Une génération sans tabac : au nom de la prévention, une mesure liberticide de plus

À quand une génération sans alcool et sans charcuterie ?
Danielclauzier, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons
Danielclauzier, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

Rien de nouveau sous le soleil : l’assurance maladie a enregistré un déficit de 15,9 milliards d’euros pour l’année 2025 et prévoit qu’il sera de 13,8 milliards d’euros en 2026. Inexorablement, année après année, « le trou de la Sécu » devient de plus en plus profond. Et puisque les finances françaises sont au plus bas, il convient de trouver des solutions pour réduire ces pertes. L’assurance maladie a formulé quarante propositions en ce sens dans un rapport intitulé « Charges et produits pour l’année 2027 ». Beaucoup sont liberticides et infantilisantes.

À commencer par celle qui concerne le tabac. La Sécurité sociale soutient une proposition de loi « visant à interdire la vente de tabac à une classe d’âge qui a été déposée à l’Assemblée nationale ». Elle se dit « favorable à la création d’une génération sans tabac, à l’image du Royaume-Uni qui, en 2026, a interdit la vente de cigarettes à toutes les personnes nées après le 1ᵉʳ janvier 2009 ». À l’instant t, cela ne changerait pas grand-chose, puisqu’en France, la vente de tabac est interdite aux mineurs. Après leur majorité, à 30, 40 ou 50 ans, la donne serait en revanche différente, puisque les personnes concernées ne seraient toujours pas libres de fumer si l’envie leur en prenait ou, tout du moins, d'acheter du tabac. La Sécurité sociale se moque du tiers comme du quart de l’article premier de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », et entend bien priver toute une génération d’un produit légal.

Une mesure discriminatoire

Les trafiquants, contre lesquels les pouvoirs publics semblent tout à fait impuissants, s’en frottent certainement déjà les mains. Mais au-delà du fait que cette interdiction pourrait faire augmenter considérablement la contrebande et le trafic, il convient de se demander s’il est tout à fait normal que l’État s’immisce ainsi dans la vie privée des Français. Cela ne présage, en tout cas, rien de bon, car sous couvert de politique de santé publique, tout est possible. Loin de nous l’idée d’être complotiste, mais il faut tout de même imaginer la suite… Une personne de la génération sans tabac qui fumerait quand même sera-t-elle prise en charge si elle contracte une affection liée à son tabagisme ?

Il en est de même pour l’alimentation, un autre terrain sur lequel l’assurance maladie s’engage. Elle plaide en faveur de la généralisation et de l’obligation de l’apposition du Nutri-Score sur les aliments emballés et préconise d’« ajouter une information sur le caractère ultra-transformé du produit ». L’information puis… l’interdiction ? C’est ainsi qu’il en est avec le tabac, alors pourquoi pas avec le reste ?

Ainsi, demain, l’alcool, mauvais pour la santé, pourrait être soumis à des restrictions d’achat, tout comme la charcuterie, les frites et autres confiseries. Autre exemple : le nombre de passages par habitant dans des fast-foods pourrait être décompté et limité.

Une dérive liberticide

Enfin, au rayon santé, la Sécurité sociale veut « déployer une campagne de vaccination contre les pneumocoques chez les personnes âgées ». Incitatif ou obligatoire ? L’assurance maladie ne le dit pas, mais force est de constater que dans ce domaine, le Covid-19 a ouvert la voie.

Évidemment, c’est pour le bien des Français et, évidemment, il faut diminuer les dépenses de santé pour que le système de solidarité actuel puisse perdurer, mais n’y a-t-il pas mieux à faire pour économiser « 3,9 milliards d’euros » ?

Pour rappel, le budget de l’AME (pris sur celui de l'État mais non de la Sécu) est de 1,4 milliard par an, tandis que la fraude à l’assurance maladie varie entre 700 millions et 1 milliard, annuellement. À cela s’ajoutent des remboursements pour transition de genre pouvant dépasser les 100.000 euros par personne et une multitude d’actes non essentiels réalisés aux frais de la princesse alors même qu’elle n’a plus un sou. Économiser, oui ; priver les Français de liberté et de libre arbitre, non.

Vos commentaires

78 commentaires

  1. Et la France sans terroristes, sans barbares etc…etc…, c’est pour quand ? Pour avoir une France sans tabac, sans alcool et sans drogués, c’est au gouvernement d’y remédier en leur supprimant la prise en charge par la S.S. de tous problèmes de santé qui y sont liés car ce n’est pas à la société de supporter les diverses conséquences de leur addiction.

  2. Baisse de la consommation du tabac/ HAUSSE des substances psychotropes
    Pour le vin et la viande, : Bonne progression grâce aux « Bolcheviks écolos  »
    Une France radieuse !

  3. En réalité, le problème est bien plus complexe qu’il n’y paraît … Si les humains se droguent depuis la nuit
    des temps, c’est qu’ils ont des problèmes psychologiques d’inadaptation à la vie elle-même, et cela, bien
    malin celui qui trouvera un remède universel capable de rétablir la situation !

    • Si on ne trouve pas un problème politique complexe, c’est généralement qu’on a de belles oeillères ou le cerveau d’un politicien du RN ou de LFI

  4. Sujet complexe.
    Les campagnes de prévention devraient être plus intense.
    Le canabis est interdit et pourtant…!

  5. Un grand merci, en particulier pour le dernier alinéa. Ces « gens-là » ont ils prévu quelque chose pour le protoxyde d’azote et autres produits « relaxants » ? Alors qu’ils parlent finances, ont-ils oublié les monstrueuses taxes payées par le « tabagiste » ? En attendant je ne trouve plus de tabac à pipe comme j’aimais, la filière tabac française a disparu et apparemment personne ne se souvient des effets de la prohibition aux USA.

  6. Si ça n’avait pas existé, aujourd’hui seraient-on aussi idiots pour inventer la cigarette, l’enflammer, la porter aux lèvres et en avaler la fumée?

    • Il y a bien des idiots qui respirent volontairement du gaz hilarant. D’autres avalent volontairement des capsules de produits toxiques ou s’injectent du poison dans les veines. J’en ai aussi connu qui se plaquaient sur le nez et la bouche un chiffon imbibé de trichloréthylène. Alors la cigarette, c’est peut-être la moins toxique de toutes ces cochonneries.

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