100 % pur porc : Breizh Kebab, l’anti–Master Poulet lorientais
Salade, tomate, oignon. Ces trois mots font indéniablement penser au kebab. Ils sont, avec le pain, la sauce et la viande, les ingrédients de base de ce sandwich venu de Turquie et dont raffolent les Français. Ce dernier composant, mariné et cuit sur une broche, est normalement constitué d’un mélange de veau, d’agneau et de poulet. À Lorient, au 33, avenue de La Perrière, il en est autrement. Là, le kebab est local, donc Breizh, et au porc.
Le kebab au porc : innovation culinaire ou fausse bonne idée ?
Vous avez peut-être vu passer le concept de "Breizh Kebab" ✨, qui revisite ce grand classique de la street-food en mettant à l'honneur le porc (une spécialité bien ancrée dans les traditions… pic.twitter.com/Y68clpDU6D
— (@Angel_Paradize) June 12, 2026
Contrairement à ce que certains laissent entendre sur les réseaux sociaux, il ne s’agit en aucun cas, pour la famille Manso qui tient l’échoppe, d'« emmerder les Arabes ». C’est encore moins une modification de recette réalisée « par haine de l'étranger ». Le Breizh Kebab est né au Festival interceltique de Lorient (FIL). Paola, Pietro et Kylian Manso tiennent un stand à l’occasion de l’événement. Ils vendent des kebabs classiques et ne manquent pas de clients. Si bien qu’un jour, la marchandise vient à manquer. Leur fournisseur n’est pas en mesure de les approvisionner. Il propose une solution de remplacement. Ce plan B, c’est du porc.
100 % pur porc
Durant tout le FIL, le stand ne désemplit pas. Forts de ce succès, les Manso envisagent l’ouverture d’une boutique. C’est ainsi que, le 30 avril dernier, Breizh Kebab voit le jour. Le succès est de nouveau au rendez-vous.
En réalité, la famille Manso n’a rien inventé et ce n’est pas, non plus, une histoire digne des sœurs Tatin, car même s’il est peu répandu en France, le kebab à base de porc existe déjà. Il s’agit d’une recette traditionnelle grecque nommée gyros. Cela n'enlève évidemment rien à leur réussite et cela n'empêchera pas, non plus, deux clans de s’affronter.
D’un côté, les défenseurs de la recette turque ; de l’autre, ceux qui ne jurent que par ce qui est local et trouvent tout à fait légitime d’utiliser du porc, sachant que la Bretagne est la première région productrice de France. D’un côté, ceux qui ne mangent pas de porc ; de l'autre, ceux qui ne veulent pas le voir disparaître des assiettes françaises au nom d’une prétendue inclusivité vis-à-vis des musulmans et des Juifs.
100 % identitaire
Certes, les Bretons ont tendance à tout bretonniser (le cola, les chips…), mais difficile de se cacher derrière l’hermine pour ne pas voir que cette recette est bien plus qu’une histoire d’appropriation régionaliste. Elle est évidemment, pour certains, l’expression d’un combat identitaire et culturel.
D’une certaine manière, Breizh Kebab est l’anti-Master Poulet. Le porc contre le 100 % halal. L’ancrage régional contre la nouvelle France. Les Gaulois réfractaires contre les promoteurs de l’islamisation de la France. Une civilisation contre une autre ? Sans cet antagonisme, un petit kebab de porc lorientais dans la masse des douze mille kebabs implantés en France ne ferait pas tant de bruit.
Le problème, dans cette affaire, n’est rien d’autre que le porc. Le respect de la recette originale du döner n’est qu’un prétexte pour décrier ce commerce. Pour preuve, lorsqu’à Marseille, le restaurant Catherine a mis à sa carte un kebab au poulpe, aucune voix hostile ne s’est élevée.
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51 commentaires
Bravo ! Ne pas oublier que la grosse majorité des kebabs de France utilisent du mouton venant de Nouvelle-Zélande. Priorité au local.
Excellent !
Je retiens la recette de Breizh Kebab: pur cochon casher !
On fait des merguez au porc aussi. On n’arrête pas le progrès.
Très belle initiative, bravo les Bretons !
Il y a tellement de meilleures façons de proposer du porc qu’au travers de kebab même si c’est du rapide.
Il n faut pas se réjouir de voir la Bretagne perdre son identité et sombrer dans la vulgate islamiste.
Le kebab a été « inventé » dans les années 1930 par un boucher turc qui voulait écouler ses riblons de viande.
Aujourd’hui, les bouchers français nomment « raclures de billots » les parures de découpe. On nomme parure tout ce qui est invendable, matière de base de merguez ou hachis pour Kebab.
Les innombrables façons d’accompagner le porc sont regroupées sous le nom de charcuterie.
Et que l’on sache, un « kebabiste » n’a jamais été charcutier. Sauf à être suicidaire!
Que la Bretagne entretienne ses crêpes et ses galettes, son kouign aman et toute cette cochonaille, crabe mayonnaise et poissons d’exception qui sont son identité.
Combien de temps avant que la boutique ne soit attaquée par les islamo-gaucho parce qu’elle est « d’estrème-droite » ?
Mon boucher fait de très bonnes merguez au porc et je recommande un morceau de lard fumé dans le couscous.
Il faut faire évoluer les recettes et le porc est la viande la moins chère, qui devrait être utilisée pour les repas à un euro dans les cantines.
on en trouve aussi par chez moi.
Ça change de la chipo
On n’a pas assez de vrais problèmes ? Qu’est-ce que ce « kebab » sans porc va enlever aux musulmans ? Les vrais kebabs continuent d’exister non ? … Sinon, il faut faire une marque déposée pour le terme « kebab » (sans porc) et utiliser un autre mot pour le « kebab » avec porc.
Manger du porc est devenu un acte de combat . J’adhère et cours chez le charcutier .
Les broches de kebab arrivent congelées… Bon appétit!…
C’est Asterix qui va être content! À défaut de sanglier il aura du cochon.