Des pommettes hautes, sculptées, le nez droit, ovale et taillé à la serpe, un angle mandibulaire plus marqué… Si Mesdames, en lisant ces quelques lignes, vous pensez vous reconnaître, alors bravo, vous correspondez parfaitement aux nouveaux standards de la beauté de ce XXIe siècle ! Pour les autres, il ne vous reste que la case bistouri ou, plus raisonnablement, attendre patiemment que cette tendance passe, sachant qu’une « mode a à peine détruit une autre mode qu’elle est abolie par une plus nouvelle, qui cède elle-même à celle qui la suit », nous enseigne malicieusement ce cher La Bruyère.

Or, force est de constater qu’un nouveau phénomène arrive chez des femmes n’hésitant pas à recourir à la chirurgie esthétique pour obtenir un visage émacié. « Les lignes arrondies, qui sont le propre du visage féminin, s’estompent, en effet, aujourd’hui, pour laisser place à un faciès masculinisé », explique, dans Le Figaro, le Dr Jérôme Paris, chirurgien de la face et du cou. Exit, donc, les divas hollywoodiennes aux traits harmonieux et aux courbes douces, depuis quelques années déjà, le phénomène androgyne est de mise et bien visible, tant sur les podiums que dans les campagnes de .

« La beauté est construite par la , selon des critères de luxe. C’est une beauté imposée, qui est censée faire envie afin de créer des stéréotypes. La beauté que l’on nous propose est une beauté artificielle », prévient la styliste Agnès B. Malgré cela, certaines, plus victimes que fashion, recourent aux pratiques chirurgicales allant de l’injection de la toxine botulique ou d’acide hyaluronique à la Bichectomie (comprendre l’ablation chirurgicale des boules graisseuses de Bichat au creux des joues). Qu’importent les règles de l’harmonie, pourvu que le résultat soit naturel !

Dans une époque faisant voler en éclats les notions de masculin et de féminin et exaltant la pluralité des identités, il n’est pas étonnant de constater ce phénomène d’androgénie généralisée. En outre, payer pour un physique amaigri quand vingt millions de personnes dans le monde sont menacées par la famine en dit long sur notre société égocentrée, riche et malheureuse, encore loin de toute forme de sobriété…

4 février 2020

BVoltaire.fr vous offre la possibilité de réagir à ses articles (excepté les brèves) sur une période de 5 jours. Toutefois, nous vous demandons de respecter certaines règles :

  • Pas de commentaires excessifs, inutiles ou hors-sujet (publicité ou autres).
  • Pas de commentaires insultants. La critique doit obéir aux règles de la courtoisie.
  • Pas de commentaires en majuscule.
  • L’utilisation excessive de ponctuations comme les points d’exclamation ou les points de suspension rendent la lecture difficile pour les autres utilisateurs, merci de ne pas en abuser !

Vous pouvez désormais commenter directement sur Boulevard Voltaire :

Pas encore de compte, inscrivez-vous gratuitement sur bvoltaire.fr

La possibilité d'ajouter de nouveaux commentaires a été désactivée.