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Editoriaux - Politique - 4 février 2020

Benjamin Griveaux : à qui perd gagne ?

Dans la série « Bonnes idées pour les municipales à Paris » (saison 3, épisode 5), et après son Central Park à la française, vient de sortir la proposition de 1.000 « manageurs de rue », sorte de concierges affectés à quelques pâtés de maison pour signaler les problèmes à la mairie, « trottoir endommagé, lampadaire cassé », etc. Apparemment, Sciences Po a omis de lui rappeler combien, du IIIe Reich au Venezuela en passant par l’URSS, ce genre d’emploi a contribué aux pires dictatures.

Mais cette proposition discutable pourrait appuyer la récente hypothèse du journaliste du Point Sébastien Le Fol selon laquelle Macron n’aurait pas vraiment envie de conquérir Paris pour son camp. Parce que cela renforcerait encore l’image jacobine, centralisée, hors-sol et parisienne de son pouvoir : « On ne retiendrait qu’une chose : Macron, c’est Paris ! », la ville des bobos sur Amazon, par opposition à la France profonde des gilets jaunes, sur leboncoin, « une image catastrophique deux ans avant la prochaine présidentielle ».

Avec ce petit jeu du qui perd gagne, notre Président appliquerait donc à dessein la tactique qui a si bien réussi à la fausse droite depuis l’abandon de la mairie par Chirac : de Tiberi en Panafieu et en NKM, ne présenter que des petits bras face à la gauche.

Pour l’heure, les sondages donnent le maire sortant gagnant, suivi de Rachida Dati, Griveaux arrivant troisième.

Mais les prévisions sont délicates, car c’est une élection à trois tours, avec dix-sept joutes locales aux deux premiers (puisque les arrondissements 1 à 4 sont regroupés) et tous les coups fourrés possibles au dernier. D’autant que les outsiders n’ont pas dit leur dernier mot, puisque l’écolo de service et l’homme à l’araignée sur les revers (et parfois dans le plafond…) sont en train de se flairer les phéromones des glandes anales pour envisager un « mariage pour tous (les Verts) » qui pourrait faire mal.

Pour en revenir à Griveaux, un commentateur du Point fait une remarque moins anodine qu’il n’y paraît. Quoique fort avenant, son visage présente deux « sillons nasogéniens marqués », ce qui provoque facilement, dès qu’il sourit, l’impression subliminale qu’il se moque de vous.

Même si c’est réellement le cas de beaucoup de responsables politiques, il vaut toujours mieux que ce ne soit pas trop évident…

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