Dans un moteur à réaction, la poussée vers l'arrière engendre une force égale et opposée qui fait avancer l'avion. Plus ça pousse et plus la vitesse est élevée. Mais à l'atterrissage, l'inversion de la poussée maximum vers l'avant contribue à freiner et réduire la course à distance de sécurité. Enfin, ce moteur pousse davantage dans les basses couches que dans la haute atmosphère…

La parabole aéronautique s'applique assez justement aux « accidents » de la tels qu'ils sont désormais vécus dans plusieurs pays des différents continents. Ainsi, on assiste depuis quelques mois à de vives contestations dans des pays animés par de grandes effervescences démocratiques. Tout au moins en apparence, pour certains.

Au Brésil, Dilma Rousseff, élue présidente de cette vaste nation, est soumise à la vindicte populaire et finalement destituée. Son parrain et précédent président, da Silva, encore moins blanc, est dans le même temps envoyé a posteriori devant les juges pour corruption et blanchiment.

Au Venezuela, le président Maduro, successeur du charismatique et vénéré Chávez - idole d'un certain Mélenchon, parmi d'autres -, est conspué par la populace qui réclame sa destitution. Mais dans un État « démocratique », il est nécessaire de s'en remettre à un et ceci prend du temps. En 2017, tel qu'il est projeté, s'il reste encore un peu de poussée résiduelle au peuple qui crève réellement de faim, il ne fait guère de doute qu'elle le boutera hors du palais présidentiel.

En Corée, la présidente Park Geun-hye est au centre d'un scandale qui secoue le régime. Élue démocratiquement en décembre 2012, elle est la fille de feu Park Chung-hee, dictateur et ancien militaire qui gouverna le pays durant 15 ans en le menant au succès que l'on connaît. Sous l'influence d'une « Raspoutine » en kimono, elle a commis des malversations, financements occultes, abus de pouvoir et autres nominations douteuses. Un million de personnes ont manifesté dans la rue la semaine passée pour réclamer son éviction !

Dès son élection surprise, Donald Trump est contesté par les citoyens-bobos de New York, les acteurs hollywoodiens dépités et autres intellos déplumés. Il est vrai que la américaine qui élit un président avec un peu moins de voix que sa concurrente - 47,30 % contre 47,80 % - et seulement 25,80 % du corps électoral n'est pas un modèle à exposer dans les foires républicaines…

Et la France ? Pays plus mesuré, l'éviction d'un Président cotant à un chiffre et qui contrevient gravement à ses devoirs en révélant des secrets d'État n'est pas encore aussi brutalement réclamée par la rue. Cependant, pour la première fois dans l'Histoire, un processus légal est enclenché. 152 députés des Républicains - à ce jour - sur 200 ont signé une résolution dans ce sens. On comprend que ceux de gauche, même les frondeurs, fassent bouche cousue car ce sont eux - 39 % d'électeurs inscrits seulement - qui l'ont amené à l'Élysée, l'abstention s'établissant alors à 20 %.

Si le moteur démocratique ne fait pas le plein complet de kérosène lors du prochain mandat, il est à redouter que notre pays connaisse les mêmes turbulences contestataires…

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15 novembre 2016

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