Après avoir réformé aux forceps le marché du travail, M. Macron va s’attaquer au système des retraites.

En vingt-cinq ans, au gré des multiples réformes, ce dernier est devenu moins généreux. L’âge où on cesse le travail s’est élevé progressivement pour se rapprocher de 65 ans, comme avant 1981. À cette époque, les experts avaient prévenu M. Mitterrand : la à 60 ans serait économiquement soutenable pendant une dizaine d’années, avant de devenir trop lourde pour nos finances. On ne les a pas écoutés et notre pays a vécu une longue et épuisante série de conflits sociaux, pour revenir à une situation proche de celle qui prévalait sous Giscard pour les employés du public. En revanche, les fonctionnaires ont été les grands perdants de ce réajustement. Alors qu’ils partaient, en 1980, à 60 ans et à plein taux après seulement 37,5 années de cotisations, ils ont été alignés sur les conditions générales.

M. Macron propose un big bang pour les retraites. Il veut unifier les multiples caisses (elles sont trente) et mettre en place un système à points qui serait le même pour tous. Pendant sa , il prétendait que l’équilibre financier était atteint, mais hélas, le des retraites est en fait de l’ordre de 0,1 % à 0,2 % du PIB (2 à 4 milliards). L’équilibre initialement prévu pour 2020 est reporté à 2037 si l’expansion est de 1,8 % par an (hypothèse fort peu plausible) ou plutôt à 2070 si les conditions actuelles de molle prévalent.

Le pouvoir sera obligé de donner un nouveau tour de vis. Il pourra soit augmenter les cotisations (comme M. Hollande), mais cette mesure amputerait les salaires d’un montant équivalent à ce que va apporter la prochaine baisse des charges (ce qui est politiquement impensable !). Il pourrait aussi durcir l’âge minimal pour obtenir une retraite pleine, mais on a déjà atteint les limites de ce qu’on peut exiger d’un être humain. Il ne reste que la diminution du montant des pensions qui sera sans doute le levier activé, bien que l’augmentation de la ait déjà pesé sur nos aînés.

Cette mesure déplaisante adoptée, il restera à faire adopter la réforme. Le nouveau système ne changera rien pour la plupart des salariés (publics et privés), mais heurtera de front les régimes spéciaux (dont la SNCF).

Or, si on analyse les précédents conflits, ils n’ont été durs que lorsque les transports (SNCF ou routiers) étaient impliqués. Quand ceux-ci se tenaient à l’écart, les mouvements ont cédé sans rien obtenir. En revanche, grâce à de longues grèves, les syndicats de la SNCF ont toujours maintenu un régime qui leur était favorable.

Seule l’apparence a changé.

Quand on a augmenté sensiblement les cotisations des cheminots pour les faire soi-disant rentrer dans le moule commun, leurs rémunérations ont monté d’autant et le coût a été nul pour eux.

Fidèle à sa volonté réformatrice, M. Macron attaquera-t-il de front les régimes spéciaux, quitte à déclencher un conflit violent et interminable ?

Ou se couchera-t-il comme ses prédécesseurs ?

21 novembre 2017

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