Armées - Editoriaux - Histoire - Politique - Presse - Société - 13 juillet 2015

Faut-il supprimer le défilé militaire du 14 juillet ?

Comme chaque année, il se trouve des journalistes pour poser la question de l’intérêt d’un défilé militaire le 14 juillet.

L’année dernière, c’était Hervé Gattegno, sur les ondes de RMC/BFM TV qui, pour son dernier “coup de gueule”, avait proposé cette suppression. Cette année, c’est M6 qui reprend l’idée en demandant aux internautes : Faut–il supprimer le défilé militaire du 14 juillet ?

Il est rassurant de voir que les deux tiers de nos concitoyens ont répondu par la négative à la question. Néanmoins, il se trouve un dernier tiers pour ne plus vouloir de “la revue” comme on disait au début du XXe siècle. Aussi est-il temps de remettre les pendules à l’heure et de montrer la raison mais aussi la nécessité d’une telle parade.

Un peu d’histoire : le défilé de la fête nationale a été inventé en 1880 par la République, dix ans après la défaite de Napoléon III contre la Prusse. Le but était de montrer le redressement de la France et l’objectif caché : la future reconquête de l’Alsace Lorraine. Ce jour n’avait pas été choisi au hasard, il reprenait la fête de la Fédération du 14 juillet 1790, rassemblement qui vit Louis XVI jurer le maintien de la Constitution décidée par l’Assemblée nationale. À cette occasion défilèrent 14.000 soldats fédérés de la Bastille au Champ de Mars.

Aujourd’hui, les motivations majeures pour faire perdurer cette journée sont les suivantes :

D’abord, établir un lien charnel, indéfectible qui unisse la population française à son armée. Même si la défense ne compte plus d’appelés dans ses rangs, toutes les familles françaises ont un attachement avec le milieu militaire. Il suffit pour s’en convaincre de voir la foule des spectateurs anonymes qui se presse et se bouscule au passage des troupes sur les Champs Elysées.

Ensuite, la présence de nos armées à travers le monde. Au moment où j’écris, c’est plus de 11.000 militaires qui sont engagés en opérations extérieures (OPEX), notamment au Mali, en Centrafrique, en Côte d’Ivoire, au Liban mais aussi qui sont prépositionnés en vertu d’accords de défense avec des pays amis. Ils sont les soutiens de notre politique étrangère et la démonstration de la présence française dans la lutte contre les forces islamistes sur le sol africain.

La troisième raison est consécutive aux attentats de janvier 2015. Depuis ce début d’année, le plan Vigipirate est passé au “Rouge renforcé”, entraînant la répartition d’unités sur de nombreux points sensibles du territoire national. L’objectif étant d’annihiler par des gardes statiques la menace terroriste sur notre sol. À cette occasion, les populations urbanisées, peu habituées à la présence militaire, ont pu se rassurer et mieux juger de leur utilité face à l’islamisme radical.

La dernière est morale, car l’Armée et ses corps d’officiers, de sous-officiers, ses militaires du rang incarnent des valeurs fortes qui malheureusement se dissolvent dans la société moderne tels l’honneur, le sens de la parole donnée, la loyauté, l’amour de la patrie. Ces valeurs forment un rempart qui protège les citoyens des mensonges, parjures et malhonnêteté en tout genre, si communs aujourd’hui. Et puis même les antimilitaristes doivent le reconnaître, le seul métier où l’on doit être prêt à donner sa vie à tout moment est le métier des armes.

Voilà qui démontre combien il est important qu’un jour par an, dans un élan commun, l’armée et le peuple de France se rencontrent et communient. Quant à vouloir supprimer un défilé, j’ai bien une petite idée : du côté de ceux qui divisent plutôt qu’ils ne rassemblent…

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