Quand la gauche veut interdire les référendums sur les « sujets populaires »

Le référendum sur l’immigration ouvrirait une "boîte de Pandore" que certains tiennent absolument à maintenir fermée.

Nos « élites » redouteraient-elles la démocratie ? Horrifié de voir Gabriel Attal demander l’organisation d’un référendum sur la question des réseaux sociaux et de leur interdiction aux moins de 15 ans, le socialiste Pierre Moscovici lui a vertement répondu, ce 16 août, sur X. « Je ne suis pas d’accord !, s’est insurgé l’ancien commissaire européen. Convoquer le référendum sur les sujets populaires risque d’ouvrir la boîte de Pandore des populistes. » Tiens, tiens. Le recours au peuple serait-il uniquement permis sur les sujets « impopulaires », c’est-à-dire sur les sujets qui n’intéressent pas ledit peuple ? Drôle de conception. Mais un internaute a rapidement volé au secours de Moscovici et ajouté qu’un tel procédé pourrait, en effet, ouvrir la voie au « détricotage de l’État de droit par le RN » si ce dernier était au pouvoir. Réponse sans ambiguïté de Pierre Moscovici : « C’est bien le problème… »

Sur X, l’avocat Thibault de Montbrial a vivement réagi aux propos polémiques de cet « apparatchik socialiste » et dénoncé sa responsabilité dans l’état actuel de la France. Il a aussi rappelé que l’article 3 de la Constitution affirme très explicitement que « la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Comment peut-on considérer que le recours à un mécanisme expressément prévu par la Constitution constitue une « boîte de Pandore » simplement parce qu’il pourrait permettre au peuple de trancher un débat qui lui est cher ?

Le spectre effrayant d’un référendum sur l’immigration

Le fameux « détricotage de l’État de droit par le RN » renvoie immédiatement à une autre question : celle de l’immigration. Il s’agit de toute évidence du sujet tabou par excellence. Celui qu’il ne faut surtout pas soumettre au débat public. Sur ce terrain, un précédent est particulièrement éclairant. En mai 2024, Laurent Fabius, alors président du Conseil constitutionnel, expliquait au Monde que « la politique migratoire n’est pas une matière ouverte à référendum direct de l’article 11 » et que toute révision de la Constitution sur ce sujet devrait passer par l’article 89. Ce qui se trouve précisément au cœur du projet défendu par Marine Le Pen.

Le lendemain de la sortie de Pierre Moscovici, Le Monde a dégainé à son tour. Dans un article consacré au projet référendaire du RN, le quotidien pousse des hauts cris et parle d’un véritable « coup d’État ». Il estime notamment que le recours à l’article 11 pour modifier la Constitution constituerait une rupture majeure dans la mesure où Marine Le Pen voudrait y inscrire « les fondamentaux de l’extrême droite ». En l’occurrence, il s’agirait de « fondamentaux » entérinés par le peuple français, mais passons. Sur la question de l’État de droit menacé par une hypothétique modification constitutionnelle, rappelons l’inanité du propos. Le sacro-saint « État de droit » fantasmé par la gauche est en réalité en évolution permanente, via le travail législatif de nos élus, et il y survit fort bien. La Constitution française a elle-même déjà été révisée à de nombreuses reprises. En 2024, l’interruption volontaire de grossesse a ainsi été inscrite dans le texte constitutionnel et le système politico-médiatique bien-pensant n’y a vu aucun « coup d’État » populiste.

Ce qui est présenté aujourd’hui comme une atteinte insupportable à l’État de droit peut donc devenir demain une modification constitutionnelle parfaitement légitime, du moment qu’elle correspond aux critères idéologiques des commentateurs.

Une question de souveraineté, pas de « populisme »

Quand Le Monde voit un « coup d’État » dans le référendum voulu par le RN, Reconquête et des millions de Français, certains en voient un autre ailleurs. Le véritable coup d’État ne serait-il pas plutôt celui commis par des juges non élus qui imposent leur idéologie au peuple ? Celui commis par des autorités administratives qui sanctionnent des sociétés privées selon leur bon vouloir ? Ou encore celui commis par des instances européennes qui dictent les règles de bonne conduite à des nations dépossédées de leur souveraineté ? Le Monde s’inquiète des conséquences d’un référendum qui pourrait conduire à l’abolition du droit du sol et constituerait ainsi un « manquement brutal aux droits des étrangers », mais quid des droits des Français ? Ont-ils le droit de s’opposer démocratiquement à une immigration invasive qu’ils n’ont jamais souhaitée ? Apparemment, non.

