Editoriaux - Politique - 30 juin 2019

Marion Maréchal, épouvantail à Républicains ?

Donc, si on en croit les premières réactions, rétractations et autres dissertations offusquées, Marion Maréchal n’est pas fréquentable par les P-P. Non pas les pépés qui peuvent la trouver intelligente, avisée autant que séduisante, mais les patrons et politiciens.

Enfin, certains !

Diktat des vétérans Républicains, médusés sur leur radeau de la déroute. Ainsi, le Torquemada de la droite républicaine – et du centre ! – Gérard Larcher a prononcé la sentence solennelle : « J’ai toujours dit qu’il devait y avoir une cloison étanche entre nous et le Rassemblement national. » Et réquisitionnant opportunément le soutien silencieux d’un ex, présentement sous les spots médiatiques pour cause de mémoires écrites : « Je voudrais rappeler ce que disait Nicolas Sarkozy : il vaut mieux perdre une élection que son âme. »

Je crois me rappeler que ce dernier a surtout perdu sa dernière élection à cause des électeurs.

En revanche, d’autres voix se sont fait entendre, outre celles des jeunes élus ayant partagé un menu avec la jeune femme, fondatrice d’une nouvelle institution, l’ISSEP. Ainsi Gilles Carrez, qui n’est pas un simple député godillot – il a présidé la commission des finances durant un mandat -, a protesté contre « la montée de l’ostracisme et la dictature de la pensée unique ».

Pour revenir à Marion, députée, – la (le) plus jeune qu’ait jamais connue l’Assemblée nationale -, elle ne fit qu’un mandat, la sinécure parlementaire n’étant probablement pas son ultime ambition.

Se présentant en tête de liste FN en PACA lors des élections régionales de 2015 , elle ne devra sa défaite face à Estrosi que par le soutien que la gauche apportera à celui-ci. Lequel regagnera sa mairie de Nice en cours de mandat. Cela s’appelle de la (très mauvaise) soupe politicienne !

Depuis, retirée des agitations politiques dans la bonne ville gauloise de Lyon, elle est restée discrète – trop, selon sa tante – lors des échéances électorales, en particulier la dernière.

Cependant, ne se réclamant justement plus publiquement du RN, est-il raisonnable qu’une personnalité de cette qualité soit ostracisée et exclue des avenirs démocratiques du pays ?

Certains citoyens pourraient voir en elle la nouvelle égérie d’une France profonde qui ne se reconnaît plus dans les vieux briscards de la politique, et qui se sent orpheline.

L’avenir le dira, peut-être vers 2027 ?

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