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Editoriaux - Politique - Table - 6 novembre 2016

Rachida Dati : ses textos ne meurent jamais

Elle s’aime en Dior, porte des bottines rouge à talons vertigineux, elle est « une star » pour les uns, une « tigresse » pour les autres. Rachida ne meurt jamais, tel était le titre du livre, paru en 2013, d’Élisabeth Chavelet. Ses textos non plus.

C’est Mediapart qui, dans le cadre de l’affaire du financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, vient de rendre public l’un d’eux.

Le 3 septembre 2013, , furieuse d’avoir entendu Brice Hortefeux demander à son officier de sécurité (OS) de faire “sauter la pseudo-facilité de passage » […] que la dame « aurait à l’aéroport”, plutôt que s’adresser directement à l’incriminé, se rue sur son portable et lui envoie un texto incendiaire.

“Salut le facho” : ça commence bien, pour un privilège qu’elle se défend pourtant n’avoir jamais eu ! Alors, d’un doigt aussi enthousiaste que rageur, elle donne “un dernier avertissement” à son destinataire. À partir de là, Rachida s’en donne à cœur joie.

“Argent liquide que tu as perçu pour organiser des rdv auprès de Sarko lorsqu’il était président, des relations tout aussi liquides que tu as eues avec Takieddine, l’emploi fictif de ton ex […] et l’emploi illégal de ta compagne actuelle au Parlement européen […], les avantages que tu as eus et a encore à l’UMP à l’insu de ceux qui paient.”

En clair, Brice Hortefeux a intérêt à retenir son OS, sinon la dame déballe tout !

Il faut dire qu’entre Brice et Rachida, le contact ne passait pas. Babouches offertes aux enfants, cadeaux pour la fête du papa, rien n’y fit : Rachida, avec Hortefeux, s’est cassé les dents.

Mais la dame n’oublie pas : on la surnomme, d’ailleurs, “Rachida la Terreur”. Sa méthode : intimidation et chantage. “Tu veux que je te casse les tibias ?” avait-elle lancé, en guise de représailles, à Hortefeux qui lui décernait le titre de “voleuse (ratée) de mobylette dans la banlieue de Châlons”.

Rachida, une enfant issue de l’immigration, qui s’est hissée à la force du poignet (comme il se disait dans nos campagnes) au poste de garde des Sceaux, qui s’habille en Dior ou Saint Laurent, parler comme les racailles : triste spectacle !

La politique française se réduirait donc à cela : à des femmes et hommes politiques qui semblent passer plus de temps, afin de conserver leurs privilèges (y compris indus), à échafauder des motifs de chantage mutuel qu’à se soucier de l’avenir de leur pays. Bref, un milieu où couvent intrigues et haines recuites mais où tous se tiennent par la barbichette.

La preuve : un SMS, quel SMS ? s’étonnent en chœur Brice et Rachida, interviewés sur cette affaire. Pensez, “des conneries à Hortefeux, j’en ai envoyé”, dit celle réputée pour “vampiriser ses interlocuteurs”. Remarquez, quand on en écrit 500 par jour, des SMS, pas des conneries. Quoique…

Côté Hortefeux ? Aucun souvenir de ce texto, non plus. De toute façon, depuis, leurs relations “se sont pacifiées. Dont acte et pardon”, ajoute-t-il, subitement bien fair-play.

L’ambition pour chacun de figurer à nouveau dans un gouvernement sarkozyste vaut bien, n’est-ce pas, quelques petits arrangements entre ennemis…

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