Taper en permanence sur le Front national ne dissuadera pas des électeurs de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, pas plus que ceux de PACA, de voter pour la liste de Marine Le Pen ou pour celle conduite par sa nièce Marion. Cela n’évitera pas au Parti socialiste une grande frayeur en 2017, si ce n’est de vivre un nouvel avril 2002.
 
S’en prendre régulièrement à des représentants de cette formation politique et à ses apparentés, les empêcher de s’exprimer comme l’a fait la journaliste Patricia Loison qui, le 16 septembre dernier (“Grand Soir 3”, Édition spéciale crise des migrants) a mené un véritable inquisitoire à l’encontre de Robert Ménard, n’affaiblira pas leur cote montante dans l’opinion.
 
Nous pouvons ne pas adhérer aux thèses du FN, ce qui est mon cas, sans faire preuve d’agressivité proactive à son endroit. Contrairement à ce qu’a avancé Maïtena Biraben au “Grand Journal” de Canal+, contre laquelle la bien-pensance voudrait maintenant intenter un procès pour malhonnêteté intellectuelle, ce parti est loin d’être le premier de France. Il exprime, cependant, la pensée de nombreux Français, suffisamment pour mériter un certain respect politique ; leurs résultats électoraux l’attestent.
 
Lorsque François Hollande, président de la République, avoue à demi-mot ne pas avoir pris pleinement conscience de l’ampleur de la crise économique de 2008 alors qu’il était candidat, reconnaît avoir commis une erreur en supprimant la TVA sociale, il renforce une envie grandissante d’essayer une autre alternative.
 
Lorsque Manuel Valls, Premier ministre, emprunte le ton suffisant attaché à sa personne, pour indiquer combattre fermement l’avancée du FN, il oublie être un des acteurs de sa progression. La politique de laxisme que lui et son gouvernement mènent, leur gestion déplorable de la crise des migrants, leur incapacité à endiguer le chômage, l’accumulation d’annonces et de renoncements, “des actes qui ne sont pas à la hauteur des paroles” (propos d’un chef d’entreprise interviewé par l’équipe “Des paroles et des actes”), concourent à donner du poids à ceux qui ne possèdent aucun passif à la tête de l’État.
  
Politiques de la nation, pour barrer la route au FN, vous feriez mieux de déplorer les sorties de route des journalistes, adopter une conduite responsable et irréprochable, être à la hauteur des mandats qui vous sont confiés. Les Français réclament des résultats. Rien de plus. Donnez-leur ce qu’ils veulent si vous voulez qu’ils reviennent vers vous. Ce qui vaut pour un parti vaut pour un autre !

À lire aussi

Dans les médias, tout est bon pour salir l’image des militaires

Pourquoi, à la moindre occasion, abîmer l’image d’une frange de la population pour qui esp…