La nouvelle n’a pas fait grand bruit au sein de la sphère médiatique française : aux , le ministre de la Santé Edith Schippers a récemment déclaré vouloir réduire le nombre d’avortements, en impliquant davantage les médecins généralistes dans l’accompagnement des femmes enceintes. “30.000 femmes mettent fin à leur grossesse chaque année. C’est beaucoup trop !” s’écrie le ministre.

Un ministre qui s’avoue « effrayé » par ce chiffre alarmant, soulignant que “l’interruption volontaire de grossesse n’est pas une méthode de contraception”. Un ministre dont les propos feraient pâlir les instances militantes de l’État français ! En comparaison des 220.000 avortements dont la est victime chaque année, le nombre d’enfants tués dans le sein de leur mère aux Pays-Bas semblerait bien modeste aux néo-suffragettes qui viennent de mettre en place une restriction de la liberté d’expression sur le sujet. Dans les couloirs des agences de journalisme françaises, on ne s’empresse pas de relayer la nouvelle : après tout, l’affaire du vol de bijoux de la nouvelle Castafiore (Kim Kardashian) ou des risques de verglas, c’est « moins risqué » dans les colonnes de la désintox.

Et pourtant… Edith Schippers dérange et déplaît à la synarchie médiatique. L’année passée, le ministre fut ainsi accusé de vouloir restreindre l’avortement – crime fondamental s’il en est – après avoir proposé de limiter la période d’obtention de la pilule abortive. S’ils ne bénéficient pas de la licence adaptée, les médecins néerlandais ne pourront octroyer ce petit bonbon pourtant si pratique 2 … Là, les activistes du dimanche s’empressent de relayer la polémique. « Ça fait du chiffre, coco » ! À l’instar de The Independent, prompt à relayer les cris d’orfraie de l’organisation Women on Waves… Une association “qui produit des services aux femmes vivant en des pays où l’avortement est illégal [et qui] souligne que la nouvelle loi constitue une violation des droits de l’homme – et des femmes” – dernière précision d’importance, pour tout ignorant des règles grammaticales. Une association, donc, qui œuvre pour la protection de l’avortement dans un pays où celui-ci n’est pas illégal. Une organisation partisane, dont les vociférations d’une extraordinaire platitude n’ont d’égales que le caractère hyperbolique.

Il serait vain de se réjouir trop vite des propos d’un ministre néerlandais dont la comporte des failles en matière de de la vie. De la volonté de développement de la recherche sur les embryons au projet de loi visant à légaliser le « suicide assisté », la cohérence de la démarche du ministère de la Santé reste lacunaire. Pour autant, la résurgence du débat sur l’avortement est un fait incontestable, précipité par un gouvernement souhaitant (maladroitement) se prémunir d’une nouvelle génération qui n’a reçu que le serinage coutumier « avortement-mon-corps-mon-droit ». Hâté par d’hystériques pétroleuses déconnectées du réel.

À la veille du jour de la , c’est l’esprit taquin qu’on s’impatiente à l’idée de leur émoi à la vue des rues pleines où défilera une génération qui sait que la défense du plus faible sera son combat de demain. Parce que “c’est la plus grande de toutes les faiblesses que de craindre trop de paraître faible” (Bossuet), offrons-nous le luxe de cette badinerie !

Notes:

  1. Après 16 jours d’aménorrhée déclarés pour la femme.
  2. Après 16 jours d’aménorrhée déclarés pour la femme.

15 janvier 2017

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

Les commentaires Facebook intégrés aux articles sont désormais inactifs, nous vous invitons désormais à commenter via le module ci-dessus.

À lire aussi

Avortement : le choix, c’est aussi d’y renoncer

Les socialistes bafouent sans merci la volonté originelle de Simone Veil. …