[RAISON GARDER] Magouilles électorales aux États-Unis
Le quotidien Le Monde du 30 avril et du 6 mai 2026 nous fait part d’une décision de la Cour suprême des États-Unis qu’il estime scandaleuse : « La Cour suprême fait reculer les droits civiques », titre-t-il avec indignation.
Pour comprendre la problématique, il faut savoir qu’aux États-Unis, dans la plupart des États, les électeurs signalent aux autorités publiques à quel camp politique ils appartiennent, cela, afin de pouvoir participer aux « primaires » de leur parti. Et ces fichiers sont accessibles. Par ailleurs, de façon indépendante, les États-Unis pratiquent les statistiques « ethniques » : dans les questionnaires des recensements, on se déclare « Blanc », « Noir », « Latino », etc. Et ces statistiques, corrélées au lieu d’habitation, sont également accessibles.
Or, le découpage des circonscriptions électorales n’est pas réalisé par une administration indépendante et impartiale, qui ne prendrait en compte que les critères de géographie et de démographie : il est réalisé par l’administration directement politique du lieu. Deux cas se présentent : soit un parti est tellement dominant qu’il effectue lui-même le découpage (par exemple, dans une région démocrate, c’est l’administration démocrate qui découpe ; dans une région républicaine, c’est l’administration républicaine). Soit, pour plus de sécurité, les deux partis s’entendent pour découper ensemble.
Le découpage électoral états-unien aboutit ainsi à des circonscriptions électorales qui sont de véritables dentelles. Grâce aux statistiques politiques et ethniques, on fait en sorte de créer ici une circonscription acquise aux démocrates, là une circonscription dévouée aux républicains.
Un charcutage électoral qui n'a rien de clandestin
Puisqu'il s’effectue au vu et au su de tous. Le Monde le reconnaît sans ambages : « Le redécoupage partisan […] permet à chaque camp de modifier les règles et de chercher une hégémonie sans compromis. » Cela explique l’étonnante stabilité globale du vote : les majorités changent, certes, mais par quelques unités. Un phénomène comme les législatives françaises de 1993, où le Parti socialiste passa de 260 députés à seulement 60 députés, est inconcevable aux États-Unis, par la grâce du « redécoupage partisan ».
Le Monde, qui pousserait des cris d’orfraie si une telle pratique existait en France, ne trouve rien de vraiment sérieux à y redire lorsque cela se passe aux États-Unis. Le problème, c’est que la Cour suprême vient d’annuler une disposition, prise dans le cadre de la bataille des droits civiques des années 60, concernant ces redécoupages.
Depuis une décision de 1965, il était permis de procéder (officiellement) à des découpages électoraux sur une base ethnique, prétendument pour permettre une meilleure représentation des « minorités », noires en particulier (ce sont les Afro-Américains que vise premièrement Le Monde, puisque le cas soumis à la Justice était relatif à la Louisiane). La Cour suprême a donc retoqué cette décision de 1965.
Les Noirs pas particulièrement défavorisés
Les juges proposent trois arguments pour leur sentence.
D’abord, ils estiment que cette disposition de 1965 contrevient à la Constitution américaine, qui interdit toute discrimination sur la base de l’origine raciale. Nous laisserons les juristes discuter ce point, puisque le législateur n’a pas estimé, en 1965, que la Constitution mettait un obstacle à son choix. Mais même si la vision de la Constitution par l’actuelle Cour suprême peut prêter à débat, avouons qu’il n’est pas absurde en soi de retoquer une mesure « ethnique » sur la base d’une Constitution qui interdit les mesures « ethniques ».
Ensuite, soulignent les juges de la Cour, « de profonds changements sociaux se sont produits dans tout le pays, et particulièrement dans le Sud, qui a fait de grands progrès pour mettre fin à la discrimination raciale enracinée ».
Cette remarque sur les évolutions récentes est loin d’être dépourvue de pertinence. Historiquement, le Parti démocrate est le parti des minorités (Noirs, Juifs, catholiques, etc.). Et, de fait, les Noirs votent massivement pour lui, encore aujourd’hui. Or, pour ne prendre que les présidents (sans parler des assemblées législatives) sur les dix dernières « présidences », il y a eu cinq fois des Républicains (Bush père, Bush fils deux fois, Trump deux fois) et cinq fois des Démocrates (Clinton deux fois, Obama deux fois, Biden). Il y a même eu un président noir pendant huit ans (Obama). On ne peut donc pas dire que les Noirs, en tant que groupe politique (en grande majorité démocrate), soient particulièrement défavorisés.
Les politiques renvoyés à leurs responsabilités
Enfin, les juges apportent un troisième argument digne d’intérêt. Ils remarquent que les outils technologiques modernes, notamment l’intelligence artificielle capable de brasser des quantités immenses de données, permettraient de composer des cartes de circonscriptions électorales très fines, prenant en compte tous les paramètres, y compris partisans et raciaux. Autrement dit, la Cour suprême renvoie les politiques à leurs responsabilités, puisqu’au lieu de magouiller pour se faire des circonscriptions à leur main, ils auraient désormais la possibilité de définir des circonscriptions équilibrées où le processus démocratique pourrait se déployer dans toute son ampleur.
Avec sa mauvaise foi légendaire, Le Monde a décidé, une bonne fois pour toutes, que l’actuelle Cour suprême était un ramassis de vieux croutons d’extrême droite. Donc, pour ne pas déroger à sa ligne de conduite, il vilipende la récente décision de cette Cour.
