Votation « Pas de Suisse à 10 millions ! » : l’UDC veut une immigration maîtrisée

Entre autres choses, l’agression du 28 mai à Winterthur, au cri de « Allah Akbar », lui donne raison.
Photo de Gotta Be Worth It: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/paysage-nature-clairiere-terrain-5210206/
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Le 14 juin, les Suisses se prononceront sur une initiative visant à réduire drastiquement l’immigration. L’attentat survenu le 28 mai à Winterthur fragilise la position de ceux qui s’y opposent.

Depuis quelques mois, la bataille fait rage, chez nos voisins, autour de l’initiative « Pas de Suisse à 10 millions ! » Portée par l'Union démocratique du Centre (UDC), cette proposition vise à inscrire dans la Constitution le plafonnement de la population à 10 millions d’habitants, d’ici 2050, en restreignant l’immigration de peuplement.

Une Suisse saturée

Depuis l’instauration de la libre circulation des personnes en 2002, la population suisse a augmenté d’environ 1,7 million d’habitants. 80 % de cette hausse est due à l’immigration. « L’immigration incontrôlée vers notre pays fait planer sur nous l’ombre d’une Suisse à 10 millions. Cette véritable explosion démographique surcharge nos infrastructures, détruit notre nature et fait encore augmenter les loyers », dénonce l’UDC, sur son site Internet.

Si, avant 2050, la population résidente permanente dépasse la limite de 9,5 millions de personnes, l’UDC demande au Conseil fédéral et au Parlement de prendre des mesures, notamment en matière d’asile et de regroupement familial. Si le seuil des 10 millions est dépassé, les promoteurs du texte envisagent le retrait de certains accords bilatéraux et la possibilité de dénoncer l’accord de libre circulation avec l’Union européenne. Outre les conséquences sur les infrastructures et sur l’environnement, l’UDC alerte sur l’augmentation de la criminalité et sur l’importation de mœurs étrangères en Suisse.

Perte d’identité et hausse de la criminalité

Dans un manifeste publié sur le site de l'UDC, la députée Céline Amaudruz dénonce une perte des valeurs et de la culture suisses, liée notamment à une immigration islamique : « C’est nous qui nous adaptons de plus en plus, et non l’inverse. Dans de nombreuses classes, on ne chante plus de chants de Noël. […] Les prisons, les cantines publiques et les écoles ne servent plus de porc. » Pire, encore, la députée alerte sur l’augmentation de l’insécurité : « Les infractions graves, en particulier, ont nettement augmenté et les viols ont doublé depuis 2020 ! » Nous pourrions en dire de même en France.

À son avis, une poignée, seulement, de personnes profite de l’immigration de masse, tandis que la population globale en paie le prix fort. En effet, outre la gauche qui dénonce « une initiative du chaos » - alors que c’est tout le contraire ! -, parmi les principaux opposants au texte, on retrouve les patrons suisses libéraux qui veulent avant tout protéger leurs intérêts économiques.

« Des cambriolages, crimes violents et agressions au couteau sont rapportés quotidiennement », insiste le comité d’initiative, dans un texte publié le 8 mai sur le site du gouvernement. Faisant la sourde oreille, le Conseil fédéral et le Parlement tentent même d’inverser l’argument : « L’initiative compliquera la lutte contre la criminalité et le terrorisme. » Le 28 mai, un attentat terroriste au couteau a, au contraire, mis en lumière les défaillances du système.

Une politique d’immigration défaillante

Le 28 mai, Nepsi D., 31 ans, un Suisse d’origine turque, blesse trois personnes à l’arme blanche, à la gare de Winterthur, aux cris de « Allah akbar ». La piste terroriste est donc privilégiée, d’autant que l’assaillant appartenait à une cellule djihadiste et souhaitait instaurer la charia en Suisse.

Au vu du profil de l’assaillant, le système est actuellement vivement critiqué. Ainsi, lors d’une conférence de presse, Mario Fehr, directeur de la sécurité du canton de Zurich, a mis en cause des autorités fédérales qui hésitent à retirer la nationalité suisse à ce genre d’individu.

Nepsi D. souffrait aussi de troubles psychiques. La veille des faits, la clinique dans laquelle il séjournait a estimé qu’il « ne présentait aucun danger pour lui-même ni pour autrui ». Afin d’atténuer la responsabilité de l’institution, Jérôme Endrass, psychologue et criminologue, a expliqué à la radio SRF que les psychiatres n’ont aucun accès au dossier pénal ou au casier judiciaire de leurs patients. Une révélation qui laisse pantois.

Espérons, pour nos voisins, qui ont au moins la chance de pouvoir s’exprimer, que ce dramatique événement influencera les résultats du référendum du 14 juin.

Vos commentaires

24 commentaires

  1. Le regroupement familiale est une hérésie qui transforme une immigration de travail, en une immigration de peuplement. Quand elle dépasse un certain seuil, elle ne cherche plus à s’adapter, ni à s’intégrer comme l’ont fait les Polonais, les Espagnols, ou les Italiens, entre les deux guerres mondiales, et les Portugais plus tard. Il est quand même curieux que la seule explication au comportement de ce genre d’individu est qu’il était sous  » l’emprise de substances », ou que ce sont des « déséquilibrés » sujet à des « bouffées délirantes ». . Si j’étais le psychiatre qui a remis cet homme dans la société sans voire qu’il est une bombe à retardement, je me sentirais quelque peu coupable, et j’irais compléter ma formation.

