La fête de la Musique transformée en meeting LFI : faut-il la supprimer ?

Car, hélas, trois fois hélas, la musique est désormais nulle part et le foutoir partout.
©Shutterstock
©Shutterstock

Pour emprunter au regretté Philippe Muray, on se souvient que « l’Homo festivus » naquit avec l’élection de François Mitterrand. Ainsi, tous les 21 juin depuis 1982, appliquant le concept « la musique sera partout et le concert nulle part », les citoyens descendent dans la rue pour s’y agiter bruyamment. Car, hélas, trois fois hélas, la musique est désormais nulle part et le foutoir partout.

Tout comme nous étions réputés être « passés de l’ombre à la lumière » (Jack Lang dixit), nous étions tous devenus Mozart ou Ben Harper. « Sans hiérarchie de genre ni d’origine », disaient alors les théoriciens du paradis socialiste, les Français et assimilés allaient découvrir « une libération sonore, une ivresse, un vertige qui sont plus authentiques, plus intimes, plus éloquents que l’art ».

Quand les fauves sont lâchés

Au début, on a joué le jeu : chœur d’oratorio de Paris et Bagad de Lann-Bihoué dans la cour des Invalides, Chœurs de l’armée et Johnny Hallyday sous la tour Eiffel, l’école de musique de Romorantin sous la pyramide (celle de Romorantin, pas celle de Peï)… et puis ça a dégénéré. Les fauves étaient lâchés, la chienlit la plus débridée allait s’emparer de la rue.

Quarante-quatre ans plus tard, la fête de la Musique est à l’image de son créateur : terriblement encombrante. Si vous voulez comprendre l’allusion, regardez l’arrivée de Jack Lang aux obsèques de Bernadette Chirac. Spectre errant dans son grand manteau noir, il cherche en vain des mains à serrer. Tout le monde se détourne. L’époustouflant ministre de la Culture à vie sent le soufre. Il n’y a que le croque-mort, habitué à l’au-delà, qui veut bien lui tendre la main.

Devenue, elle aussi, l’ombre de ce qu’elle prétendait être, la fête de la Musique n’est plus qu’un prétexte à débordements. Vols avec violence, bagarres, piqûres… sont désormais le lot des fêtards. L’an passé, 371 personnes ont été interpellées la nuit pour différents délits, dans un Paris livré aux barbares et aux pilleurs après le « concert populaire » des Tuileries.

Bilan de la soirée festive dans la capitale : 13 membres des forces de l’ordre blessés, 14 personnes en urgence absolue et 1.500 personnes secourues en urgence relative, dont de nombreuses femmes « piquées » qui ont dû subir à l’hôpital des analyses toxicologiques. Quant au décompte des pompiers, il faisait état de 39 feux sur la voie publique et 51 feux de véhicules.

Et maintenant, « la fête de la Musique antiraciste » de LFI

Pour cette année 2026, dernière avant l'élection présidentielle, le parti de Jean-Luc Mélenchon entend transformer la fête de la Musique en meeting politique, sur la place de la République bien sûr, puisque « la République, c’est lui ! ». Manuel Bompard l’avait dit lors du rassemblement à Saint-Denis, le 7 juin dernier : « On veut essayer de faire de la campagne un moment de bouillonnement culturel. » Pas sûr que le mot « culturel » soit le plus approprié, sachant que la soirée débutera par « une grande marche contre le racisme et toutes les formes de discrimination » menée par le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.

On vous passe la liste des artistes invités, entre influenceurs militants, drag-queens et autres rappeuses engagées « contre la misogynie et le Rassemblement national ». Il faut donc être bien naïf comme Yonathan Arfi, président du CRIF, pour s’interroger : « Pourquoi laisse-t-on LFI s’approprier la place de la République, un soir de fête de la musique ? » Parce que la chienlit est un mode de gouvernement, peut-être, en tout cas celui de ce gouvernement-là ? « Pour LFI, la musique n’est pas une fin, c’est un moyen, au service d’un agenda politique. Car LFI n’est pas une association culturelle. C’est un parti politique, avec une idéologie populiste, qui divise et antagonise les Français », poursuit , avant de conclure : « Ce concert est légal, mais est-il pertinent pour la démocratie ? »

La réponse est dans la question, et si M. Nuñez a autorisé l’événement, c’est bien parce qu’il arrange ses minables calculs et ceux du chef de l’État. Main dans la main avec Jean-Luc Mélenchon et sa nouvelle France.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

41 commentaires

  1. Dans l’esprit torturé de Jack Lang qui déteste les cérémonies chrétiennes,il s’agissait d’éliminer les feux de la Saint-Jean,prétexte de bacchanales pas forcément religieuses(le solstice d’été)afin de le remplacer par un amusement populaire qui ferait l’unanimité.
    Désormais,on n’élève plus un immense bûcher pour entretenir une vieille tradition mais on impose une fête qui devient l’alibi des détrousseurs,le subterfuge des violences gratuites avec la » bénédiction » de nos chasseurs de mémoire.

Commentaires fermés.

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

Que les familles des victimes parlent est très compliqué pour le gouvernement
Gabrielle Cluzel sur CNews
Vidéo YouTube

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois