Editoriaux - Religion - Télévision - 11 janvier 2015

Qui pratique l’amalgame ?

Sur TF1 le 8 janvier au matin, l’imam de Drancy Chalghoumi, à la question de l’état de la communauté musulmane posée par Jean-Pierre Pernaut, répond notamment : “La peur de l’amalgame…” Dans Le Figaro de ce matin : “L’islam de France redoute des amalgames”, relatant une cérémonie de vœux des dignitaires religieux français à l’Élysée… J’entends autour de moi des collègues de travail musulmans ou arabes : “Bon ben ça va encore être de notre faute, on va encore gentiment raser les murs…” Non, au contraire, les gars ! Ouvrez grand vos gueules ! Par millions, descendez dans la rue pour crier que, si « ce n’est pas ça l’islam », les premiers à pratiquer un “amalgame” abusif, ce sont précisément ces décérébrés (musulmans jusqu’à preuve du contraire) impliquant votre prophète au moment de commettre leurs bains de sang. Jusqu’à nouvel ordre, ce sont eux qui hurlent : “On a vengé le prophète.”. Jusqu’à nouvel ordre et en premier lieu, ce sont eux qui pratiquent un amalgame abusif entre votre religion et le prophète.

Touchants certes, les appels à « l’unité nationale ». Mais que fichait donc Manuel Valls ce 6 novembre 2012, hurlant à la face de l’opposition en répondant à Eric Ciotti notamment : “Le retour du terrorisme dans ce pays, c’est vous !” Amalgames, disiez-vous ? Dans le cadre d’un débat et à propos notamment du livre de Houellebeck, Soumission, Malek Chebel évoquait, il y a quelques jours à peine à la télévision, les “fantasmes” et autres amalgames…

Ce que l’on sait moins en France est que l’une des grandes villes hollandaises, Rotterdam, a pour maire depuis des années un certain Ahmed Aboutaleb, musulman de son état, lequel n’a d’ailleurs pas la langue de bois lorsqu’il évoque les jeunes “polder jihadistes” : “Tu veux aller en Syrie ? Va en Syrie ! Mais ce sera sans retour. Rends ton passeport […] sur ce point, ma position diffère grandement de celle du gouvernement”, précise-t-il encore (De Telegraaf, 26 novembre 2014).

Évoquant l’attentat contre Charlie Hebdo, Ahmed Aboutaleb s’exprime en tant que maire de Rotterdam, mais également en tant que musulman fou de rage à l’évocation de ce crime. Evoquant ces événements dans le contexte néerlandais, il précise : […] “Ne commencez pas à tuer des journalistes innocents […] du balai si vous ne trouvez pas votre place en Hollande ! Vous voyez d’un mauvais œil que des humoristes publient une feuille de chou ? Allez pourrir ailleurs !” (Algemeen Dagblad, 7 janvier 2015). Comme on le voit, si les balles ne sont pas de bois, la langue de monsieur Aboutaleb, maire de Rotterdam, non plus. Ce musulman ne se réfugie guère derrière “la crainte d’amalgames”. Pour le moment, en France, nous voyons beaucoup de panneaux  « Je suis Charlie ». Mais ils semblent tenus par très peu d’Aboutaleb.

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