Réac et raciste ? Complément d’enquête lâche les fauves sur Bruno Retailleau
Complément d’enquête ne déçoit jamais. En ayant le cœur bien accroché, certes, l’émission phare de France Télévisions peut même être regardée comme un divertissement. Le dernier numéro sur le président des Républicains, diffusé ce jeudi 11 juin et intitulé « Bruno Retailleau, en croisade pour l’Élysée », est un modèle du genre. D’ailleurs, à la lecture de ce titre chevauche déjà, dans votre tête, un templier sanguinaire chassant les Sarrasins de Jérusalem.
Prenons, par exemple, la question du voile. Complément d’enquête fait une compilation des propos de l’ancien ministre de l’Intérieur. Lors d’un meeting contre l’islamisme, ce dernier lance devant une salle acquise : « Vive le sport et donc à bas le voile, bien sûr. » S'enchaîne un plateau de LCI, en 2025, où la situation à Mayotte est évoquée : « Je pense que le voile est utilisé pour dire "on n’est pas comme vous" et surtout comme un signe de l’apartheid. [...] Or, ce sont des musulmans, ils sont noirs, voilà. » Et l'extrait d'une émission tournée en 2024 : « Je pense qu’une société multiculturelle - on le voit aux États-Unis - comporte des risques de devenir aussi une société multiraciste. »
« Ce sont des musulmans, ils sont noirs »
Après cette séquence apparaît, dans une musique mélodramatique, une avocate, Khadija Aoudia, qui a porté plainte contre le sénateur de Vendée « pour discrimination et incitation à la haine ». Et Complément d’enquête d’expliquer que la juriste a « compilé 15 phrases que [Bruno Retailleau] a prononcées dans l’exercice de ses fonctions et qu’elle juge délictueuses ». Pourtant, la séquence du débat sur LCI prise dans son entièreté dit tout l’inverse de ce que tente de faire croire le service public. Celui qui vient alors de prendre ses fonctions à la tête du ministère de l’Intérieur évoque la situation à Mayotte où, sur « un petit territoire, la situation est totalement déséquilibrée par les flux migratoires. Or, ce sont des musulmans, ils sont noirs. » L’homme politique tente de faire la démonstration que les difficultés liées à l’immigration ne tiennent pas intrinsèquement à une religion ou une couleur de peau mais que ce sont bien le nombre et le caractère submersif qui créent une situation intenable. « Aucune société, quelle que soit la culture, ne peut supporter une proportion où il y a une submersion », explique l’ancien locataire de Beauvau.
« C’est un vrai réactionnaire »
« L’immigration n’est pas une chance pour la France. » Enfer et damnation : il l’a dit. Reprenant, mot pour mot, Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine. « Ce qui a tué la droite, pendant très longtemps, c’est que parce que le RN disait quelque chose, ce parti s’interdisait de le dire », justifie François-Xavier Bellamy, interrogé en seconde partie d’émission en tant qu’eurodéputé LR, proche de Bruno Retailleau, qu’il défend bec et ongles. « Ses paroles ne blessent que le politiquement correct », contre-attaque le parlementaire.
« C’est un vrai réactionnaire. » La belle affaire. Qui de mieux placé pour faire passer Bruno Retailleau pour un affreux épouvantail tout droit sorti du Moyen Âge qu’une parlementaire écologiste ? Pour la sénatrice Mélanie Vogel, son collègue au palais du Luxembourg - qui a voté contre l'interdiction des thérapies de conversion, la constitutionnalisation de l’IVG, très engagé contre le mariage homosexuel - dessine le portrait d'une France « traditionnelle, conservatrice, qui n’a jamais été la France en vrai ». Autre drame : Bruno Retailleau a eu le malheur d’évoquer l’association Némésis en conférence. « Bravo pour votre combat, vous savez que j’en suis très proche. » Damned! Le journaliste s’interroge alors sur de tels propos tenus à l’endroit d’un « groupuscule radical, régulièrement accusé de racisme et de xénophobie ».
La ficelle est grosse
En revanche, au milieu de ce mauvais feuilleton, il y a une accusation très sérieuse : Bruno Retailleau aurait-il triché, lors d’une épreuve du jeu télévisé Intervilles, en 1997, alors que le Puy du Fou, dont il est alors un des dirigeants, affronte le Pays d’Ancenis ? Peut-on véritablement prétendre diriger la France quand on a triché à la crapette rapide contre sa cousine à 15 ans ? Voilà où le service public en est réduit. « C’est d’une pauvreté confondante. Personne n’en a cure », a réagi Julien Aubert, vice-président LR.
