Sagrada Família : cent ans après la mort de Gaudí, le pape bénit la tour du Christ

Léon XIV inaugure la tour de la basilique la plus haute du monde après la célébration d'une messe ce mercredi 10 juin.
@Wikimedia commons
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Il y a 100 ans, jour pour jour, Antoni Gaudí mourait à l’âge de 73 ans, à Barcelone, après avoir été renversé par un tramway trois jours plus tôt. L’architecte catalan, alors au sommet de son art, laissait ainsi derrière lui une Sagrada Familia inachevée. À sa mort, moins de 25 % de la construction est réalisée. La crypte est achevée – Antoni Gaudí y est enterré le 12 juin 1926 –, tout comme le clocher dédié à saint Barnabé et la façade de la Nativité, à l’est de l’édifice.

Cent ans plus tard, la tour du Christ, la plus haute des dix-huit prévues par l’architecte, est inaugurée et bénie par le pape Léon XIV après la célébration d'une messe pontificale dans la basilique la plus haute du monde grâce, justement, à cette tour de 172,50 mètres de haut.

Un siècle et demi de travaux

Cette inauguration ne signe pas la fin des travaux. Pour voir la Sagrada Familia entièrement terminée, il faudra attendre 2034. La façade de la Gloire, l'escalier monumental et des aménagements extérieurs sont encore à finaliser. Si cette date prévisionnelle est respectée, la durée totale du chantier aura été de 152 ans.

Il faut dire que le projet ne s’est pas fait sans mal. En 1882, un religieux catalan, Josep Maria Bocabella, achète un terrain dans l’idée d’y faire construire une église. Il confie l’opération à l’architecte Francisco de Paula del Villar y Lozano, qui imagine une église néogothique d’un grand classicisme. Puis un différend éclate entre les deux hommes et ils cessent leur collaboration. Antoni Gaudí reprend les rênes du chantier en 1883 et le modifie du tout au tout pour en faire ce que les Barcelonais voient désormais chaque jour.

Le projet est ambitieux ; il est aussi stoppé à trois reprises. La première fois en 1914 par manque de moyens, la deuxième lors de la guerre civile espagnole et, enfin, à l’occasion de l’épidémie de Covid-19. L’arrêt le plus dommageable est sans aucun doute celui de la guerre d’Espagne, car durant cette période, l’atelier d’Antoni Gaudí est incendié par des anticléricaux catalans. Maquettes, ébauches et plans partent en fumée.

Pour l'éternité

Durant les années qui suivent, les successeurs de Gaudí reconstituent les maquettes mais, faute d'éléments, certaines parties sont sujettes à interprétation. Une polémique enfle dans les années 1960 autour de ces libertés architecturales et décoratives qui commencent à voir le jour. Le Corbusier, Joan Miró et autres Antoni Tàpies signent un manifeste pour dénoncer la poursuite de la construction, qu’ils jugent éloignée de l’idée d’Antoni Gaudí. Il en sera, à peu de chose près, la même chose dans les années 1990, lors de l'installation de sculptures dans un style très différent de celles validées par l’architecte sur la façade de la Passion. Puis le temps a fait son œuvre et les détracteurs de la Sagrada Familia se sont habitués à elle. Elle est désormais (presque) incontestée.

Elle est en tout cas reconnue, sur le plan architectural comme spirituel. Après avoir été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005, elle a été consacrée au rang de basilique mineure par Benoît XVI en 2010 et aujourd’hui, sa pièce maîtresse, celle qui fait à la fois sa splendeur et sa grandeur, va être inaugurée. Quant à son créateur, souvent surnommé l’architecte de Dieu pour son œuvre mais également pour sa piété, il a été fait vénérable par le pape François en 2025. Grâce à lui, la Sagrada Familia trône sur Barcelone et sur le monde, mais surtout, comme il le souhaitait, elle fait resplendir la gloire de Dieu.

Vos commentaires

26 commentaires

  1. « l’atelier d’Antoni Gaudí est incendié par des anticléricaux catalans. » l’atelier d’Antoni Gaudí est incendié par des communistes catalans.

  2. « bénir », ça veut dire quoi, au fait ? ( question au Pape ) … Mais je crains qu’il ne soit en mesure de
    répondre à une question aussi difficle ( et indiscrète ).

