Comme toujours, tout est dans Molière, des Précieuses ridicules aux Femmes savantes en passant par Le Tartuffe. Ainsi, les Pandora Papers, nouvelle enquête à échelle mondiale, due à l’ICIJ (International Consortium of Investigative Journalists/Consortium international des journalistes d’investigation), vient-elle de révéler les petits secrets bancaires des grands de ce monde.

Il est certes licite de se méfier de ces organismes planétaires – 150 médias concernés, dont – et, surtout, de s’interroger sur leurs visées, officielles ou officieuses. Il n’empêche que ces révélations, des Panama Papers en 2016 aux Dubaï Papers, deux ans plus tard, épinglent 130 milliardaires et 35 chefs d’État, à la retraite ou toujours en activité.

Pris dans les filets, le roi Abdallah II de Jordanie, l’ancien Premier ministre anglais >Tony Blair (en photo) et son actuel homologue tchèque ou encore Andrej Babiš, tenu pour être le deuxième homme le plus riche de son pays. Que les puissants de ce monde mettent leurs économies à l’abri, rien de bien nouveau sous le soleil. Pourtant, l’ICIJ note, non sans raison que si, « dans la plupart des pays, ces faits ne sont pas susceptibles de poursuites […], dans le cas de certains des dirigeants, il est mis en parallèle le discours anticorruption tenu par certains d’entre eux avec leurs placements dans des paradis fiscaux ». Pas faux.

Voilà qui nous rappelle les mésaventures judiciaires de Jérôme Cahuzac et de Thomas Thévenoud. Le premier, ministre délégué à Bercy, en partie chargé de lutter contre la fraude fiscale, fraudait précisément le fisc ; alors que le second, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, de la Promotion du tourisme et des Français de l’étranger, se trouvait acculé à la démission, neuf jours après son entrée en fonction, incapable qu’il était d’ouvrir la moindre enveloppe envoyée par cette administration dont il était pourtant l’un des plus éminents représentants. Tel qu’on disait jadis dans la coloniale, « qui veut grimper au cocotier doit avoir la culotte propre »

Aussi propre que celle d’un Bernard Tapie, chargé en coulisse par de lutter, au nom de la morale républicaine, contre le Front national, alors donné pour « immoral » par nature ?

Aussi verte que celle d’un Denis Baupin, leader écologiste immortalisé en cette photo où sa bouche était peinturlurée de rouge à lèvres, histoire de dénoncer les « violences faites aux femmes » et qui dut, ensuite, mettre un terme à sa carrière politique pour « harcèlement sexuel » vis-à-vis des femmes de son propre parti, dont la très fantasque Sandrine Rousseau ? Il est vrai que les envois frénétiques et répétés de tweets emplis de propositions explicites ne participent pas exactement ni de la carte du Tendre, ni de l’idée que l’on peut se faire du féminisme inclusif tel que promu chez EELV.

Puis, il y a ces innombrables impostures. De la « génération morale » de SOS chère à Julien Dray, tombé au champ du déshonneur judiciaire pour ces vilaines histoires de MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France), de MJS (Mouvement des jeunes socialistes) et autres pouponnières du PS, à la fameuse Ligue du LOL…

Ces deux officines se sont encore fait tristement connaître par la « castorisation », pratique consistant à « initier » de jeunes militantes ingénues, sans toujours leur demander leur avis.

Quant à la dernière imposture, c’est le pompon sur le cocotier en question ! Trois journalistes de premier plan, officiant dans le tiercé gagnant de la presse humaniste – dans le désordre, Libération, Télérama et Les Inrockuptibles –, ont été accusés de sexisme. Soit une véritable mise à mort sociale pour un trio censé dire le beau, le vrai et le bien. L’arroseur éternellement arrosé ?

En attendant, pour avoir des nouvelles fraîches du monde, prière de lire ou de relire Molière…

4 octobre 2021

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.

4.5 6 votes
Votre avis ?
30 Commentaire(s)
le plus populaire
le plus récent le plus ancien
Commentaires en ligne
Voir tous les commentaires