Séquence pro-Raphaël Arnault : France TV rappelée à l’ordre par l’Arcom

Sale temps pour l’audiovisuel public, une nouvelle fois sanctionné pour ses manquements.
Capture d'écran
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La séquence avait choqué beaucoup de Français. Souvenez-vous, c’était le 15 février dernier. Invitée sur le plateau de Dimanche en politique, sur France 3, la députée communiste Elsa Faucillon avait été interrogée au sujet de la mort de Quentin Deranque, survenue deux jours après son lynchage par des antifas à Lyon. L’élue des Hauts-de-Seine avait alors pris la défense de la Jeune Garde et dressé un portrait élogieux de son cofondateur, le sulfureux Raphaël Arnault. « Pour bien connaître Raphaël Arnault et son combat antifasciste, il a toujours appelé à la non-violence et au pacifisme. La Jeune Garde n’a pas de raison, pour le moment, d’être dissoute. Il y a besoin, dans ce pays, de militants antifascistes », avait-elle affirmé, passant certains éléments sous silence.

Rapidement, la vidéo avait circulé sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation. Les critiques avaient été telles qu’une note corrective avait été ajoutée à la séquence par les usagers de la plate-forme X : « Raphaël Arnault a été condamné à 4 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Lyon pour "violences volontaires en réunion" après avoir participé à l'agression d'un homme de 18 ans par un groupe de six personnes dans la rue à Lyon, le 24 avril 2021. » Un rappel également fait par le député RN de la Somme, Jean-Philippe Tanguy, scandalisé par des « mensonges » et une « désinformation intolérables ».

Le verdict de l’Arcom

De son côté, Philippe Ballard, député RN de l’Oise, avait saisi l’Arcom et pointé du doigt « un manquement aux obligations des éditeurs de service public ». L’autorité lui a finalement répondu dans une lettre datée du 8 juin 2026. « L’Arcom a observé qu’au cours de la séquence litigieuse, l’invitée de l’émission a affirmé que Raphaël Arnault avait toujours appelé à la non-violence et au pacifisme dans son combat antifasciste, sans que ne soit évoquée sa condamnation pour des faits de violence par le tribunal correctionnel de Lyon en 2022, pourtant largement relayée à la suite du décès de Quentin Deranque, écrit le président de l’Arcom, Martin Ajdari. Elle a également constaté que ces propos n’ont été ni contextualisés ni corrigés par le présentateur de l’émission. » Et le gendarme du PAF de convenir que la séquence contrevient effectivement « à l’obligation d’honnêteté et de rigueur » attendue de France TV, mais aussi « à l’exigence de maîtrise de l’antenne » qui lui incombe. Verdict : l’éditeur a été « fermement » rappelé à l’ordre quant au respect de ses obligations.

Cette demi-sanction n’a pas satisfait tout le monde. « Le mal est fait, les moutons ont entendu », s’est ainsi désolé un internaute. D’autres ont préféré voir le verre à moitié plein et ont remercié l’élu à l’origine de la plainte. « Le service public n’a pas à blanchir l’extrême gauche ! », s’est félicité Philippe Ballard, lui-même ancien journaliste, en rappelant que ce rappel à l’ordre survient dans un contexte déjà compliqué pour l’audiovisuel public…

Sale temps pour l’audiovisuel public

Largement mis à mal durant la commission d’enquête menée de mains expertes par son rapporteur, le député UDR Charles Alloncle, les médias publics traversent actuellement une zone de fortes turbulences. Les accusations de manipulation journalistique et d’atteintes au pluralisme se multiplient, donnant toujours plus de crédit aux promoteurs de la privatisation du groupe audiovisuel. Ce 11 juin, encore, l’Arcom a mis en demeure Radio France pour un manquement grave à ses obligations : l’essentiel du temps de parole accordé aux représentants du RN serait diffusé sur France Inter et France Info entre minuit et 6 heures du matin, soit à des heures de très faible audience ! « Les représentants de ce parti sont, au regard de sa représentativité, insuffisamment présents dans les programmes diffusés en journée », estime l’Arcom, dans son communiqué.

Mais au lieu d’admettre sa responsabilité et de présenter ses excuses, Radio France a rejeté la faute sur « un nouveau logiciel » mal réglé. « Ce n’est pas volontaire, c’est un défaut d’outil qui ne comptabilise pas les temps de parole jour/nuit », a encore prétendu un porte-parole. De quoi entretenir le scepticisme sur la volonté de l’audiovisuel public à réellement se réformer, d'ici 2027.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

64 commentaires

  1. Comme je l’ai déjà énoncé dans une autre affaire, j’espère de tout coeur que, si le RN passe, ses membres actifs veilleront à faire un sérieux ménage au sein de la télévision et autre média !!

  2. « Le mal est fait, les moutons ont entendu » .Oui, et c’est toujours la même chose.
    France 3, n’a même pas l’honnêteté de reconnaitre sa faute, se cachant derrière une excuse. Excuse qu’il faudrait entendre développer, car je ne vois pas là le problème de fond : « des « mensonges et une désinformation intolérables ». selon Tanguy qui voit juste.

  3. En conséquence logique, quand Eric Zemmour va parler sur un média, il faudra donc systématiquement rappeler toutes ses condamnations.

  4. Il va être temps que de véritables sanctions tombent contre ce service audiovisuel public qui se croit au-dessus des règles et des lois. Et pas des sanctions financières puisque cela reviendrait à nous faire payer ses abus et détournements de la vérité soit par omissions, soit par troncage. Il serait aussi intéressant de vérifier si le présentateur est exempt de complaisance selon le bord politique de ses invités.

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