  3. L’auteur de l’évangile selon St Jean (et de l’Apocalypse) était-il également l’apôtre Jean (celui que « Jésus aimait » et qui se pencha sur sa poitrine lors du dernier repas des apôtres, la Cène ?). Certains le prétendent. En officialisant et bénissant la construction de 12 tours de la Sagrada Familia symbolisant les 12 apôtres (donc Jean l’apôtre) et les 4 tours symbolisant les 4 évangélistes (donc Jean l’évangéliste), les papes, dont celui-ci, donnent clairement leur réponse à la question : les deux Jean sont différents.
    L’un était pêcheur analphabète sur le lac de Tibériade, c’était l’apôtre Jean.
    L’autre était un fin lettré féru de textes religieux et mystique, c’était l’écrivain et évangéliste Jean. Qui vécut quelque temps à Ephèse et à Patmos où il écrivit l’Apocalypse. L’épigraphie permet aujourd’hui de mieux dater l’évangile que ce Jean et vraisemblablement d’autres personnes avec lui ou juste après lui ont recopié en y ajoutant leur patte. Une porte que Jésus emprunta, selon l’évangile de Jean, pour sortir de la vieille ville de Jérusalem, n’aurait été ouverte dans les murailles de la ville, selon les archéologues, qu’entre les années 100 et 110, donc mentionnée par quelqu’un n’ayant pas pu être l’apôtre Jean.
    Gaudi avait opté pour différencier les deux Jean que beaucoup de monde confond. Le magistère qui bénit son œuvre lui donne raison.

  4. L’anthropomorphisme architectural est un péché naïf qui consiste à « piéger Dieu », soudain séduit par notre style. Mais que ce soit une crèche ou une cathédrale, une étable ou un portique, nous ne faisons que rendre hommage à notre foi. Gaudi, comme le facteur Cheval travaillaient pour l’éternité mais nous ne sommes que des mortels jamais en paix entre eux. Sachons construire l’intelligence et l’amour et une tour de Babel de sagesse.

    • Piéger Dieu ? C’est plutôt lui qui nous piège tous les jours par son absence persistante …
      Mais je suis néanmoins demandeur d’une « tour de Babel de sagesse » !

      • Vous avez raison, son absence persistante finit par alourdir une présence qui nous fait douter positivement de lui (! ? !!!)

  5. Cette réalisation est juste géniale. Sur tous les plans. Gaudi et tous ses successeurs. Un immense bravo à tous ces hommes et femmes, du donateur jusqu’au maçon. L’architecture est fantastique, innovante, c’est vraiment un bâtiment unique au monde à la gloire de la religion historique française.

    • Les donateurs sont les visiteurs en partie. Elle se construit petit à petit avec cet argent. Elle vaut la peine d être visitée.

      • Vous avez le droit de ne pas aimer. L art c est quelque chose de subjectif. Je n aime pas tout de Gaudi .

    • Vous avez été la voir?
      Moi, j’y suis allée, peu ou pas convaincue, pour faire simplement plaisir à mon mari.
      Eh bien, j’en suis repartie émerveillée.
      Certes, c’est moderne , mais franchement, c’est magnifique.
      De plus, le lieu, malgré les bruits des ouvriers, est rempli d’une atmosphère de sérénité et de de spiritualité.
      Nous y retournerons c’est certain.
      C’est un lieu magnifique sur tous les plans.

  6. C’est une magnifique œuvre d’art, qui , se référant à la fois à la tradition ancienne fut aussi inspirée par la géologie extraordinaire de la Catalogne, notamment de Montserrat , d’où est originaire Gaudi. Il faut la visiter pour l’apprécier vraiment .

    • Oui c est une très belle oeuvre. On d y sent bien à l intérieur. La vie de Gaudi est également très intéressante à lire.

    • « Il faut la visiter pour l’apprécier vraiment . » = oui, pour moi en tous cas, tellement peu convaincue et ensuite tellement émerveillée.
      C’est magnifique et l’atmosphère est hautement spirituelle.

      « 

  7. Il est de bon ton de trouver cet édifice sensationnel. Je les entends tous autour de moi s’émerveiller en croyant démontrer leur culture artistique. Or, ils ne font que répéter niaisement le narratif bien-pensant woko-boboistes ambiant. En ce qui me concerne, Je le trouve affreux et ça me fait du bien de le dire.

    • C ‘est la plus belle cathédrale du monde,.
      Vous êtes aller la visiter?
      Moi 2 fois et c »‘est une merveille architecturale.

      • À Domdiavel: Comment prendre en considération votre publication quand vous avancez, de façon erronée en parlant de cathédrale alors qu’il n’est question que d’une basilique?

    • Vous avez été la visiter ou vous basez vous sur des photos?

      Car franchement, moi qui ai horreur du moderne, j’ai été stupéfaite par la beauté qui s’en dégage, et le bien être que l’on ressent à l’intérieur.

      • Je suis à 100% de votre avis. Il faut la regarder certes avec les yeux, mais se laisser toucher au plus profond de son cœur.

    • Je l’ai visitée en 1965 ado avec papa-maman, je n’ai pas de souvenir fulgurant. Maintenant je regarde les photos et vidéo, chef-d’oeuvre absolu, fantastique. Le « Michelin » adéquat le dit bien  » il n’y a pas de mots pour décrire… ».

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