sien. Avec décence et reconnaissance.

A-t-on le droit de dire tout de go, comme le rapporte l’AFP, avant même que l’avion vers la France n’ait décollé, que l’on retournera dès que possible dans ce pays, instable s’il en est, rongé par l’ et la guerre civile, où tant de soldats français ont péri et dont on a été exfiltrée, saine et sauve, mais en échange d’autres vies, celles des victimes à venir des terroristes libérés ?

Son âge et son prénom devraient rendre Mme Pétronin doublement sage. Il est vrai que, comme son homonyme de ottomane, étant désormais musulmane – Stockholm est loin, mais le syndrome s’accommode de toutes les latitudes -, elle entend qu’on l’appelle à présent Mariam. C’est son droit. Et le nôtre de lui demander de passer les vingt prochaines années auprès de ce fils aimant qui s’est tant battu pour elle, cantonnant ses louables velléités de charité au périmètre suisso-français.

9 octobre 2020

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