« La France a toujours écrit sa propre histoire mondiale, déclamait Macron avec emphase le 28 septembre. Elle s’est toujours pensée universellement […] Notre pays, notre nation a été bâtie par deux institutions, l’État et la langue. Une langue dont l’épicentre, aujourd’hui, n’est plus sur ces rives de la Seine mais sans doute bien davantage vers le bassin du fleuve Congo. » Que de verbiage ridicule dont les locuteurs francophones du bassin du Congo et d’ailleurs en Afrique n’ont que faire ! Dans ces paroles aussi creuses et ambiguës que lyriques, on reconnaît la référence au courant de pensée déconstructiviste de l’unité d’une nation française soumise aux aléas des circonstances, tel que le soutient l’ouvrage Histoire mondiale de la France. Celui-ci donnait déjà, à l’époque, de l’eau au moulin à paroles d’Emmanuel Macron pour nier publiquement l’existence d’une culture, d’une histoire et d’une âme françaises. Cette vision d’une succession d’événements déconnectés s’oppose à celle d’une histoire millénaire et continue de la France, présentée magistralement par Jean-Christian Petitfils dans Histoire de la France. Le vrai roman national. Non, Monsieur Macron, la France n’a pas été bâtie que par l’État et la langue.

Le candidat permanent à sa réélection a compris que l’entretien d’une addition de minorités revendicatives lui est plus favorable qu’une majorité de soutien introuvable. « Notre identité ne s’est jamais bâtie ni sur le rétrécissement, ni à des prénoms ni à des formes de crispation. ». Des propos multiculturalistes qui dévalorisent les notions d’identité et de nation.

Ce Président de rupture qui, de sa propre initiative, et profitant du chaos social organisé et entretenu, casse tous les codes de la société pour l’anéantir au profit d’une religion matérialiste, était-ce vraiment ce qu’attendaient ses électeurs dupés en 2017 ? Est-ce vraiment le programme que veulent pour leur avenir la majorité des Français de culture, d’origine ou d’adoption ? Le bruit envahissant des médias dominants qui se font les relais dociles de ces idées bien pensantes ne cache-t-il pas une lame de fond silencieuse mais majoritairement attachée aux fondamentaux de notre nation millénaire ?

Au nom du concept contrefait de progrès dont on nous rebat les oreilles, la campagne actuelle de publicité de la SNCF a pour slogan consternant : « Nous ne sommes pas statiques, nous sommes progressistes. » Mais qui l’entend ? Est-ce vraiment le reflet de la société actuelle ou la conséquence d’un programme d’abêtissement général avancé ? Au fur et à mesure que les Français abandonnent la pratique quotidienne de la culture dont ils ont hérité en acceptant de la dissoudre, ils font le lit d’autres cultures, incompatibles mais plus affirmées et ambitieuses. Le slogan « Bienvenue chez vous » est explicite de ce renoncement culturel. Or, la renaissance de la France passe par des signes d’attachement symboliques mais concrets, comme l’adoption d’un prénom chrétien affilié au patronage d’un saint. Contrairement à ce qu’affirment des analystes peu cultivés, même les prénoms à la mode anglo-saxonne y ont légitimement leur place, comme Kevin, porté au VIIe siècle par le saint ermite chrétien irlandais.

Selon l’ancien Président Sarkozy, en quête de reconnaissance culturelle et de diversion judiciaire, Zemmour serait le symptôme du vide du débat politique. En réalité, le candidat tente de combler le vide d’une société désincarnée, déspiritualisée et dont des idéologies californiennes immatures et loufoques tentent, pour s’imposer, de couper les racines millénaires. Y résister et combler ce vide, chacun à sa manière, est l’une des formes d’héroïsme du quotidien que nous offre notre époque.

 

4 octobre 2021

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