Drag-queen devant la basilique de Saint-Quentin : une provocation qui tombe mal

En pleine affaire Lyhanna, il fallait oser ironiser autour de la pédophilie...
Capture d'écran X
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« J’aime en secret tripoter mon fils », chantait, ce samedi 6 juin, sur le parvis de la basilique de Saint-Quentin (Aisne), une drag-queen à l'occasion du « mois des fiertés ». Une provocation qui tombe au plus mal, au moment où le drame de la petite Lyhanna met en lumière les « dysfonctionnements » d’une Justice inapte à mettre hors d'état de nuire les pédophiles, d'une part, et les scandales d'agressions sexuelles de tout petits enfants dans le périscolaire parisien, d'autre part.

La "prestation" de cette drag-queen s'inscrivait dans le cadre d'un spectacle organisé par « l'association LGBTQIA+ et féministe dans l'Aisne » basée à Saint-Quentin Fier.e.s et Queer. Association qui, en plus de scandaliser dans la rue, s'immisce auprès des collégiens et lycéens pour leur prêcher la bonne parole, avec la bénédiction de l'académie d'Amiens, selon les informations du collectif Parents vigilants.

Les jours précédents, des habitants de la commune avaient pourtant supplié, via une pétition, le maire de Saint-Quentin, la LR Frédérique Macarez, successeur de Xavier Bertrand, de « bien vouloir déplacer la manifestation dans un lieu plus neutre que la basilique Saint-Quentin dans l'intérêt de tous ». Ils n'ont, manifestement, pas été entendus.

 

« Apologie de la pédophilie et corruption de mineur »

« Je saisis immédiatement le procureur de la République pour apologie de la pédophilie et corruption de mineur », a réagi, après la révélation de l'affaire, le député Identité Libertés de la circonscription, Eddy Casterman. Mais le scandale ne s'arrête pas à ces propos ignobles. La chanson diffusée ce jour-là, gestes obscènes à l'appui, intitulée J'aime mon pays, réussit l'exploit de moquer tout à la fois les victimes de pédophiles, les chrétiens et tous les gens de droite. Écrite en 2013 par deux artistes anonymes, les Sexy Sushi, elle stigmatise en effet « les familles de droite voire d’extrême droite catholique qui, sous couvert de morale catholique, n’en ont pas moins des comportements immoraux ». Qu'on en juge par le texte, reproduit ici in extenso :

J'aime que tout soit bien rangé
J'aime que ma famille m'obéisse
J'aime la chasse, et mes copains bourrés
J'aime surtout la représentation du Christ
J'aime bien que les femmes n'avortent pas
J'aime bien la télévision
J'aime bien l'idée du partage
J'aime cependant ne pas donner mon pognon

[Refrain] x4
J'aime mon pays, comment peux-tu en douter ?
J'aime aussi le Seigneur, car il pardonnera mes pêchés

[Couple 2]
J'aime que les PD soient punis
J'aime que les pauvres soient isolés
J'aime que les handicapés s'ennuient
J'aime que ma voiture soit bien garée
J'aime les valeurs, j'aime les principes
J'aime l'armée, j'aime les hypermarchés
J'aime en secret tripoter mon fils
J'aime aller à Norauto et aux prostituées

[Refrain] x4
J'aime mon pays, comment peux-tu en douter ?
J'aime aussi le Seigneur, car il pardonnera mes pêchés

 

Cerise sur le gâteau, comme l'explique Séverine Duminy, la coordinatrice de Parents vigilants, à BV : « Au cours du même spectacle, une autre drag-queen s'en est prise directement à Éric Zemmour, mimant des gestes obscènes, en portant un tee-shirt à son effigie et en brandissant un catalogue avec ses photos dont elle a arraché ostensiblement les pages. »

Interventions en établissements scolaires

Il y a plus grave. « En plus d'être de mauvais goût, ces mêmes personnes sont autorisées à intervenir devant nos enfants, devant les collégiens », s'indigne Séverine Duminy, qui connaît bien l'association Fier.e.s et Queer. Et pour cause. L'affaire remonte à mars 2024. Des parents inquiets informent Parents vigilants de l'organisation de cinq ateliers dans le collège Joliot-Curie de Tergnier (Aisne), animés par Fier.e.s et Queer. Le collectif publie alors un communiqué de presse pour alerter l'opinion et dénoncer le « forcing » de l'association « qui ne présente pas les garanties d'objectivité et de modération qu'on est en droit d'exiger en milieu scolaire ». Sans succès. Pire : à l'automne suivant, Fier.e.s et Queer obtient, bien curieusement, l'agrément de l'Éducation nationale pour intervenir auprès des collèges et lycées pendant cinq ans.

Depuis, l'activisme de l'association qui « propose des ateliers ou interventions en milieu adulte/scolaire autour des questions d'identité de genre, orientation sexuelle, discriminations, sexisme, droits des femmes, lgbtqia+phobies » dans la droite ligne des programmes EVARS ne faiblit pas. Sur son site, Fier.e.s et Queer s'enorgueillit d'être intervenu « auprès de jeunes du SNU, de l'AFPA, du lycée Jean-Bouin (Saint-Quentin), de l'Espace Luciani (Ham), à la médiathèque de Vermand, au centre social du Vermandois (Saint-Quentin), au collège Joliot-Curie à Tergnier et au lycée Claudel de Laon ». L'association propose également des conférences, recommande de nombreux ouvrages et organisait un débat, ce même 6 juin, sur le thème « Le drag et ses enjeux politiques ». Très inventif, il a même créé un jeu de cartes ludique pour se former sur les discriminations et sur la santé sexuelle et affective. Ce dernier, qui est d'ailleurs « diffusé gratuitement aux institutions/établissements/assos de l'Aisne », est proposé pour des séances EVARS gratuites avec le soutien de la CPAM de l'Aisne. De quoi se faire une petite idée de l'emploi de l'argent du contribuable...

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Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

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