« C’est une méthode à charge sans charge, c’est affligeant et médiocre », balaie-t-on, dans l’entourage du candidat à la présidentielle. « Bruno Retailleau est un homme de droite, en gros », ironise, auprès de BV, son équipe qui dénonce « les méthodes lamentables » et le « biais idéologique » du service public. « Le tout, financé par nos impôts. » Il faut dire que la ficelle est grosse, pour une enquête qui a duré, selon nos informations, plus de six mois. Témoins à charge, jamais de contrepoint, conversations téléphoniques enregistrées, séquences coupées, tronquées. Le service public dénoncé par les travaux de Charles Alloncle, en somme.
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85 commentaires
Je ne suis pas convaincu par l’honnêteté intellectuelle et morale de M. Retailleau qui est pour moi avant tout un LR, c’est à dire un arriviste, un ambitieux obsessionnel prêt à tout pour obtenir toujours plus de pouvoir personnel… Je crois d’ailleurs me souvenir qu’il a assez salement trahi M. De Villiers qui était alors son mentor…
In fine, c’est une bonne pub pour B Retailleau …
le vrai problème ce n’est pas ce que dit « complément d’enquête » le vrai problème c’est le militantisme unilatéral avec de l’argent public.
C’est tout.
La seule solution c’est la privatisation et la suppression de l’Arcom qui ne sert qu’à faire semblant de fiabiliser le système.
Après ,chacun choisira en toute connaissance la chaine ou la radio qu’il voudra, en sachant quelle est sa tendance.
A la rigueur on pourra garder si on veut une chaine directement gouvernementale. Ce sera la chaine officielle qui garantira au pouvoir en place (quel qu’il soit) qu’il pourra à tout moment faire dire la parole officielle.
Ensuite à la justice de jouer son rôle et de sanctionner, sur plainte, les abus par rapport aux principes républicains (racisme, diffamation etc..) .
Aussi simple que cela et cessons les discussions qui ne sont que tergiversations… pour ne rien faire.
Il est grand temps que monsieur Retailleau choisisse enfin son camp . Il lui faut faire preuve d’un peu de suites dans les idées et de courage .
Jacques Cardoze vient d’écrire un livre dont le titre est « Les Inquisiteurs », en tant que ancien rédacteur en chef du magazine complément d’enquête il explique comment les journalistes procèdent pour leurs enquêtes, nous allons voir la réaction de France 2 sur son récit.
Ras le bol de la « dite droite » , toutefois, j’espère que Retailleau n’a pas accepté une paire de chaussettes en cadeau !!
Pour moi, l’offre télé se réduit de plus en plus. Plus de Complément d’enquête depuis longtemps. Plus de Patrick Cohen où qu’il soit. J’arrête mais je dis ça pour savoir si en lui expliquant mon problème, Mr Lecornu me ferait une ristourne sur mes impôts
Normal que Mayotte, qui n’en demeure pas moins une ile française territoire d’Outre Mer, citoyen noirs et musulmans puissent conserver sa culture et sa religion Musulmane… toutefois il serait nécessaire, voir indispensable que ces « TOM » qui se vivent plus Mahorais que Français (on ne leur en voudra pas) comprennent que la métropole c’est pas comme ca… déjà on est à majorité blanc de peau, et de culture chrétienne avec un état (gouvernance) laïque…pas si simple à comprendre même pour les français lambda.
C’est « bien » de respecter les valeurs des citoyens de nos « DOM », mais il faudrait leur apprendre à respecter les nôtres quand ils viennent s’installer en métropole…
il y a 50 ans, Madame Zaïna M’déré à la tête des Mamas de l’ile de Mayotte, était allée sur Pamanzi où l’ineffable ali soihili (breveté agronome de l’institut Patrice Lumumba à Moscou) avait tenté une incursion avec le DC3 d’air Comores avec une cinquantaine de « mapindouzes » gardiens de sa révolution …
Les Boini équipées de leurs « tchouguii » (sabre d’abattis local) n’avaient pas engagé une longue discussion …
les 1ers envahisseurs remontèrent courageusement dans l’avion ! araka araka !
Mayotte comptait alors 12.000 habitants ! l’île était convoitée par les Comoriens et autres Anjouanais
aujourd’hui , outre ces derniers, les envahisseurs sont nombreux issus de Mozambique et d’ex Rhodésie etc … même religion, et physique non différencié
Ce monsieur n’a pas voulu choisir entre Macron et Marine Le Pen en 2022, récompensé par un ministère en 2024.