[MEDIAS] Delahousse / Biétry : promotion décomplexée de l’euthanasie sur France 2
Nouvelle opération de propagande sur l’audiovisuel public. Ce dimanche soir, Laurent Delahousse a diffusé dans son émission 20h30 le dimanche une longue interview de Charles Biétry, enregistrée quelques jours plus tôt en Bretagne. L’occasion de revenir sur la carrière de l’ancien directeur des sports de Canal+, de dévoiler son pronostic pour la prochaine coupe du monde de football, mais aussi et surtout de relayer ses revendications sur ce qu’il nomme une fin de vie « apaisée ». « Il se bat pour lui et pour celles et ceux qui revendiquent le droit à mourir dans la dignité », explique Laurent Delahousse, le ton grave. Quelle noirceur faudrait-il avoir au fond de son cœur pour s’opposer à un tel combat…
Charles Biétry, son combat pour une fin de vie apaisée. Il témoigne dans #20h30LeDimanche
Rendez-vous ce soir avec @LaurentDelahous pic.twitter.com/xTly6x4giw
— 20h30 (@20h30_france2) June 14, 2026
Atteint de la maladie de Charcot depuis 2022, Charles Biétry a perdu l’usage de la parole, mais grâce à l’intelligence artificielle, sa voix porte encore et se fait entendre. « Je suis toujours vivant, Laurent ! », s’exclame le malade, apparemment étonné d’être encore de ce monde. « Vivant mais, vous le dites vous-même, pas à tout prix. Pas prêt à tout subir ! », le reprend alors le journaliste, comme si les propos s’écartaient trop à son goût du pathos attendu. « Vous avez ces mots : "À la mort, je ne veux pas ajouter la crainte de la mort, je ne veux pas souffrir inutilement, je ne veux pas étouffer et faire souffrir mes proches". Vous voulez une fin de vie apaisée. » Et l’octogénaire de réitérer son désir de ne pas « agoniser sur un lit d’hôpital », tandis que ses proches « pleurent dans le couloir, attendant un dernier souffle libérateur qui peut mettre des semaines à venir ». On peut le comprendre, mais n’est-ce pas là le sort malheureux et bien naturel de millions de familles ? Ces Français manquent-ils pour autant de « dignité » ?
Pas le temps d’aller plus loin dans la réflexion, Laurent Delahousse est déjà passé à une autre question orientée : « À ce jour, compte tenu de la loi en France, vous avez fait le choix de partir en Suisse. Avez-vous le sentiment que l’inertie politique ici en France vous oblige finalement à choisir entre souffrir ici ou mourir ailleurs ? ». L’opinion du journaliste à la mèche rebelle sur le sujet paraît implicite. La séquence se poursuit par un rapide hommage au député socialiste Olivier Falorni, rapporteur général de la loi sur la fin de vie, puis par une allusion aux prochains contenus militants de l’audiovisuel public. « Merci Charles, je précise qu’on pourra vous entendre dans un podcast, à partir du 22 juin sur l’application de Radio France », annonce Delahousse, déjà remis de ses émotions. On attend toujours le "contradictoire" sur ce sujet ultra-sensible et très disputé : la chaîne publique, financée par des pro et des anti-euthanasie, toujours prompte à donner des leçons de journalisme, ne s'est pas donné la peine d'aller chercher un avis divergent.
Une mécanique bien huilée
Relayée aussitôt par le service presse de l'Association pour « le #DroitdeMourirDanslaDignité », cette interview a été promue par un nombre impressionnant de médias amis. Elle a fait l’objet d’un article larmoyant sur la chaîne sœur, France 3, qui a salué le courage de Charles Biétry dont la « dernière bataille » serait de faire reconnaître « le droit à mourir dans la dignité ». Femme actuelle n’a pas boudé non plus les « confidences bouleversantes » de Biétry, ni son combat en faveur d’une loi qui permettrait d’« éviter aux malades d'avoir à mourir loin de chez eux »… Même accueil dans le reste de la presse people : le « témoignage sincère » de Charles Biétry sur un « sujet fort » (Purepeople), un « témoignage bouleversant » (Closer), un Laurent Delahousse « envahi par l’émotion » (Gala) devant cette « volonté farouche de de défendre la liberté de choix sur la fin de vie » (OhMyMag)…
"Je ne veux pas mal mourir. Agoniser sur un lit d'hôpital, inerte, c'est non, non, non !" #CharlesBiétry, atteint de la maladie de Charcot, a livré un nouveau plaidoyer en faveur de la légalisation de l'aide à mourir. @LaurentDelahous
🗳️ Vote définitif de la loi le 15 juillet. pic.twitter.com/Nkv23itcJh— ADMD - Service Presse (@ADMDPRESSE) June 15, 2026
C’est peu dire que Charles Biétry est présent dans l’espace médiatique. Si son engagement personnel est respectable, on ne saurait en dire autant de journalistes qui instrumentalisent un malade et exploitent sa souffrance jusqu’à la corde à des fins tantôt commerciales, tantôt politiques ou sociétales. Depuis plus de deux ans, ce sont exactement les mêmes mots qui sont répétés à chaque entrevue. En février dernier, à l’occasion de la sortie d’un documentaire sur Canal+, Charles Biétry était apparu à la Une de nombreux médias pour évoquer sa volonté de « mourir dans la dignité » et, comme il l’a fait face à Laurent Delahousse, il avait comparé poétiquement sa fin de vie à une « dernière vague ». Même l’usage de l’intelligence artificielle, présenté comme une innovation majeure dimanche soir sur France 2, n’a rien d’original : c’est déjà ce procédé qui avait été utilisé lors d’une interview avec Audrey Crespo-Mara en janvier 2025, sur TF1.
Charles Biétry témoigne dans «Sept à huit» malgré la maladie de Charcot
L’ancien journaliste sportif de 81 ans a perdu l’usage de sa voix
Grâce à l’intelligence artificielle, les téléspectateurs de TF1 l’entendront malgré tout.
➡️ https://t.co/AJo17vTc5N pic.twitter.com/JbN34rZndQ
— Le Parisien (@le_Parisien) January 26, 2025
Lors de cet entretien, Charles Biétry avait d’ailleurs affirmé que son mal incurable ne lui laissait plus que « quelques semaines ou mois à vivre ». Sa maladie n’a certes pas été guérie, ses symptômes se sont sans doute aggravés, mais sa fin de vie n’en est pas moins « digne » pour autant.
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