Audio - Editoriaux - Polémiques - Politique - 15 octobre 2018

Erik Tegnér : “Nous ne devons pas prendre le risque d’élire un président des Jeunes LR qui pourrait avoir triché”

Au lendemain de l’élection à la tête des Jeunes Républicains d’Aurane Reihanian, accusé d’avoir voulu frauder, Erik Tegnér, qui avait été écarté de ce scrutin, réagit au micro de Boulevard Voltaire.

Aurane Reihanian a officiellement été élu président des jeunes Républicains par les militants. Cette élection devrait être validée par le bureau politique.
Reconnaissez-vous la victoire de Aurane Reihanian?

J’ai découvert samedi dans le JDD, comme beaucoup de militants des jeunes Républicains, les propos effarants de Aurane Reihanian et d’un responsable des jeunes de l’Allier. Ils expliquaient comment ils comptaient truquer l’élection pour la présidence des jeunes Républicains. Ces propos ont été divulgués dans la presse. Ils sont très clairs. Ils sont entendus et certifiés.
On ne peut donc pas reconnaître cette élection. Je suis profondément choqué et triste pour mon parti. Nous avons souvent été accusés d’affairisme, avec notamment l’affaire Bygmalion.
Il faut aujourd’hui renouer avec de nouvelles pratiques. Je considère extrêmement grave de donner un tel exemple à nos jeunes.
En revanche, je tiens à préciser une chose. Aurane Reihanian n’a pas été élu. C’est le bureau national de sa liste qui a été élu. Statutairement, aujourd’hui, le bureau national va devoir élire quelqu’un. Il n’est pas obligé d’élire Aurane Reihanian. Je suis triste pour ce bureau national, car il doit être déçu de l’attitude de Aurane Reihanian. Ils doivent comprendre qu’ils sont responsables de l’image que nous donnons. Ils ont le droit de choisir une nouvelle personne pour être présidents des jeunes Républicains. Je pense notamment à Thomas Tihy. Il a montré son exemplarité, notamment en tant que RDJ en Vendée.


L’enregistrement de Aurane Reihanian est très compromettant pour lui. Il a parlé de choses qu’on pouvait faire pour truquer une élection. Ce ne sont que des mots. Il n’y a pour le moment aucune preuve d’un quelconque trucage…

Effectivement, il n’y a pas de preuves aujourd’hui, mais il y a une suspicion. Ce type de choses est passible d’une enquête pénale. C’est la raison pour laquelle nous ne devons pas prendre le risque d’élire un président des jeunes Républicains qui pourrait avoir triché. L’intention est assez importante. Nous avons 24, 25 ans, nous faisons de la politique pour les idées et pour nos valeurs. Je trouve totalement dépassé d’avoir en tête l’idée de truquer une élection. Ce mouvement des jeunes est en perdition. Il ne reste que 3000 ou 5000 jeunes Républicains. L’enjeu n’est pas la présidence de la République, les enjeux ne sont pas si énormes.
Être capable de tenir de tels actes ou en tout cas de les imaginer pour une élection si dérisoire, montre à quel point certaines personnes de ce parti sont malheureusement tombées dans la logique d’avoir des postes. C’est une logique d’apparatchik et non plus un engagement sur les idées.
Je m’attendais à ce qu’il y ait des tentatives de fraudes. J’ai moi-même été évincé de cette campagne. Je note malgré tout que depuis que nous avons été évincés, nous faisions une campagne basée sur les idées, sur le fond, et notamment sur cette logique de dialogue entre toutes les droites. Il n’y a pas eu de type de polémiques. J’ai été évincé et ensuite ces polémiques sont sorties. À force de chasser les vraies questions de fond, on retombe toujours dans cette logique d’apparatchik.


Le fait que vous ayez été évincé comme vous dîtes était pourtant conforme aux règles du parti.

C’est toujours dans la subtilité. Les statuts devaient être modifiés depuis des mois. C’est en tout cas ce que disait Laurence Arribagé, la responsable de la réforme des statuts. Elle avait fait un premier rapport à Laurent Wauquiez préconisant cette suppression des 15 parrainages de responsables jeunes. Ces 15 parrainages de responsables jeunes avaient été déterminés quand il y avait encore 90 responsables jeunes sur la France. Il n’en reste plus qu’une cinquantaine aujourd’hui. Il était donc impossible de les avoir, surtout sur un délai aussi court. Les candidats pour la présidence des fédérations avaient les règles depuis le mois de juin, alors que nous ne les avons eus que 15 jours avant. C’est la raison pour laquelle il était compliqué pour Charles Henri Alloncle de gagner alors qu’il a fait une très belle campagne.
Chez les Républicains, c’est toujours la même chose. Il y a de la subtilité, les choses ne sont pas flagrantes. De même on ne peut pas prouver qu’Aurane Reihanian a bel et bien triché, je pense qu’il faut faire marcher cette idée du doute.
Il y a un immense enjeu. Seuls 9 % des jeunes ont voté pour François Fillon. La droite aujourd’hui n’a plus d’entrain et ne sait plus convaincre. Il y a un vrai manque de crédibilité. On ne doit plus se permettre ce type d’actes, ou en tout cas d’avoir de la suspicion sur de telles fraudes.

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