Un dealer jette une jeune fille dans la Seine. C’est bon pour le tourisme !

Lundi dernier. Encore trois chances pour la France ! Trois jeunes dealers en mal de touristes draguaient sur les quais d’Austerlitz, dans le 13e arrondissement, dans l’espoir de trouver un acheteur de leur détestable cargaison. Il est minuit trente lorsqu’ils aperçoivent trois jeunes filles qui se promènent dans la fraîcheur de la nuit.

Sans hésiter, les trois « djeunes » les accostent et leur proposent de leur vendre leur stupéfiant. Les jeunes filles ne leur répondent même pas et poursuivent leur balade, sans se douter que leur refus allait se terminer par un drame. Un drame qui aurait pu leur coûter la vie.

L’un des « djeunes » revient sur ses pas, sans se presser, mais très déterminé dans son agressivité. Quelques paroles du genre « Achète ou tu vas le regretter », et c’est effectivement le drame. Le dealer agrippe par le bras l’une des jeunes filles et la précipite dans la Seine ! Un crime délibéré. Une agression violente. Le dealer s’enfuit avec ses « potes ». Les deux amies se mettent à hurler pendant que leur camarade se débat dans les eaux noirâtres du fleuve, heureusement assez bien éclairées. Mais l’agression ne se terminera pas tragiquement. Le vigile de la Cité de la mode et du design a entendu les cris. Il prévient aussitôt la brigade fluviale toute proche, qui intervient dans les minutes qui suivent pour sauver de la noyade la malheureuse, qui s’en sortira finalement avec une grosse émotion. Transportée à l’hôpital Lariboisière, elle n’y restera que quelques heures en observation.

C’est au commissariat du 13e arrondissement qu’a été confiée l’enquête. En attendant, les jeunes dealers courent toujours. Ils éviteront encore quelque temps les fameux quais de Seine mais continueront à s’adonner à la chasse aux touristes une bonne partie de cet été.

L’an dernier, en octobre, une scène identique avait eu lieu sur l’île Saint-Louis. Cinq « jeunes » avaient assailli une adolescente de 17 ans qui pique-niquait sur la berge. Après l’avoir rouée de coups et volée, ils l’avaient jetée dans le fleuve, tel un vulgaire paquet. La jeune fille avait réussi à se hisser sur le quai. Ses agresseurs, dont une jeune fille de son âge, n’ont jamais été retrouvés.

Et lorsque l’on compare ces deux tentatives d’assassinat à celle qui coûta la vie, en 1995, à Brahim Bouarram, un Marocain de 29 ans jeté dans les mêmes eaux par un groupe de néonazis qui suivait le défilé du Front national, on ne peut que s’étonner de la différence de traitement médiatique et surtout politique. Après le drame de lundi dernier, pas un mot de compassion n’a été émis par le pouvoir en place, ni même par les partis politiques.

Certes, la jeune fille n’est pas morte, mais il s’agissait bien d’une tentative d’assassinat par des dealers qui trafiquent en totale liberté et impunité dans nos rues. Une raison supplémentaire pour expliquer que les touristes sont de moins en moins attirés par ce qui fut la ville Lumière et qui, devant le laxisme extrême du pouvoir, est devenue la ville de tous les dangers.

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