[ÉDITO] Surprise : des « élus de terrain » supplient Gabriel Attal d’être candidat !
Il y a tout juste un mois, nous évoquions la probable candidature de Gabriel Attal à l’élection présidentielle avec, en préliminaire, le parcours quasi obligatoire : sortie d’un livre, entretien dans un grand hebdomadaire (ou grand entretien dans un hebdomadaire), passage au JT vespéral pour l’annonce faite au peuple. Pour l’instant, cette troisième étape se fait attendre, mais la Macronie 2.0 nous a réservé une surprise qui est tombée ce dimanche : l’appel de la base. Plus exactement des élus locaux. Cinq cents (en gros) viennent de signer une tribune dans La Tribune du dimanche et n’y vont pas par quatre chemins : « Nous souhaitons que Gabriel Attal soit candidat à la présidentielle. »
Gabriel Attal, l'homme qu'il nous faut
On vous la fait courte - vous êtes assez grands pour aller lire cette tribune. Gabriel Attal est tout simplement l’homme providentiel qu’il faut à la France : « Il est, pour nous, la personne dont notre pays a besoin. » Et, donc, concluent ces cinq cents : « Nous appelons à sa candidature à l’élection présidentielle. » L’enchaînement des deux prépositions « à » dans la même phrase n’est pas des plus heureux, mais tant pis, c’est un détail.
En tête de gondole, l’ancien LR Renaud Muselier, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et qui a fait de la lutte contre le RN le combat de sa vie. On y trouve aussi Thomas Cazenave, maire de Bordeaux et ancien ministre délégué des Comptes publics, ou encore Franck Riester, maire de Coulommiers et ancien ministre de la Culture. Des conseillers départementaux (dont des présidents et vice-présidents), des conseillers régionaux, des maires, des adjoints au maire, des conseillers municipaux. Pas de députés, pas de sénateurs, pas de députés au Parlement européen : que des élus représentant nos régions, nos départements, nos communes, « nos territoires », selon la formule consacrée. On oserait presque dire, en poussant un peu le bouchon, les représentants de la France d’en bas.
On imagine qu'Attal n'était pas au courant...
Là, il faut reconnaître que c’est plutôt bien joué. Un appel, en quelque sorte, du « sol natal », comme on disait autrefois. Du « terrain », comme on dit aujourd’hui. De mémoire, il nous semble qu’on ne nous l’avait jamais faite pour une présidentielle. Une sorte d’onction, de sacre, d’appel au couronnement par acclamation. Tant de spontanéité dans le geste – pardon, dans la geste – émeut quasiment aux larmes. Parce que, on est bien d’accord, il s’agit à l’évidence d’une initiative partie, comme ça, d’en bas. D’ailleurs, on imagine que Gabriel Attal n’était même pas au courant. Macron nous avait fait le coup de Jupiter, l’homme quasi dieu venant d’en haut, tout là-haut, transperçant les nuages de sa foudre et venant se pencher sur notre humble condition. Il nous avait fait du top-down, à défaut de Top Gun. On a vu le résultat. Attal, lui, ça n’a rien à voir. Tout le contraire. Si vous voulez, on est dans une sorte de démarche bottom-up, comme on aurait dit, naguère, en breefing, avec force slides dans l’open space de la start-up nation…
De la belle ouvrage
Alors, on imagine ici le tableau grandiose, certes un tantinet pompier, représentant la scène, tableau que notre ami Samuel Martin décrirait mille fois mieux que nous : des élus, montés à Paris des quatre coins du pays, dans leurs plus beaux atours, arborant leurs écharpes, saluant, leur chapeau à la main, et acclamant le jeune Gabriel lorsque celui-ci ferait son apparition au balcon (il faut un balcon, bien sûr). Et les édiles, comme aux plus grandes heures de l’Histoire de France, d’envahir l’immeuble où se tiendrait le prodige, escaladant quatre à quatre les escaliers en chantant la Marseillaise et déboulant dans le bureau de celui qu’il nous faut pour la France. Muselier prenant la parole, embrassant et suppliant Attal d’être candidat, LE candidat. Attal qui se résout à accepter, d’autant qu’il a sa petite idée pour gouverner la France. Franchement, de la belle ouvrage.
On aura compris que cette « initiative » ne doit pas faire plaisir à un homme déjà quasi candidat : Édouard Philippe, lui aussi, paraît-il, représentant de la France d’en bas, car maire du Havre. Il ne l’avait sans doute pas vue venir non plus, celle-là. Une dure lutte se prépare chez les héritiers de Macron. Ils sont donc cinq cents élus, aujourd’hui, peut-être mille demain, à réclamer Attal dont le bilan au gouvernement de Bercy à Matignon - c'est bien connu - est excellent. Cinq cents élus, autant dire une déferlante. La France compte plus de 560.000 élus…
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111 commentaires
Je n’arrive pas à croire que des élus supplient Attal L’arnaqueur doublé d’un menteur de se présenter. Dans se cas récupérons leurs noms pour les éliminer politiquement.