En guise d’ultime argument, l’ex-quotidien de référence avertit que l’organisation d’un tel référendum mettrait immanquablement la France « au ban de l’Europe », à la manière de la Hongrie et la Pologne… Est-il permis de penser que ces deux pays ne s’en portent pas plus mal ? Ils ont peut-être été ostracisés par l’impératrice von der Leyen, mais leurs peuples leur en savent gré. L’insécurité n’y flambe pas, les avenues ne sont pas saccagées les soirs de finales de foot, la culture autochtone n’est pas contestée, l’islam n’est pas conquérant… Entre l’étiquette « extrême droite » et la montée des violences, ces pays ont sagement choisi. Il serait temps de laisser les Français donner leur avis.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 20/08/2026 à 23:16.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

96 commentaires

  1. Le piège pour le RN si il arrivait au pouvoir, serait de se lancer immédiatement dans une modification de la constitution. Il lui faudrait immédiatement gouverner par ordonnances et ainsi mettre immédiatement en place son programme.

  2. Ben c’est la démocratie de gauche.
    Remarquez elle n’a rien à enviée à celle de la soit-disante droite souvenez-vous du référendum de 2005.
    Et nous serions en démocratie paraît-il ?

  3. LE MÉPRIS DES PEUPLES
    Pour toute l’élite gouvernante française, auto-proclamée « éclairée », et la grande majorité des médias grand public qu’elle contrôle, plus de 40% des français qui ont voté au second tour des dernières présidentielles et plus de 30% des électeurs aux dernières législatives sont des idiots, « extrémistes » « complotistes » et bien sûr « racistes ». Ce mépris des hommes réels au nom de l’Homme Abstrait interdit bien sûr de consulter réellement le peuple et de recourir au référendum. Ce n’est qu’un début: le mépris anti-peuple des « Grands Intelligents » va se déchaîner à l’occasion des prochaines présidentielles. Au nom de la Liberté, l’Égalité et la Fraternité, du Peuple Universel et du Mondialisme « Démocratique ».

  4. Comment !!Consulter le peuple ?? Mais il faut être fou !! Mais nous sommes soit disant en démocratie !! Oui mais le peuple est ignare et ne comprend rien à ce qui est bien pour lui !! Nos élites sont là pour nous guider heureusement !!

  5. Ils ne veulent pas de référendum car ils craignent le résultat . C’est cela la démocratie vue par la gauche .

    • Bien que n’étant pas de gauche , l’homme au. Talonnettes et aujourd’hui au bracelet qui n’est pas en or, s’est bien assis sur la décision des Français suite au référendum.

  6. Je me fiche totalement de ce que veut la gauche, mon opinion est faite depuis longtemps sur ces problèmes de société comme l’immigration et j’agis dans ce sens …

  7. En matière de coup d’Etat le président peut, le gouvernement peut, et même des gens non élus peuvent aussi, quant au peuple, là…non ! Pourtant, le peuple fait partie de l’Etat, c’est juridiquement imparable !

  8. Ah la gauche et son éternelle démocratie à la mode stalinienne. Cette même gauche et son gourou millionnaire que les millions de victimes innocentes ne semble pas déranger. Et non, ils osent même s’autoproclamer humanistes.

  9. Ça s’appelle un déni de démocratie et on est proche de basculer en dictature. Sarkozy a ouvert la porte en contournant le référendum négatif sur l’UE, les socialistes s’y engouffrent tout en ayant tout fait ces quarante dernières années pour faire monter le FN et le RN.
    En fait le plus simple serait qu’ils prennent définitivement le pouvoir et suppriment les élections, tient ça ressemble beaucoup aux aspirations de Lfi.

  10. J’aimerai beaucoup que l’on me donne les définitions exactes de  »extrême droite » et « populisme » employées à tout bout de champ par des ignares culturels et politiques.

    • Même eux ne le savent pas en fait, ils ont compris qu’en sortant ces formules toutes faites et aussi creuses que leur QI, ça bloque le débat , certains ça les tétanise, mon Dieu, être insultée de raciste, populiste, complotiste, ED, et j’en passe, bah moi non désolée pour ceux qui essayent, ont essayé et essayerons, moi ça ne me bloque pas mais bien au contraire, ces gens n’ont aucun argument, aucune culture historique en plus, car nazi, fachiste c’est de gauche tout ça, bah oui les pauvres gauchistes, ont déjà sur la conscience enfin si on peut dire le communisme, là ça fait beaucoup, alors ça fait révisionnisme à fond, ça biaise enfin ça essaye, ça éructe, ça insulte, tout ça avec mauvaise foi et intolérance totale, et oui la gauche c’est ça !!!!
      Et moi ces gens là je les combats, en parole bien sur, et jamais voté pour un de ces partis de ma vie !

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