Un système s’apprêtant à tomber penche immanquablement du côté où il fléchissait déjà, tel qu’en témoigne l’actuelle chasse à la « radicalisation islamiste » de nos institutions régaliennes ; police et armée au premier chef. En effet, comment faire cohabiter impératifs de « vivre ensemble », de lutte contre « islamophobie » et de défense des « valeurs républicaines » ?

C’est à la fois cercle carré et quadrature du cercle, parfaitement incarnée par la tuerie en pleine préfecture de police, à Paris, le 3 octobre 2019, due à Mickaël Harpon, employé « modèle » ayant poignardé quatre de ses collègues avant de se faire abattre par les siens, de collègues. Il était, paraît-il « névrosé ». Mais « l’islamisme » n’est-il pas, lui aussi, une « névrose » ? Il s’agirait donc de détecter les « signes de radicalisation ». Mais lesquels ? Port de la barbe ou refuser de faire la bise aux consœurs du beau sexe ?

Dans Le Figaro de ce lundi 3 février, il est ainsi noté : « Avec un constat franc et accablant, la préfecture de police de Paris est “juridiquement désarmée” en matière de radicalisation. Elle doit, faute “d’outils” juridiques, utiliser des motifs connexes, comme la faute professionnelle, car la radicalisation en elle-même ne permet pas l’éviction des radicalisés. » Bref, si le roi est nu, Marianne est à poil.

Dans la dernière livraison de Causeur, notre confrère Daoud Boughezala nous en dit plus. Pour l’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, par ses soins interrogé, « l’expérience m’apprend que sur une base de mille radicalisés, vous aurez un terroriste ; sur une base de dix mille radicalisés, cent terroristes. C’est quasiment statistique »… Mais cela fait aussi beaucoup… Et que faire ?

Toujours selon la même source, Thibaut de Montbrial, avocat chargé de la lutte contre le terrorisme par l’actuel pouvoir, précise : « Je ne crois pas qu’on s’auto-radicalise tout seul dans sa chambre. Les mosquées à risque sont globalement identifiées. Pour moi, le problème majeur se situe davantage du côté du milieu associatif (et notamment sportif) qui est très gangrené. » Encore un nouveau champ d’investigation d’autant plus complexe à maîtriser qu’il nous a été assené, en 1988, que la Black Blanc Beur était la solution de tous nos maux, victoire de footballeurs oblige.

Après, être islamiquement « radicalisé » n’en signifie pas pour autant que vous allez poignarder le premier venu croisé dans la rue. Alors, qui surveiller ? Qui contrôler ? Même si Mickaël Harpon, le « radicalisé » de la préfecture parisienne, se serait réjoui, à en croire Le Figaro, de l’attentat contre Charlie Hebdo. Avant de s’en excuser le lendemain… Est-ce un motif de radiation de la fonction publique, régalienne ou non ? Car tout le monde n’était pas Charlie non plus, en 2015… L’auteur de ces lignes en premier lieu, ayant toujours éprouvé une sainte horreur à ce que l’on puisse s’en prendre aux religions abrahamiques ou à leurs grandes sœurs données pour « naturelles », avant révélation du Tout-Puissant, confirme.

La réponse des autorités de l’État, soit l’actuelle République macronienne, s’est résumée à ceci, le 11 décembre 2018, par la voix de Michel Delpuech, ancien préfet de la capitale : « Pourquoi ne pas inscrire dans la Constitution qu’il est nécessaire d’adhérer aux valeurs de la République afin de travailler dans la fonction publique ? » Fort bien. Mais de quelles « valeurs » s’agit-il ? Et à quelle République avons-nous à faire ? Valeurs de PMA ou République de GPA, ayant vocation à être couronnées par le mariage homosexuel ?

En un mot comme en cent, l’adhésion aux « valeurs » de la « République » ne vaut rien tant que ne sera pas fait référence aux valeurs françaises. Celles de « l’ancien monde », finalement ; qu’il soit « patriarcal » ou pas. Soit des valeurs de bon sens, de ce sens commun cher à nos ancêtres.

C’est sûrement trop demander aux autorités progressistes du moment, lesquelles s’alarment d’un incendie dont ils ont été les premiers pyromanes. Il y a là matière à réfléchir.

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