Belfast : cinq photos BV pour raconter la révolte des Irlandais du ord
De notre envoyé spécial à Belfast (Irlande du Nord)
La scène a traumatisé et sidéré les habitués du Sandy Row, le QG des loyalistes de Belfast, ces membres de la classe populaire qui militent pour l'ancrage de l'Irlande du Nord au Royaume-Uni. Lundi 8 juin, un Soudanais a tenté de décapiter, à deux rue du pub, un Irlandais du Nord. La victime a eu un œil crevé. Elle a passé quelques jours entre la vie et la mort. La colère des Irlandais n'est pas feinte. Nous vous emmenons à Belfast à travers cinq photos prises par Jean Bexon, envoyé spécial de BV. Entièrement masqués pour déjouer les logiciels de reconnaissance faciale étatiques, les manifestants ont pris un risque sur leur travail et sur leur vie de famille. Leur mobilisation a fait le tour du monde.
1 - Les pompiers nettoyent les feux allumés par les manifestants anti-immigration. Nous pouvons voir les briques rouges rectangulaires qu'ils ont déterrées avec des barres à mine. Ces projectiles leur ont permis de s'opposer, une longue après-midi, face aux blindés de la police irlandaise, des Centaure locaux, les Land Rover protégés par des grilles.

Véhicule blindé, équipé d'une lance à eau - Jean Bexon
Dans le Sandy Row Rangers Supporters Club, Sean, retraité, approuve le mode d'action de ce qu'il appelle les « young lads of Belfast ». Il délaisse sa pinte de lager pour fumer et nous confie : « Je ne suis pas en sécurité, maintenant, j'ai peur pour l'avenir de mes petits-enfants. » Avant de poursuivre : « Je serais allé aux manifestations si j'étais plus jeune. »

Pavés d'argile rouge utilisés par les manifestants anti-immigration contre les blindés de la police - Jean Bexon
Comme en France, l'insécurité exaspère les habitants. « On aurait pu mettre le feu, on est tellement en colère », fulmine un émeutier qui veut rester anonyme. « Il y a un lien entre immigration et insécurité, de nombreux Somaliens sont arrivés récemment », assure le jeune homme. « Hip, Up the Loyalist ! », lance-t-il.

Sean, Irlandais du Nord opposé à l'immigration - Jean Bexon
Rencontrée dans la rue, Maggie pointe... la responsabilité de la France. « Ce migrant est d'abord passé par la France, comment ça se fait qu'il n'ait pas été contrôlé chez vous ? », interroge-t-elle. « On paye des millions pour que vous bloquiez les flux, mais vous ne faites rien ! » Maggie conclut « On a voté le Brexit, mais on subit toujours la politique migratoire de l'Union européenne ! »

Stick singulier et mystérieux dans un pub d'Ulster
Certains moments documentés par le Telegraph ou GB News, ont montré une réconciliation entre catholiques et protestants lors des manifestations anti-immigration. Néanmoins, comme nous le confie un policier du PSNI, « les structures républicaines irlandaises sont très à gauche. Si certains nationalistes, notamment issus de la working class, sont opposés à l'immigration, les cadres antiracistes empêchent et dissuadent ceux-ci d'aller se mobiliser. » Dans les faits, les « young lads » de Belfast sont ainsi majoritairement issus du clan loyaliste. La réconciliation n'est pas totale.

Brique de Belfast utilisée par les manifestants comme projectile contre les véhicules blindés - Jean Bexon
C'est une énorme tour de palettes en cours de construction, un chantier impressionnant mené par des adolescents et de jeunes adultes, aux cheveux roux pour la plupart ! Sur la préparation du bonfire [feu de joie, NDLR] du quartier protestant de Sandy Row, nous retrouvons certains émeutiers qui ont participé aux affrontements violents. Ils évoquent la pression étatique. « J'espère que vous n'êtes pas undercover (policier infiltré), je suis recherché », s'inquiète nerveusement un jeune homme d'à peine 18 ans. Un autre sort tout juste de garde à vue : il est accueilli en héros. « On veut pas être pris en photo ; après, on se retrouve dans les dossiers des enquêteurs », explique-t-il.

Feu allumé par les manifestants anti-immigration à l'est de Belfast -Jean Bexon
Le 11 juillet prochain, à minuit, cette immense tour de bois prendra feu, comme chaque année. C'est l'occasion, pour le quartier de Sandy Row, de célébrer l'identité loyaliste ravivée par les récents événements. On fêtera dignement la victoire, en juillet 1690, du roi protestant Guillaume III sur le roi catholique Jacques II, à la bataille de la Boyne. Les traditions et la fierté nationale demeurent.

Des jeunes ados d'Irlande du Nord construisent un Bonfire - Jean Bexon
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3 commentaires
Bravo à ces irlandais qui se sont levés pour défendre leur pays contre la venue abusive de population aux mœurs pour le moins barbares. L’heure pour eux n’est plus aux palabres mais à l’action, mais il y aura toujours des personnes pour dire que ce n’est pas comme ça qu’on résoudra le problème, réflexion bien-sûr tenue par les partisans de l’immigration massive. Si les irlandais veulent continuer à exister, c’est le seul moyen dont ils disposent pour se faire entendre, à défaut de soulèvement,ils disparaitront tout comme nous, à la différence que eux, ils se rebellent alors que nous on courbe l’échine,rasons les murs,on « condamne fermement » « la justice sera ferme », on ne laissera rien passer,puis on fait des marches blanches, on allume des bougies, on dépose des gerbes de fleurs et pendant que tout ce cirque de soumis et de péteux se propage le mal avance sans problème à cause de la lâcheté des politiques, celle des juges et magistrats,et je n’oublie pas les principaux responsables qu’est la partie importante d’électeurs qui a tellement peur de son ombre à un point tel qu’elle a préféré voter contre le RN à de multiples reprises plutôt que de tenter de mettre au pouvoir un parti qui aurait peut-être contribué à changer les choses. Pfff…
Les unionistes et indépendantistes vont peut-être s’unir sur le thème de l’immigration.
Enfin un peuple qui ne se laisse pas faire.