Semaine de 4 jours: retour au réel pour les écoliers français

À son arrivée au ministère de l’Éducation nationale, et conformément à une promesse du candidat Macron, Jean-Michel Blanquer a donné la possibilité aux communes de revenir à la semaine de quatre jours. Le gouvernement précédent avait imposé une semaine de quatre jours et demi pour tous. Cela, au nom du bien de l’enfant puisque les chronobiologistes estimeraient qu’il est préférable, pour lui, d’étaler l’horaire hebdomadaire sur plus de jours pour avoir des journées moins fatigantes.

Aujourd’hui, ce sont 90 % des communes qui sont revenues à cette semaine de quatre jours, dont certaines avaient été pionnières.

Ce mouvement massif est significatif.

Il est d’abord significatif d’un fonctionnement idéologique de la gauche française. L’idée est toujours généreuse au départ et elle repose sur une certaine réalité. Il est vrai que trop d’heures de cours pendant la journée fatiguent les enfants. Il est à peine besoin de faire appel à des sciences à la mode pour le savoir. Mais cette idée est mise en œuvre sans que son application pratique soit étudiée.

Étaler l’horaire hebdomadaire (24 heures) sur quatre jours et demi fait terminer les cours entre 15 et 16 heures. Il est certain que, si les parents peuvent alors le récupérer et s’occuper de leur enfant, cela ne peut qu’être bénéfique. Mais, en dehors des classes sociales privilégiées, bien peu de familles peuvent le faire.

L’affaiblissement continu de la politique familiale en France a conduit, dans la plupart des familles, à ce que les deux parents travaillent. Si, il y a encore trente ans, il était courant, dans la classe moyenne, que la mère de famille reste au foyer, cela ne se voit plus guère aujourd’hui. Dès lors, si les cours s’arrêtent bien à 15 heures, les enfants doivent le plus souvent rester à l’école jusqu’au soir. Quand l’école est dans une commune sans beaucoup de moyens ou d’infrastructures, les activités périscolaires, à la charge de celle-ci, se résument le plus souvent à jouer au ballon dans la cour.

C’est là une deuxième caractéristique de l’idéologie dominante en France : elle est jacobine. Les mesures sont décidées de Paris, du point de vue parisien. Dans la capitale, pas de problèmes de transport scolaire ; pas de problèmes d’infrastructures (parcs, stades, bibliothèques, cinémas, etc.) ; pas (trop) de problèmes financiers. Mais, dans beaucoup de communes, il a fallu embaucher des animateurs, investir dans des équipements (à renouveler souvent, les enfants ne les épargnent pas), revoir les transports, etc. Le plus souvent, cela s’est traduit par une augmentation des impôts. Car si l’État a financé dans un premier temps les activités, ce financement était temporaire et l’État diminue les dotations aux communes, les étranglant financièrement.

Pour les enfants, pas de gain ; pour les communes, une charge supplémentaire ; pour les familles, des impôts qui augmentent. Il fallait sortir de cette absurdité.

En donnant aux communes la liberté de s’organiser comme bon leur semble, le ministre de l’Éducation nationale l’a fait et montre la voie d’une politique réellement démocratique et efficace parce qu’au plus proche des citoyens et de leur vie. Les maires ruraux sont sans doute moins diplômés que les énarques des ministères ; ils ne sont peut-être pas plus honnêtes que les élus nationaux ; mais ils côtoient quotidiennement leurs électeurs, dans la rue, à la supérette, à la sortie de l’école. Ils sont bien obligés de tenir compte du réel.

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