Editoriaux - Religion - Société - 30 juin 2019

Burkini : on attend la réaction des musulmans modérés

Si, de tout temps, Paris en est la capitale mondiale, de façon de plus en plus récurrente, c’est plutôt par le burkini, dérivé amphibie de la burka citadine – tous deux stigmates vestimentaires de la richesse diversitaire importée -, que la France défraie la chronique de la mode saisonnière. Ce sobre accoutrement, secondaire à notre enrichissement culturel est en passe de devenir, réchauffements planétaire et multiculturel obligent, un sujet de dissertation de plus en plus fréquent.

Coco Chanel nous avait prévenus : « Si une femme est mal habillée, on remarque sa robe, mais si elle est impeccablement vêtue, c’est elle que l’on remarque. » Aujourd’hui, si une femme est embrigadée dans son burkini, c’est surtout l’islam que l’on remarque, bien plus que ladite pudibonderie affichée, car comme il y a des frères d’armes, il y a également des sœurs de burkini. Pas de crainte, sinon, à l’instar du voile et autres attributs prosélytes, à l’instar du halal, les tenants de la République unique et indivisible, sa propagande, ses experts, ses féministes et ses philosophes relativiseront ou aboieront tous en chœur : « Valeurs républicaines, wouaf, laïcité chérie, wouaf wouaf, cohésion nationale, kaï kaï. » Hélas, que les dhimmis aboient ou relativisent, l’islam passe.

Cet islam patient, persévérant et inlassable, sous couvert de liberté revendiquée, passera et repassera jusqu’à sa prochaine exigence. Et petit à petit, il fait son nid, mais n’ayez toujours crainte, une loi de circonstance sera pondue pour préserver le vivre ensemble au sein de la basse-cour républicaine, loi placebo qui ne sera de toute évidence pas appliquée par soumission à la paix civile. Et il en sera ainsi, d’accommodements raisonnables en soumissions déraisonnables. Prenez une mappemonde : depuis quatorze siècles, de l’Arabie natale jusqu’en Indonésie, en passant par le Hindou Kouch et sept siècles d’Andalousie, l’islam, patient, a conquis, invariablement par le sabre, et s’est implanté durablement par la démographie. Aujourd’hui, en à peine quarante ans d’immigration massive, l’islam conquiert le paysage public et politique par le biais de revendications, en apparence anodines, de ses suppôts, son implantation facilitée par l’inculture historique voire l’amnésie volontaire de nos dirigeants sur sa nature fondamentale. Il ne peut en être autrement. Pis : la plus grande épidémie contemporaine de la gouvernance est en passe de devenir le syndrome de Stockholm.

Mais un espoir subsiste, un espoir qui réside dans l’immense réservoir de modération que constituent, foi de Coran, de hadiths et de vie de prophète, les adeptes majoritaires de la religion d’amour, de tolérance et de paix, dont la torpeur actuelle face aux dévoiements et aux dérapages de leur idéologie commune ne peut être vraisemblablement imputée qu’à la chaleur estivale. Nous attendons donc avec impatience que cet épisode caniculaire se termine pour que ces musulmans modérés se désolidarisent sans ambiguïté des frasques de leurs coreligionnaires.

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