En réalité, il n’y a pas motif à crier au charron. Il est possible de discuter cette décision, pourvu qu’on apporte des arguments réels et sérieux ; mais elle n’est pas plus critiquable que l’état précédent de la législation (le Voting Rights Act de 1965), et peut-être beaucoup moins.
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19 commentaires
si c’est le journal » le monde » qui l’écrit en pleurnichant, c’est que c’est une bonne nouvelle pour les gens normaux !
Chez nous en France, c’est pareil. Quand Macron a été réélu, le peuple à la tête bien faite est tombé de sa chaise et depuis, la France est tombée dans le vide.
le monde n’est jamais interven quand Al Gore s’est fait pigeonné par les votes electroniques en faveur de busch et encore moins pendant les dernières élections roumaines ou il fut declaré une annulation des votes souverains garce a la société entertenue d’ingérence connue par macron et sa bande !
C’est vrai que nous ,les magouilles électorales , nous n’avons pas ça chez nous !
Magouilles électorales aux États-Unis ?
Et les 3 millions de voix miraculeusement disparues entre 21h20 et 22h40 sur les panneaux de synthèse de la soirée électorale du deuxième tour des présidentielles animée sur France 2 par Delahousse en 2022, on en parle ?
Explication officielle, à l’heure des remontées informatiques sécurisées du Ministère de l’Intérieur, c’est un bug et une erreur de saisie du « stagiaire » … sans doute le même qui fait les histogrammes sur Reconquête à France Info !
Et la France qui, après la forfaiture du référendum de 2005 ou les coups d’état répétés du Conseil Constitutionnel, prétend donner des, leçons de démocratie à la Terre entière !
EXACT !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Aaaah Le Monde !
Ce média qui ne serait rien sans les :
– 15,85 millions d’€ d’aides publiques, uniquement pour le journal,
– 7,8 millions d’€ d’aides directes,
Etc.
Évidemment, ça donne à cette caste de soi-disant journalistes politiques le droit de se mêler de la politique nationale, et internationale, s’arrogant même le droit de juger le système des USA !
C’est une question de tailles de chevilles !
Que serait Le Monde sans cette gabegie financière ?
Il serait juste un journal qui, plié en trois et porté sous l’aisselle, droite ou gauche selon les circonstances, ne sert que de signe de reconnaissance dans les jardins des Tuileries ou d’ailleurs…
Ce petit monde de Le Monde est bien incapable de produire une analyse fine, sans la publier « à charge » contre ce pays, et plus particulièrement son président, étant bouffi de Trumpophobie !
Étant franco-américain, le problème aux USA, au moins jusqu’à ce jour, c’est la triche, et Dieu sait que les Democrats sont champions du Monde (sans jeu de mot) !
C’est bien l’apanage de la gauche française que de juger ce qui se passe ailleurs quand tout fout le camp (de leur faute) ici.
Les gochos encore à l’oeuvre. Qu’ils commencent pas s’occuper des magouilles françaises.
Et en France, c’est bien français que de toujours aller juger les autres alors que chez nous, ont été élus les pires racailles qui soient … regarder la paille dans l’oeil du voisin plutôt que la poutre colossale que nous avons dans l’oeil … pauvre pays.
+10 000 !
La décision paraît juste en tout cas. Ce qui paraît extraordinaire est que les américains aient pu se contenter d’un système aussi bancal, aussi longtemps… Peut-être en ont-ils marre de cette éternelle rivalité démocrate/républicain. Ils aspirent peut-être eux-aussi à autre chose de plus juste et plus équilibré.
Je m’inquiète des cartes nationales d’identité à puce française facilement manipulables ou traficables à distance par nos gouvernants. Ils vont pousser aux votes électroniques…. La France est en danger le rouge clignote !
qu’est ce que j’en ai à cirer de ce que pense « le monde »? Moi je pense qu’il bouffe MON pognon avec ses subventions indues. Quand aux USA, ils font ce qu’il veulent : ils sont chez eux tant qu’ils ne viennent pas me tondre la laine sur le dos.
Mais quel pays ! heureusement, ce n’est pas en France qu’on pourrait voir des horreurs pareilles !
Certes, en France on appelle ça des « magouilles électorales » mais elles sont faites au vu et au su de tout le monde. Ça ne me semble pas plus préjudiciable à la démocratie que la méthode française ou on modifie des circonscription sur des critères parfois un peu « obscurs ».
J’imagine que votre post est à lire au second degré ! :)
Je me souviens qu’en 1981-1982, le ministre de l’intérieur et maire de Marseille Gaston Deferre avait su faire un découpage électoral de la ville qui lui a permis de gagner avec MOINS de voix que son adversaire Jean-Claude Gaudin.
De même, depuis toujours, la Corse, ou les DOM TOM se distinguent par des bourrages d’urnes que des républiques bananières ne sauraient renier.
Quelles que soient les lattitudes et quels que soient les pays, dès qu’il y a de la politique il y a de la fraude, du mensonge et de la corruption.
« Quelles que soient les lattitudes et quels que soient les pays, dès qu’il y a de la politique il y a de la fraude, du mensonge et de la corruption. » Excellent résumé. A rapporter à l’évolution patrimoniale de la plupart de notre personnel politique tout au long de leur carrière.
Rassurez vous , la France est une dictature de juges qui savent très bien encadrer notre « démocratie » afin que le « peuple » soit neutralisé .