  2. À préciser : un plafond de 10 millions d’habitants représenterait environ 1 million de personnes de plus qu’aujourd’hui. Parmi elles, une part importante pourrait rencontrer des difficultés d’intégration sur le marché du travail. Or, à l’horizon 2050, l’intelligence artificielle et l’automatisation risquent d’accentuer les tensions sur l’emploi, en particulier pour les personnes les moins qualifiées ou les plus vulnérables (faible niveau de formation, maîtrise limitée des langues nationales, charges familiales importantes, etc.). Dans cette perspective, il pourrait être pertinent d’envisager un objectif démographique plus modéré, par exemple autour de 8 millions d’habitants.

  3. Le vieillissement de la population sera une société apaisée au dynamisme ralenti. Le manque d’innovation de la jeunesse sera amplement renouvelé par l’IA. C’est un souhait, pas une certitude hélas.

  4. Quand on pense qu’un seul attentat qui a fait 3 blessés peut provoquer un référendum avec pour effet de limiter l’immigration ! A ce rythme, la France aurait dû inscrire la remigration dans sa Constitution ! Nous en sommes à 300 morts et des centaines de blessés et la lithanie continue.

    • Les choses ne vont pas si vite. Le texte soumis au vote relatif à l’initiative populaire « Pas de Suisse à 10 millions ! » date du 19 décembre 2025. Cette initiative (ce n’est pas un référendum) a donc été lancée avant l’attentat du 28 mai 2026.

    • Instituer le référendum dans notre pays , ne peut plaire aux politicards qui pensent plus à leurs prochain mandats, plutôt qu’à la sécurité des citoyens.
      Depuis plus de 20 ans, ces Bons enfants détruisent nos institutions pour donner le pouvoir à une Europe en déclin, et plus de pouvoirs à la ligue des droits de l’homme dont l’ingérence dans notre pays n’est plus à démontrer.
      Un syndicat de police tire la sonnette d’alarme, et dit au Ministre qu’il est incompétent, ce qui n’est plus à démontrer, avec Celui de la justice dont la spécialité est de faire du vent ! Il faudrait le nommer Sancho Pansa.

  5. En France les Français veulent une immigration à zéro et le retour pour le reste des illégaux .

    • Nous sommes bien d’accord, mais avec ces arguments, vous allez comme bien d’autres, subir les foudres des Bobos gauchos, dont la préoccupation première, est la protection de leur électorat.

  6. « parmi les principaux opposants,…les patrons suisses libéraux ». Et moi qui croyais que les sales buveurs de sueur capitalistes encourageaient la baisse des salaires à travers l’exploitation de la main-d’œuvre immigrée !!!
    Je crois me souvenir également des émeutes de Lausanne le 25 août 2025.
    J’aimerais bien aussi savoir quelles pressions ont été exercées pour aboutir à l’instauration de la libre circulation des personnes en Suisse en 2002 ?
    Merci pour cet article, Angélica ! La vérité nous rendra libres.

    • Les milieux économiques sont contre l’initiative, sauf les patrons affiliés à l’UDC (ce qui permet à la RTS d’ironiser). Les médias sont contre, les présidents d’université sont contre, etc. Le résultat est incertain même si beaucoup se plaignent de la saturation des moyens de transport, des infrastructures, de la flambée des loyers, du dumping salarial, etc. En décembre 2025, plus grand journal alémanique, la NZZ, titrait sur la lassitude ressentie par la population face à la croissance de population sous prétexte de soutien à l’économie (de fait, une fois que l’on a enlevé les montagnes qui représentent les 2/3 du pays, la Suisse est le pays le plus densément peuplé d’Europe). Même si l’immigration pose problème, ce n’est pas la principale motivation des gens soutenant l’initiative. Les émeutes de Lausanne ont été contenues à une rue (j’habite à 200 m), et n’ont pas le caractère insurrectionnel que l’on peut voir en France.
      La libre circulation des personnes fait partie des accords bilatéraux CH/UE. Ceux-ci sont en cours de renégociation, et seront soumis au double vote du parlement et du peuple. Si en 1992 (votation pour l’adhésion de la Suisse à l’Espace économique européen, rejetée en votation à une courte majorité), l’Europe avait le vent en poupe, cela n’est plus le cas. C’est la menace agitée par les milieux économiques qui fera sans doute qu’une partie de la population se prononcera pour les accords, mais l’image de l’UE est racornie et il y a un risque significatif que les accords soient rejetés par le peuple.

  7. Pire encore, la députée alerte sur l’augmentation de l’insécurité : « Les infractions graves, en particulier, ont nettement augmenté et les viols ont doublé depuis 2020 ! »
    #
    Nous pourrions en dire de même en France.

    Mais non, en Frankistan pas question de le dire impunément!

  8. Dans le cas présent, c’est le peuple qui va décider ! Faisons la même chose chez nous, la confiance aux politiques est largement altérée.

    • Vous savez bien qu’en Frankistan, on demande l’avis du peuple pour ne pas en tenir compte…

      • Et on le demande extrêmement rarement! Un pays qui n’interroge pas son peuple ou quand il l’interroge s’assoit sur sa décision ne peut être qualifié de démocratique.

      • L’avis du peuple est sans intérêt pour ces politicards au dessus de la mêlée.
        Et même, lorsque le parlement fait preuve de bon sens « rare », des dinosaures du conseil constitutionnel viennent abroger la décision de bon sens, mettant en difficulté des milliers de travailleurs ! Il est vrai que ces décideurs n’ont pas le soucis de savoir comment aller au travail.

      • Depuis quand il n’y a plus de référendum dans notre pays? Rappelez le moi!
        Merci SARKO, Hollande, Macron1, Macron 2

      • Pourtant nombre de Français ont revoté pour les mêmes idéologiquement parlant a plusieurs reprises

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