Atteintes au patrimoine religieux : Valérie Boyer tire la sonnette d’alarme

La sénatrice LR veut une « mobilisation nationale » pour notre « bien commun qu’il faut protéger ».
Photo YMS
Valérie Boyer au Sénat, le 20 mai 2026

Jeudi 21 mai. L’émotion est grande, à Aubagne : une des croix du Garlaban, ce massif si cher à Pagnol, a disparu. Samedi 15 mai. Deux après la grande fête de l’Ascension, l’église de Siran (Cantal) est cambriolée. Un calice est emporté par les ravisseurs. Le même jour, en plein cœur de Paris, un crucifix est brisé et une statuette du Christ, en argent, est dérobée à Saint-Germain-des-Prés. Quinze jours plus tôt, en Gironde, la sacristie de l’église Saint-Martin à Captieux est saccagée. À quelques kilomètres, à Villandraut, c’est le tabernacle qui est profané, alors que le calice est vide d’hosties. Le sacrilège ultime, pour les catholiques.

La litanie est longue, vertigineusement longue. En 2025, le ministère de l’Intérieur recense 843 actes antichrétiens, soit 34 % des 2.489 actes antireligieux commis cette année-là. Or, contrairement aux autres religions, 87 à 90 % des actes chrétiens concernant des atteintes aux biens. « Ce n’est pas une simple dégradation : c’est viser notre patrimoine et l’âme de la Provence », a réagi Valérie Boyer, au vandalisme d’Aubagne. C’est précisément le sens du groupe de travail que je conduis : recenser ces atteintes, mieux les qualifier et exiger des sanctions. » Car la sénatrice LR des Bouches-du-Rhône n’a de cesse, depuis des années, de prendre à bras-le-corps le complexe dossier du patrimoine religieux en péril et des actes antichrétiens, notamment. À la tête d’un groupe de travail interne aux Républicains, intitulé « Atteintes et dégradations du patrimoine religieux » et composé d’une dizaine de sénateurs, l’élue tire la sonnette d’alarme et appelle à une « mobilisation nationale ».

Un phénomène « hybride »

Si de nombreux travaux parlementaires ont déjà dressé l’état du patrimoine religieux en France, Valérie Boyer souhaite améliorer ce recensement pour mieux endiguer ce qui devient un phénomène de société. Multipliant les auditions, le groupe de travail devrait pouvoir sortir un rapport, en juin, pour présenter certaines préconisations. Pour Valérie Boyer, le phénomène des actes antireligieux est massif mais très largement sous-estimé. Principalement pour trois raisons : le mobile religieux est souvent difficile à établir alors que les vandales ne laissent ni revendication, ni inscription explicite ; les faits sont souvent qualifiés en infractions de droit commun (vol, dégradation, intrusion) ; enfin, on constate un faible dépôt de plainte, notamment chez les catholiques.

Avec ses 100.000 édifices religieux, le patrimoine chrétien est la cible première. Ancien, mal protégé, il est souvent particulièrement vulnérable. La sénatrice alerte sur un phénomène « hybride » difficile à appréhender. Si la haine antireligieuse est un mobile bien présent, les atteintes aux bien religieux peuvent provenir d’un acte de vandalisme, d’un vol opportuniste, d’une dégradation liée à la vétusté ou d’un mélange de plusieurs facteurs. Les vols peuvent être isolés ou organisé en bande, comme dans le Sud-Ouest où, en 2025, 71 faits ont été attribués à un même réseau, en provenance d’Europe de l’Est, ont appris les élus lors d'une audition.

« Bien commun qu’il faut protéger »

Valérie Boyer souhaite rappeler que le patrimoine religieux de notre pays est notre « bien commun qu’il faut protéger ». Le défendre, c’est « respecter ce qui rassemble la nation ». Lors d’un point-presse tenu mercredi 20 mai au palais du Luxembourg, la sénatrice a fait un point d’étape sur les travaux de son groupe de travail. Améliorer le recensement, c’est prendre la véritable mesure du problème. Centraliser les informations, c’est permettre un meilleur traitement et suivi des dossiers. « Aujourd’hui, on ne connaît pas le profil des auteurs, il n’y a pas de suivi des affaires, constate Valérie Boyer, on ne connaît donc pas les motifs des personnes responsables. On ne connaît pas, non plus, le coût que toutes ces dégradations représente », constate Valérie Boyer. Les acteurs se bousculent et les informations s’éparpillent entre le ministère de l’Intérieur en charge des cultes, la DRAC, le département, la région, la commune, les diocèses et les associations. « Qu’on arrête de travailler en silo », alerte cette proche de Bruno Retailleau qui veut aussi aider « tous ces élus locaux qui se sentent impuissants ».

Quelques propositions pourraient éclore. « Rendre obligatoire un signalement » à chaque dégradation, par exemple, créer « un inventaire national précis des dégradations et profanations » ou encore imaginer une structure permettant de centraliser les affaires. « Connaître l’ampleur du phénomène et l’analyser. » La préoccupation est grande : « Il n’est pas possible de laisser se dégrader ce qui fait partie de notre avenir », estime Valérie Boyer.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

21 commentaires

  1. J’écoutais cet après midi une conversation entre deux concernés qui racontaient qu’en Algérie ou au Maroc ,les jeunes qui saccagent la France actuellement ne tiendraient pas une heure dans leur pays de référence car la bas ,pas ed cadeau!

Commentaires fermés.

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