[L’ÉTÉ BV] Mercosur : finalement, de Mitterrand à Macron, tout était écrit

Après sa prestation pitoyable pour défendre notre agriculture, on craint le pire pour notre défense...
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Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 09/01/2026.

Alors qu'on apprend que les pays du Mercosur renforcent leurs exportations de céréales et – sans surprise – concurrencent la France, relisons cet article de Georges Michel qui, en janvier dernier, au moment où le traité était approuvé par les États membres de l'UE, replaçait cet épisode dans un temps plus long.

 

« Je suis le dernier des grands Présidents. Après moi, il n'y aura plus que des financiers et des comptables. » Comment ne pas penser à cette phrase, que François Mitterrand aurait prononcée dans les derniers mois de sa vie, alors que la France vient de subir un revers, sans doute sans précédent, sur la scène européenne, avec l’approbation par une majorité d’États membres de l’Union européenne du traité de libre-échange avec le Mercosur ? Mais comment ne pas souligner, aussi – et tant pis si l’on déboulonne la statue de François Mitterrand au moment où l’on célèbre le trentième anniversaire de sa mort –, que ce même Mitterrand est en grande partie comptable de ce qui nous arrive aujourd’hui ?

Après tout, c'est la règle qu'on a signée !

Car tout est écrit depuis le traité de Maastricht pour lequel le premier Président socialiste de la Ve République avait mis toutes ses dernières forces, y compris physiques, pour que les Français approuvent ce traité, jusqu’à celui de Lisbonne, signé par Nicolas Sarkozy, histoire de contourner le référendum de 2005. Tout est écrit ? C’est-à-dire la vente (pour l’euro symbolique !) à la découpe de notre souveraineté à Bruxelles. Si on ne l’a pas dit mille fois dans ces colonnes, on ne l’a jamais dit. Le Conseil de l’Union européenne a voté, ce vendredi 9 janvier, à la majorité qualifiée l’approbation de l’accord de libre-échange avec le Mercosur. Au regard des textes européens, du fameux « État de droit », érigé en religion, il n’y a strictement rien à dire. C’est comme ça, c'est légal, c’est la règle que l’on a signée, alors de quoi nous plaignons-nous ? Le cabinet d’Ursula von der Leyen peut donc d’ores et déjà – si ce n’est déjà fait - réserver l’avion et l’hôtel de luxe au Paraguay où elle pourra, très prochainement, signer pour l’Union européenne ce traité.

À noter que face à von der Leyen, ce n’est pas un représentant non élu qui signera pour le Mercosur, mais des États souverains : l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay, le Paraguay. Le symbole est terrible. Un pays multi-séculaire comme la France, puissance nucléaire, membre permanent du Conseil de sécurité, a délégué à une comptable qui joue les Ya-Ya impératrice la signature d’un accord commercial intercontinental qui risque d’achever ce joyau national qu’était l’agriculture française. Mais c'est légal...

On dit merci qui ?

Puisque le temps est aux commémorations, on dit merci qui ? Bien évidemment, merci à François Mitterrand. Mais aussi, un grand merci à Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande qui ont tant « œuvré pour la construction européenne ». Et, surtout, un immense merci à Emmanuel Macron qui, depuis bientôt neuf ans qu’il est aux commandes, a mis les bouchées double pour que « notre Europe » soit plus forte ! Pour que la « souveraineté européenne », comme il dit pompeusement, devienne une réalité. Bilan ? Il n’y a évidemment pas de souveraineté européenne : voir, d'ailleurs, comment l’UE est méprisée par Trump et Poutine. Et la souveraineté française est désormais une peau de chagrin. Le grand chagrin de la France.

On craint le pire...

