Un jeune condamné pour un projet terroriste contre des bars identitaires

@Wikimedia commons
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Hamza K., jeune homme de 21 ans d’origine algérienne, a été jugé au tribunal de Paris en chambre correctionnelle, jeudi 4 juillet, pour association de malfaiteurs pour un projet terroriste ourdi en 2022-2023. Il était poursuivi pour association de malfaiteurs dans un projet terroriste contre deux bars identitaires, La Traboule, un établissement lyonnais affilié au groupuscule Les Remparts, récemment dissous, et La Citadelle, à Lille. Il lui est aussi reproché un projet de « hijra » en rejoignant le groupe islamiste du djihadiste recruteur reconnu Omar Diaby, dit Omsen, en Syrie.

Il a organisé ces projets à distance sur Telegram avec un complice, du 17 juillet 2021 au 7 mars 2022, qui l’a mis en relation avec d’autres complices, entre autres un vendeur de matériel de guerre rencontré à la gare Saint-Charles de Marseille et un infiltré du bar identitaire de Lyon.

Verbiage islamiste caractéristique dans les messages

Il a été condamné à cinq ans de prison. Arrêté le 7 mars 2022, à Mantes-la-Jolie, à son domicile, il est en détention provisoire depuis mars. Jusqu’alors, son casier judiciaire est vierge. Musulman, quatrième d'une fratrie de six enfants d’une famille aimante, il affiche des examens psychologiques qui font état d’une intelligence normale et ne dénotent aucun trouble mental. Pourtant, ledit Hamza K. n'y a pas été de main morte. À l'audience, on apprend qu'il a voulu entrer dans le bar identitaire lyonnais avec une PKM, la plus grosse mitrailleuse existante. La juge rapporte ses propos : « Il faut éliminer ces chiens et faire du carnage » ou encore « Tu vois, si on peut en tuer comme Merah, c’est top. C’est un héros. » Hamza K. veut faire peur aux kouffars [mécréants, NDLR] et nourrit surtout l’ambition de tuer un policier ou un militaire pour lui prendre son arme, comme en attestent ses conversations.

La rhétorique de la défense qui respire la taqîya

Allure impeccable, glabre, cheveux bouclés, portant chemise et pantalon noirs, il parle calmement avec une voix douce. L’air candide, Hamza K. se défend d’avoir vraiment voulu passer à l’acte, malgré les milliers de messages Telegram qu’il a échangés avec son complice Ryan E. « Ce n’était que virtuel, donc irréel et sans conséquences. » Pour lui, il y a clairement un Hamza K. réel et un Hamza K. virtuel.

La juge lui demande pourquoi il est resté en contact avec Ryan E. : il cherchait à avoir les vidéos de l’État islamique mais sans vraiment prendre Ryan au sérieux, puisqu'il était mineur, dit-il. En coupant les relations, il craignait de manquer quelque chose. Devant le juge, Hamza K. tente de se justifier : il cherchait à comprendre l’État islamique, sans en partager l’idéologie. Difficile d’y croire, sachant que plusieurs vidéos d’exécution sont rythmées par des « hallachis ». Il reconnaît que ce sont des musiques islamistes d’appel à la guerre, mais dit ne pas comprendre l’arabe : « C’était de la curiosité malsaine », minimise-t-il. Au sujet des messages adressés à son complice, il assure : « Je cherchais à rentrer dans la peau du personnage, à aller dans son sens et je ne voulais pas passer pour un lâche. » À la barre, sa mère semble émue, mais elle explique qu’elle soutient pleinement son fils. Elle s’excuse tout de même au nom de la famille pour la très grosse bêtise de son fils. Elle dit ne pas comprendre, son fils ayant été élevé dans le respect de l’autre avec les valeurs de la République.

La condamnation

Le temps est venu des plaidoiries. L'avocat de l'accusé Maître Best dépeint son client comme un garçon très paresseux qui ne va jamais au bout de ce qu’il entreprend, comme le montrent ses projets professionnels inaboutis. Sans permis de conduire, sans voiture, sans argent, ses entreprises funestes étaient donc irréalistes, selon l’avocat. De son côté, la procureur souligne que la mécanique djihadiste peut emprunter des modalités très diverses, et notamment une organisation via les réseaux sociaux, comme lors de l’attentat de Saint-Étienne-du-Rouvray. Selon elle, « le projet de recruter, les discussions sans équivoque sur les armes, les cibles (approchées par l’infiltré), les itinéraires et la confirmation de l’agent infiltré qu’il allait passer à l’acte » sont sans appel. Précédemment condamné à dix ans de prison ferme, au lieu de trente ans, car son crime n’a pas été consommé, la procureur a requis sept ans de prison ferme.

En l’absence de la famille, la juge a finalement prononcé une peine de cinq ans de prison ferme, sans période de sûreté, à presque 22 h, devant un avocat médusée. Hamza K. arbore une mine défaite. Il a dix jours pour faire appel. Son complice sera jugé cette semaine devant le tribunal pour enfants.

Gabriel Decroix
Gabriel Decroix
Étudiant journaliste

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Leur présence sur le sol de France, avec les droits des Français n’est pas irrémédiable et éternelle.
    Il ne manque plus que la volonté.

    Le problème est que jusqu’à présent beaucoup d’hommes politiques ou de journalistes l’ignoraient ou voulaient l’ignorer…

    C’est fini !

    Dans son entretien de ce jour, le 11 juillet 2023, avec Apolline de Malherbe, visiblement très énervée, sur BFM TV, Éric Zemmour a levé le pot aux roses !!!

    « la législation de ces pays interdit à leurs ressortissants de rompre avec leur nationalité d’origine de leurs parents ou de leurs grands-parents. Ils sont donc algériens de père en fils, marocains… Donc ces gens-là ont tous une double nationalité ».

    C’est dit !

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