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Tirés à 50.000 exemplaires, le premier tome des mémoires de Jean-Marie Le Pen, intitulé Fils de la nation, était ce jeudi vendu en totalité avant même sa parution en librairie. C’est, en effet, grâce à sa pré-vente en ligne, à laquelle Boulevard Voltaire a apporté sa contribution, que ce pied de nez aux éditeurs du système a été rendu possible. Tout comme ils avaient refusé de publier Marine Le Pen, alors qu’avant la présidentielle de 2017, elle souhaitait sortir un livre sur “la pratique du pouvoir”, les grands éditeurs inféodés au pouvoir en place ont contraint l’ancien président du Front national à recourir aux services d’une maison d’édition confidentielle. C’est donc l’éditeur de livre Muller et son gérant Guillaume de Thieulloy qui tireront partie de ce qui s’annonce déjà être un best-seller.

Les difficultés d’édition, rencontrées par certains auteurs non conformistes, ne sont pas nouvelles. On se souvient, par exemple, de la polémique qui avait opposé Éric Zemmour et son éditeur, Albin Michel, à l’occasion de la sortie de l’un de ses derniers livres. Il avait même fallu que son patron, Francis Esménard, monte au créneau pour défendre celui qui, pourtant, s’avère être un de ses auteurs les plus “rentables”.

Dans l’affaire qui défraie aujourd’hui la chronique, le problème n’est pas de savoir si l’on aime ou pas . Ses propos polémiques à rebours de l’Histoire, ses jeux de mots et calembours controversés, ses outrances verbales et même ses prises de position politiques peuvent ne pas plaire. Les électeurs n’ont, d’ailleurs, pas manqué, à de nombreuses reprises, de le lui faire savoir. Non, ce qui est est important, c’est la difficulté manifeste que rencontrent aujourd’hui un certain nombre de porteurs d’idées pour se faire entendre, et relayer ainsi la pensée et les opinions d’un nombre de plus en plus important de nos concitoyens.

On peut, en effet, faire de nombreux reproches au fondateur du Front national. Mais pas sa constance dans ses idées, ni même son courage. Faut-il rappeler qu’il fut un des rares parlementaires à quitter son siège du palais Bourbon pour aller combattre en Algérie aux côtés des appelés. Combien de nos députés, ou de nos sénateurs, ont abandonné leur confort parisien pour aller se battre en Irak, en Syrie ou en Afghanistan, là où la France défend pourtant la liberté et la démocratie ?

“Je ne partage pas vos idées, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez les exprimer.” Cette fausse citation attribuée à Voltaire résume parfaitement ce que devrait être une société dans laquelle la liberté d’expression serait érigée en vertu cardinale. Force est, cependant, de constater que la patrie de Jean-Jacques Rousseau, de Diderot et de d’Alembert, n’est plus aujourd’hui que le pâle reflet de la grande nation des Lumières qu’elle fut au XVIIIe siècle.

Phagocytée par des médias adeptes de la pensée unique, celle qui interdit de contre-dire le discours politiquement correct mis en place par des élites et des intellectuels autoproclamés, il devient, dans notre pays, de plus en plus difficile d’émettre des opinions divergentes de celles validées par le pouvoir et intelligentsia en place. Tout propos, toute allusion et, a fortiori, tout écrit qui sort des rails de la bien-pensance imposée sont pourchassés pour être parfois dénoncés à une Justice qui devient peu à peu la gardienne des opinions consacrées. Par son succès, le livre de Jean-Marie Le Pen apporte, sans contestation possible, un démenti flagrant à toutes celles et tous ceux qui prétendent empêcher que ne s’exerce la liberté de penser.

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