[ENTRETIEN] Crépol : « Cette situation nourrit l’idée d’une volonté d’étouffer l’affaire »

Une décision judiciaire contestée qui relance le débat sur l’impartialité du traitement du racisme.
Laurent de Béchade

Nouvelle décision, nouvelles interrogations. La cour d’appel de Grenoble a de nouveau refusé la constitution de partie civile à plusieurs associations dans l’affaire de Crépol. Une décision qui s’inscrit dans la continuité des précédentes positions de la juridiction et qui relance le débat sur les conditions de recevabilité des associations antiracistes dans ce dossier.

Au cœur des critiques : une interprétation jugée particulièrement restrictive, malgré des éléments évoqués au cours de l’instruction. Laurent de Béchade, président de LÉA (Lutte pour l’égalité dans l’antiracisme), répond aux questions de Boulevard Voltaire.

Yann Montero. La cour d'appel de Grenoble a, de nouveau, refusé la constitution de partie civile de l'AGRIF dans l'affaire de Crépol, dans le prolongement du refus pour LÉA. Comment expliquer cette décision ?

Laurent de Béchade. La cour d’appel de Grenoble a de nouveau adopté une interprétation particulièrement restrictive des conditions de constitution de partie civile. Selon elle, l’attaque ainsi que les propos racistes tenus ne présenteraient pas un caractère aveugle et indifférencié. Cette décision est parfaitement inhabituelle, car lorsqu’un groupe arrive en déclarant « On va planter des Blancs », il ne vise pas des individus en particulier, mais bien une communauté dans son ensemble.

Les juges s’écartent des interprétations habituellement admises dans des situations comparables, notamment lorsque d’autres groupes ethniques sont ciblés. Concrètement, cela implique que la constitution de partie civile repose désormais sur l’accord préalable des victimes. Cette exigence n’est pas si facile à satisfaire, compte tenu du décès de Thomas Perotto et du grand nombre de personnes concernées lors de l’attaque.

 

Y. M. La presse et les fuites judiciaires évoquent des propos comme « sale gwer » ou « on va planter du Blanc ». Peut-on y voir un deux poids deux mesures ?

L. d. B. Exiger l’accord des victimes dans un tel contexte est d’autant plus absurde que le caractère aveugle de l’attaque semble manifeste. Surtout, la question du caractère indifférencié de l’attaque devrait être tranchée au fond, lors du procès, et non en amont, au stade de l’instruction. Cette situation déroutante nourrit l’idée qu’il y aurait une volonté d’étouffer l’affaire.

Ce qui est certain, c’est que cette situation produit l’effet inverse de celui recherché. Au lieu de traiter ce dossier comme une affaire de racisme ordinaire, elle alimente des théories complotistes, attise les tensions et radicalise le débat. Le plus terrible, c’est que cela va à l’encontre de la volonté des victimes elles-mêmes qui demandent expressément que cette dimension soit reconnue.

 

Y. M. Le racisme « anti-Blanc » est-il aujourd'hui reconnu et intégré dans les décisions de justice rendues dernièrement, notamment au travers des actions que vous menez avec votre association LÉA ?

L. d. B. Notre association n’a la possibilité de se porter partie civile que depuis quelques années seulement, et nos premières actions judiciaires ont été engagées il y a un an et demi. Contrairement à une idée répandue, la Justice reconnaît bien la circonstance aggravante de racisme lorsque les victimes sont blanches. Des affaires connues existent depuis au moins le 21 janvier 2014

Simplement, la Justice ne parle pas de « racisme anti-Blanc » : elle retient le racisme comme circonstance aggravante, sans distinction de couleur de peau. C’est une approche qui reste saine et universaliste. La principale difficulté tient plutôt au fait que les victimes portent rarement plainte, beaucoup sont résignée, et certaines se sentent même stigmatisées lorsqu’elles osent en parler.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30/04/2026 à 11:16.
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Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire

Vos commentaires

17 commentaires

  1. Les magistrats de première et seconde instances devraient se rappeler qu’ils sont là pour appliquer la loi, et non pas pour l’interpréter (ça, c’est le boulot de la Cour de Cassation et du Conseil d’Etat). A quand des mesures rendant les juges pénaux responsables de leurs décisions?

  2. La justice !!!! le personnel payé par nos impots
    A quand une commission d’enquête sur la partialité gauchiste des juges ? les collusions dont il ne se cachent même pas ?
    combien de juges dans des associations de tout poil ? la ligue des droits de l’homme, WWF, les Lions’clubs, les rorary clubs, la francmaçonnerie etc……..où les décisions de justice sont rendues au préalable, et non pas dans les palais de justice

  3. Tout le monde sait que la justice est composée de militants de gauche (le Syndicat de la Magistrature, 30% qui ne s’en cachent pas), de gens qui s’en foutent du moment qu’ils peuvent ronronner dans leur coin, et de ceux qui n’en pensent pas moins mais qui s’écrasent pour ne pas nuire à leur carrière ou par peur des insultes et des menaces, pour eux ou leur famille… C’est ce qu’on appelle « l’indépendance de la Justice »…Dans un premier temps, Il faudrait y interdire les syndicats (comme dans l’armée), obliger les juges à justifier leurs décision, les en rendre responsables et surtout leur rappeller qu’ils sont là pour appliquer la loi et non pas pour « l’interpréter » en fonction de leurs opinions politiques.

    • Arretez , bougre d’anes , de vous focaliser sur le sybdicat de la magistrature ! C’est l’arbre qui cache la foret …Le syndicat majoritaire tres Midem et centriste est tout à fait alugné sur la vision Rousseauiste qui prétend que l’homme nait bon mais que c’est la société qui le pervertit …. 80 % des juges sont en réalité des crypto communistes ou socialistes qui vivent comme de bons bourgeois tout en participant à la destruction lente mais systematique des fondements hellenistico-chretiens de notre société .

  4. Quand va t on interdire que des juges soient syndiqués pour éviter les influences corporatives et politiques ?? Planter du blancs ,ce n’est pas grave !!Si cela avait été l’inverse question couleur ,je pense que cela serait traité différemment !!

  5. Même parmi ceux qui ne sont pas encartés au syndicat de la magistrature, beaucoup de juges sont sous son influence, ce qui explique beaucoup de décisions. Donc bien évidemment ils rendent des décisions qui permettent de ménager ce syndicat hyper puissant et extrême gauchiste.
    A quand la fin de la syndicalisation des magistrats ?

    • Le jour ou les politiques auront suffisamment de « couille » pour le faire , mais ce n’est pas demain la veille que cela arrivera, car ils ont trop peur des retombés que ce « syndicat » au travers des juges pourrait mettre en oeuvre contre eux; il est sur et certains que des dossiers noirs existent contre les politiques dans ce syndicat.

  6. Dire que le racisme anti-blanc existe serait convenir qu’il existe sur notre sol une population qui déteste les blancs et ne veut pas vivre ensemble avec eux. La célèbre théorie du « vivre-ensemble » s’effondrerait.

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