En cette fin d’année 2012, la France est à la croisée des chemins. Même si tout cela est masqué par les pitreries de la COCOE, CONARE et autre RUMP, depuis quelques jours, la patrie en danger affronte visiblement une phase cruciale de la guerre économique.

Sur cet échiquier géopolitique verglacé, Arnaud Montebourg, que l’on pourrait qualifier de « fou de la République » a osé blasphémer, en prônant ni plus ni moins la « nationalisation » du site de Florange, un mot qui nous rappelle « les heures les plus sombres de notre Histoire », celle d’avant 1983, quand la gauche s’imaginait encore de gauche et quand l’État exerçait sa pleine souveraineté. En déclarant aussi, sur un air de Marseillaise, que « Mittal n’avait pas respecté la France », il a réveillé un vieux fonds patriotique, sûrement moins sexy que sa marinière. A défaut de gaz de schiste, le bel Arnaud respire le schisme à plein nez.

Montebourg, ce politicien anachronique, sorte de tribun des années Jules Ferry téléporté en 2012. Montebourg, son phrasé délicieusement désuet, son port altier qui cadre si mal avec Moullande. Montebourg, ce cuirassier du verbe qui, dans un Reichshoffen moderne, tenterait la dernière charge, sabre au clair, contre l’Empire mondialisé !

Et dire qu’au moment où notre ministre du Redressement tentait encore de redresser, la , vicelarde à souhait, répondait à sa façon, en envisageant de retirer les taxes antidumping qui frappent les briquets chinois depuis 1991. BIC, une des marques fleurons de l’économie nationale, est la première victime de ce brutal retour de flamme : Bruxelles a jugé que cette protection n’était « plus nécessaire ».

C’est la France de l’an 2012 : une économie en ruine, dont les dernières forteresses sont bombardées par une puissance extérieure, dont les lambeaux industriels sont menacés de mort par un milliardaire indien qui contrôle 20 000 de nos emplois.

Est-ce vraiment encore une question de gauche ou de droite ? On le sait, dans l’histoire, chaque camp a eu ses patriotes et ses traîtres à la nation. Au delà de la guerre économique, c’est une sourde lutte des civilisations qui reprend vigueur, 20 ans après la fin de la glaciation soviétique. Notons le bien : en Inde, la sortie de Montebourg a été considérée comme un acte « raciste ».

Loin de nos yeux, l’Argentine subit en ce moment même une attaque sans précédent du monstre financier : sous la forme de fonds spéculatifs américains, celui-ci demande au pays de rembourser 1,3 milliard de dollars… remontant à la faillite de 2001. Ce qui pourrait engager les autres créanciers à revenir saigner à blanc l’Argentine, en renégociant le paiement total des dettes du pays. Piège mortel tendu à un peuple qui eut l’audace de résister.

N’ayez aucun doute Monsieur Montebourg : si la France refuse d’obéir, elle ne subira pas le coup de chaleur des briquets chinois, mais plutôt l’haleine forte des lance-flammes de l’Empire.

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