La fin de règne de Macron se prolonge donc comme une agonie sans fin. Son opposition de dernière minute au traité avec le Mercosur en invoquant un traité « d’un autre âge », alors que ce même traité, pour ce même Macron, il y a à peine quelques mois encore, était « sur la bonne voie », sonne faux et scelle définitivement l’échec de son double quinquennat, puisqu'il a placé son engagement politique sous le signe de l’Europe. Tant pis si nous sommes cruels, mais comment ne pas citer ce même Emmanuel Macron : « Dès le début de l'année 2026, il faudra agir, soutenir nos agriculteurs face aux crises et les protéger de décisions qui peuvent menacer notre capacité à produire, comme notre sécurité alimentaire. » C’est pas vieux, ça date du 31 décembre 2025 : ses vœux pour la nouvelle année… Nous y sommes. Dans cette même allocution, sur un tout autre sujet, mais touchant, lui aussi, au plus haut point la question de la souveraineté, le Président déclarait aussi : « L'Europe de la défense a longtemps été un débat, elle a commencé de se faire et en 2026, cela accélérera. »

Nous reviennent alors ses propos dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 1er octobre 2025 : « Le parapluie nucléaire français existe. Je travaille actuellement à l'actualisation de notre doctrine et je souhaite poursuivre l'approfondissement de notre dialogue stratégique avec les Européens qui le souhaitent… Début 2026, je prononcerai un discours sur la doctrine nucléaire. » Après sa prestation pitoyable pour défendre notre agriculture, on craint le pire si les choses devaient s'accélérer, comme l'a affirmé ce brillant « financier » qui semble, visiblement, comptable de rien du tout…

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Georges Michel
Journaliste, éditorialiste à BV, colonel (ER)

Vos commentaires

138 commentaires

    • Ils détestent les agriculteurs et pour eux les vaches sont nuisible car émettent du méthane donc plus de vaches chez nous mais ailleurs ne les dérangent pas bien au contraire c’est leur souhait
      Et faire venir leur soja et thé matcha non plus ils ne sont pas regardants quand ça les concerne

  1. Sur ce que Mitterrand nous a laissé, personne ne parle de la parité Franc/Euros ….Ce grand personnage s’est fait avoir par Khol, son ami allemand qui sur le prétexte d’acceuillir les allemands de l’est a obtenu une parité Mark/euros exceptionnelle , ce qui nous a fait plonger économiquement parlant !…Merci Mimi ….

  2. Les années 80 à la télé avec Collaro ce gag : le gendarme écoute aux portes et entend Bérégovoy expliquer à Mitterrand que pour mettre à jour le tableau du PIB de la France il était obligé de creuser un trou par terre.
    Eh bien voilà avec Macron quel tableau! Un trou profond pour la valeur France.

  3. Grand manipulateur devant l’Eternel, notre pseudo président l’a joué fine. Favorable à l’accord depuis toujours il a bien compris que le traité allait être inévitablement signé et qu’il ne risquait rien à changer d’avis pour pouvoir affirmer qu’il a tout fait pour l’éviter mais que les « autres » sont des méchants qui ne l’ont pas suivi. Il n’est pas à une esbrouffe près, puisque c’est dans ses gènes.

  4. Je suis le dernier des grands Présidents, phase apocryphe de Mitterrand. En signe de reconnaissance, je propose de débaptiser tous les établissements, places, rue, etc..qui portent son nom, car ce triste sire dont on peut se rappeler, entre autres, en témoignage de sa folle ambition, qu’il avait eu le culot de mettre en scène son attentat, est celui qui a mis les bouchées doubles pour instaurer durablement le socialisme, ce mal français qui a conduit et mène encore le pays sur la voie du sous développement. Quant à Macron, qui se conduit en digne héritier, prêt à tout pour conserver son poste, y compris aux reniements, s’il avait un peu d’honneur, il démissionnerait.

  5. le discours politique est souvent fondé sur le mensonge. Depuis que le monde est monde.
    Tous des politiciens sont à mettre hors d’état de nuire, sinon sombrer dans le mondialisme le plus abject, au profit de quelques apparatchiks dont nos gouvernants, hauts fonctionnaires, élus etc…
    Il y en a encore pour croire au petit jésus européen!
    Il y aurait bien une solution mais la censure ne permettrait pas de l’écrire ici
    Qui disait déjà « le français est un veau ». Tous à l’abattoir de l’Ultime Eradication.

  6. La parole de Macron est totalement discréditée. C’est « le capitaine » d’un bateau ivre qui croit garder le cap sur des eaux calmes. Lui aussi s »imagine « le dernier de nos grands présidents »!!!! Celui de « notre Europe »…

  7. Encore la preuve qu’il faut réorganiser le marché commun, faire des alliances entre états ayant les mêmes besoins et une super structure pour organiser tout ça, une politique européenne, une armée européenne, nous sommes trop nombreux avec des intérêts divergents.

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