Avec sa nouvelle appli, Alexandre Jardin redonne la parole aux citoyens
L'écrivain et cinéaste Alexandre Jardin franchit une nouvelle étape dans son combat pour la démocratie directe. Après avoir fédéré des milliers de Français autour du mouvement des Gueux contre les zones à faibles émissions (ZFE), il lance, ce 11 juin, une application de référendum citoyen disponible sur les plates-formes Apple et Android. Son ambition est claire : permettre aux Français de voter directement sur des sujets concrets et peser sur les décisions publiques.
DEMAIN… nous commençons modestement avec nos petits moyens de citoyens quelque chose de considérable.
Chacun aura contribué.
Cette conquête démocratique qui commence sa vie demain est le fruit de tellement d’efforts, de générosité, d’attention aux autres.
Merci la vie.
Les… https://t.co/hlysKjLpQW— Alexandre Jardin (@AlexandreJardin) June 10, 2026
Quatre premières consultations sont proposées dès le lancement : la suppression des ZFE, la suppression des certificats d'économie d'énergie (CEE) afin de réduire le prix du carburant, l'arrêt des subventions à l'éolien pour alléger la facture d'électricité et une profonde réforme du système de santé visant à redonner davantage de pouvoir aux territoires.
« Faire débarquer la démocratie dans le smartphone »
Pour Alexandre Jardin, l'enjeu dépasse largement ces premières questions. Il s'agit de transformer durablement le rapport des citoyens à la politique. « On redonne véritablement le pouvoir au citoyen », affirme-t-il à Boulevard Voltaire. Selon lui, le système actuel réduit trop souvent les Français à un simple vote tous les cinq ans, avant de les écarter des décisions.
L'originalité de l'application repose sur un système d'identification sécurisé permettant de garantir un seul vote par personne. L'utilisateur doit scanner sa pièce d'identité, tandis que la technologie dite « Zero Knowledge » garantit qu'aucune donnée personnelle n'est stockée sur un serveur central. Les votes sont enregistrés via une blockchain afin d'assurer leur traçabilité et leur fiabilité.
Mais Alexandre Jardin voit plus loin qu'un simple outil numérique. « Jusqu'à présent, la démocratie n'était pas dans la poche des gens », explique-t-il. Avant d'ajouter : « Tout à coup, on fait débarquer la démocratie dans le smartphone. » Une formule qui résume sa vision d'une citoyenneté adaptée aux usages contemporains et qui permettrait de lutter contre l'abstention. « On va faire en sorte que la démocratie rejoigne les gens dans leur mode de vie », insiste-t-il encore.
La Suisse comme modèle
L'idée n'est pas nouvelle. La Suisse pratique depuis plus d'un siècle les votations populaires, qui permettent aux citoyens de se prononcer régulièrement sur des sujets nationaux ou locaux. Plus largement, une quarantaine de pays disposent de mécanismes de référendum d'initiative populaire ou citoyenne à des degrés divers.
En France, la situation est bien différente. La Constitution prévoit, certes, un référendum d'initiative partagée (RIP), mais son déclenchement nécessite le soutien préalable d'un cinquième des parlementaires puis d'un dixième du corps électoral, soit plusieurs millions de signatures. Un mécanisme si complexe qu'il n'a jamais véritablement abouti à une consultation nationale.
Une attente démocratique forte
Le lancement de cette application intervient alors que la question référendaire revient régulièrement dans le débat public. Lors de ses vœux pour l'année 2025, Emmanuel Macron avait promis de recourir davantage au référendum afin de redonner la parole aux Français. Une promesse qui, à ce jour, n'a pas été suivie d'effet.
Depuis 1958, seuls neuf référendums ont été organisés sous la Ve République. Un chiffre modeste au regard des attentes exprimées dans l'opinion. Selon un sondage IFOP, 73 % des Français se déclarent favorables à l'instauration d'un référendum constitutionnel d'initiative citoyenne.
Alexandre Jardin entend précisément s'appuyer sur cette aspiration démocratique. « On est en train de rebâtir la démocratie à partir du citoyen », affirme-t-il. Plus qu'un outil numérique, il présente son application comme « une véritable révolution tranquille démocratique ». Reste désormais à savoir combien de Français accepteront de glisser cette nouvelle forme de citoyenneté dans leur smartphone. Pour l'heure, l'application est en tête des téléchargements sur les deux plates-formes.
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45 commentaires
Des gueux pas trop gueux : il est nécessaire d’avoir un passeport …
Pourquoi un passeport ? J’estime que ma CNI FRANÇAISE devrait être suffisante
C’est très bien , mais M.Jardin a-t-il pensé aux seniors qui, pour la plupart, n’ont pas de smartphone ?
A souverainiste… Le Lisnard : o% ; le camp National RN : 38%… Vous avez raison, votre candidat va gagner…
L’initiative est bonne. L’intention surtout. A. Jardin fait ce qu’il peut, et il doit être salué. Je ne veux pas doucher cet enthousiasme, donc mon propos sera bref. Il s’agit d’une appli qui fera une consultation sur un sujet donné. Seuls les plus motivés, concernés etc s’inscriront, et non « les Français » ( tous ) ; d’autant que ces sondages n’auront aucune valeur légale, et que nos « élites » les connaissent ces « sondages ». Le Figaro aussi fait un « sondage » , seuls quelques-un de leur lecteur « votent ». Ceci dit, bravo et merci à M. Jardin qui s’investit pour donner voix au peuple !
Ce n’est pas gagné pour A Jardin : comme ça m’intéresse, j’ai téléchargé l’application, mais pour l’identification, il est nécessaire d’avoir un passeport en cours de validité.
Ma carte d’identité nouveau format n’est pas admise, ni mon passeport parce que périmé
Vous avez de la chance, la mienne, biométrique pourtant a été refusée
Très bonne initiative mais il faut posséder un passeport qu’une minorité de personnes détient. Je ne suis pas parvenu à télécharger l’appli. soi-disant incompatible avec mon appareil qui ne date pourtant pas de Mathusalem. A améliorer, dommage.
« Un mécanisme si complexe qu’il n’a jamais véritablement abouti à une consultation nationale ». Et pour cause! Après le fiasco européen du referendum de 2005, il n’est plus question de redonner la parole à ce peuple qui ne comprend rien à la politique et à ses enjeux. Et puis, à quoi bon s’engraisser sur le dos du peuple si celui-ci peut contester ces privilèges.
Je viens de télécharger l’application et c’est la carte d’identité qu’on m’a demandé de scanner.
Vous avez de la chance, la mienne, biométrique pourtant a été refusée
C’est une excellente initiative et j’aurais fait immédiatement téléchargé l’application, mais comme nombre d’autres commentateurs, je ne suis pas prêt à envoyer sur internet une copie de ma CNI ou de mon passeport.
D’ailleurs pourquoi alors que l’Identité Numérique existe, couramment utilisée par les Français pour Ameli et d’autres sites.
c’est bien gentil tout ça, mais l’appli ne fonctionne qu’avec un passeport …. donc inutile pour 80% des gens !!!
Je veux aussi participer à cette nouvelle démocratie mais pour y accéder il me faut un passeport et si comme beaucoup de français je n’en possède pas je suis exclue de ce système ?
Il est certain qu’en France la vraie démocratie connaît tellement d’obstacles réglementaires qu’elle n’est qu’une vue de l’esprit. Ainsi va notre pays depuis bien trop longtemps.
De la poudre aux yeux, aucune confiance et surtout à quoi bon quoique l’on dise quoique l’on fasse rien ne change jamais en dehors de palabres incessantes au final incompréhensibles.
Cet homme me plaît bien avec ses idées mais est-ce que cela changera vraiment notre quotidien ? J’en doute tant la situation est désespérée. J’encourage cependant ceux qui y croient de continuer le combat. Moi, j’ai démissionné à l’inverse de ceux qui devraient le faire mais ne le font pas pour cause de soupe trop bonne servie sur une table qu’ils n’ont jamais renversée.